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Jean-François Fortin songeait à former un nouveau parti, avant de démissionner

Jean-François Fortin quitte le Bloc québécois
Radio-Canada

C'est un courriel intercepté par des sympathisants de Mario Beaulieu qui a fait comprendre à la direction du Bloc que Jean-François Fortin voulait quitter le navire.

Un texte de Davide GentileTwitterCourriel

Envoyée à une douzaine de « sympathisants » vers le 20 juillet, la missive est intitulée « Projet de création d'un nouveau parti politique sur la scène fédérale ».

Le député gaspésien y explique que les régions « québécoises » seraient mal servies par le système fédéral. On y explique que le gouvernement fédéral « nuit » au développement des régions de la province; assurance-emploi, fermeture des bureaux de poste, politique forestière et agricole mal adaptée à la réalité du Québec. On donne plusieurs exemples de la présumée incurie du fédéral dans les régions du Québec.

« C'est pourquoi nous proposons la création d'un nouveau politique dédié aux régions du Québec », peut-on lire. Un parti « où il n'y aura pas de ligne de parti ».

En entrevue sur les ondes de ICI RDI, mardi matin, Jean-François Fortin affirmait avoir mené une réflexion pour savoir de quelle manière « le Bloc Québécois ou une nouvelle formation politique pourrait avoir cet ancrage qui est nécessaire dans les communautés ».

Il affirme avoir finalement décidé de siéger comme indépendant pour l'instant.

Mario Beaulieu taxé de radicalisme

L'affaire semble un symptôme des cicatrices laissées par la dernière course à la direction. Plusieurs sources indiquent à micro fermé que Mario Beaulieu a irrité certains bloquistes en nommant certains proches dans les instances du parti.

L'orientation de Mario Beaulieu sur la question nationale suscite aussi du mécontentement. Indépendantiste « pressé », Mario Beaulieu pourrait faire fuir certains électeurs, si on en croit le député Fortin. Selon ce dernier, pour les électeurs « l'agenda référendaire n'est pas l'objet de la prochaine campagne fédérale ». Mario Beaulieu n'a pas à « vouloir jouer le rôle du chef des indépendantiste » à partir d'Ottawa, estime Jean-François Fortin.

Une dernière rencontre entre les deux hommes, lundi soir, n'aurait pas donné les résultats voulus.

« Je n'ai pas senti une écoute des gens qui ne pensaient pas comme lui lors de la dernière course à la direction », dit Jean-François Fortin. Il se défend d'avoir manqué de franchise et affirme avoir voulu consulter ses proches avant de prendre une décision finale quant à son avenir.

Colère à la direction du Bloc québécois

Mario Beaulieu a réagi mardi au départ de M. Fortin. Mais, à micro fermé, plusieurs estiment que le courriel de Fortin est un grave manque de loyauté. Depuis quelques semaines, deux rendez-vous entre les deux hommes ont été reportés. La direction du Bloc pensait visiblement pouvoir ramener M. Fortin au bercail.

Questionné au sujet de ce projet de nouveau parti et du courriel intercepté, Mario Beaulieu affirmait vendredi qu'il « ne commentait pas les rumeurs » et qu'il travaillait à refaire l'unité des troupes. Les dissensions et la teneur du courriel du mois de juillet avaient sonné l'alarme à la tête du Bloc. Mario Beaulieu travaille, depuis, à consolider ses appuis.

Radio-Canada n'a pas réussi à obtenir de commentaires des trois autres députés bloquistes à savoir ce qu'ils allaient faire.

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