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Égypte : Human Rights Watch évoque de possibles crimes contre l'humanité

La répression qui a suivi le coup d'État du 3 juillet 2013 a a fait des milliers de morts en Égypte. Cette photo montre des corps de manifestants qui avaient été entassés dans une mosquée du Caire le 16 août.

La répression qui a suivi le coup d'État du 3 juillet 2013 a a fait des milliers de morts en Égypte. Cette photo montre des corps de manifestants qui avaient été entassés dans une mosquée du Caire le 16 août.

Photo : Getty Images / AFP/KHALED KAMEL

Associated Press
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le groupe new-yorkais de défense des droits de la personne Human Rights Watch (HRW) a demandé mardi l'organisation d'une commission d'enquête internationale pour faire la lumière sur les meurtres commis l'été dernier par les forces de l'ordre égyptiennes, affirmant qu'il pourrait s'agir de crimes contre l'humanité.

Au terme d'une année d'enquête sur les événements qui ont suivi la chute du président islamiste Mohammed Morsi le 3 juillet 2013, HRW demande spécifiquement qu'on s'intéresse au rôle du président actuel, Abdel Fattah Al-Sissi, et de dix dirigeants des forces de l'ordre en lien avec la mort de 1150 manifestants en six semaines.

Le groupe demande aussi aux alliés de l'Égypte de suspendre leur aide militaire et leur coopération avec le pays, jusqu'à ce que le gouvernement adopte des mesures pour mettre fin aux violations des droits de la personne.

Le gouvernement égyptien a rejeté les conclusions du rapport en accusant HRW d'amateurisme et de partialité. Un communiqué reproche aussi aux employés du groupe d'avoir travaillé en Égypte sans permis, ce que les autorités dénoncent comme étant une atteinte à leur souveraineté.

« S'il n'est pas surpris par le rapport, à la lumière du parti pris évident de l'organisation et de ses méthodes, le gouvernement le rejette et dénonce sa partialité », affirme le communiqué, sans fournir plus de détails.

Le document de 188 pages conclut que les responsables ont eu recours à une force excessive et délibérée contre les manifestants, à des fins politiques, lors d'attaques successives lancées contre leurs rassemblements.

Le pire incident s'est produit le 14 août, quand un millier de personnes pourraient avoir été tuées lors d'un rassemblement pro-Morsi sur la place Rabaa al-Adawiyah, au Caire. HRW affirme qu'il s'agit de la pire tuerie de manifestants survenue en une seule journée de l'histoire récente, n'importe où dans le monde.

Deux dirigeants de HRW ont été refoulés à la frontière égyptienne dimanche, alors qu'ils tentaient d'entrer au pays pour la présentation de leur rapport.

Le directeur général du groupe, Kenneth Roth, a déclaré mardi depuis New York que son organisation souhaitait continuer à dialoguer avec le gouvernement égyptien, tout en rappelant que la justice est essentielle à une transition vers la démocratie en Égypte. Il a demandé aux alliés de l'Égypte de faire pression sur le gouvernement pour qu'il crée un État de droit.

« C'est une tactique à très court terme pour les puissances occidentales de penser qu'en se rapprochant simplement du gouvernement d'Al-Sissi, que cette transition vers la démocratie fréquemment avortée finira soudainement par se réaliser, a-t-il dit. Le message envoyé à l'Égypte jusqu'à présent est qu'elle peut s'en tirer avec des massacres. C'est un message désastreux quand on essaie de construire une vraie démocratie. »

HRW affirme que les dirigeants égyptiens ont refusé de collaborer à son enquête.

Le rapport affirme que la manifestation de Rabaa a été attaquée de cinq directions en même temps, notamment à l'aide d'hélicoptères qui tiraient sur des manifestants incapables de s'enfuir. Des tireurs d'élite auraient aussi tiré sur la foule.

Le rapport indique que cette intervention « brutale » semble refléter des décisions prises aux plus hauts niveaux de gouvernement, après des semaines de préparations.

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