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Gaza : la guerre dans les yeux d'une jeune Palestinienne sur Twitter

Farah Baker utlise son téléphone intelligent dans la maison familiale à Gaza.
Farah Baker tweete avec son téléphone intelligent dans la maison familiale à Gaza. Photo: Siegfried Modola/Reuters

Certains l'ont surnommée l'Anne Frank de Gaza. Farah Baker, 16 ans, vit à Gaza et écrit sur son quotidien en période de guerre. Mais plutôt que de noircir les pages d'un journal intime comme le faisait la jeune Allemande juive durant la Deuxième Guerre mondiale, l'adolescente palestinienne partage son expérience sur Twitter.

Un texte de Marie-Ève MaheuTwitterCourriel

Son compte a retenu l'attention de médias du monde entier. Elle qui n'avait que quelques centaines d'abonnés Twitter en compte aujourd'hui plus de 170 000.

« Je suis Farah Baker, une fille de Gaza, 16 ans. J'ai survécu à trois guerres et je pense que c'est assez. #SauvezGaza » Ces mots ont fait le tour de la planète.

Lundi matin, elle a poussé un soupir de soulagement, alors que la trêve de 72 heures entre Israël et le Hamas semblait tenir. « Je me réveille aujourd'hui sans drones, F16, ambulances, ni explosions, alors je souris du plus profond de mon coeur », a-t-elle écrit.

Quelques heures plus tôt, elle filmait encore des bombes qui tombaient sur son quartier. « Une lourde fumée vue de ma maison en raison du bombardement d'une usine. »

La peur, la colère, la tristesse et l'incompréhension ponctuent ses publications en 140 caractères. « La mosquée que j'ai toujours aimée. Pourquoi? »

« C'est mon secteur. Je ne peux pas arrêter de pleurer. Je pourrais mourir ce soir », confie-t-elle le 28 juillet. Un commentaire partagé plus de 17 000 fois.

« OK, la 8 163 662e bombe que j'entends aujourd'hui! C'est incroyable!! », écrit-elle encore.

Parfois, la nostalgie se fait sentir. « La mer me manque, je m'ennuie de mes amis, je m'ennuie de la crème glacée, je m'ennuie du bonheur et de la joie. JE M'ENNUIE DE MA VIE ORDINAIRE. »

Mais quelques fois aussi, l'espoir l'emporte sur le désespoir... « L'espoir existe toujours », glisse-t-elle le 3 août.

« Je sens que c'est la seule façon dont je peux aider Gaza, en montrant ce qui se passe ici. Parfois, je tweete pendant que je pleure ou que j'ai trop peur, mais je me dis que je ne devrais pas arrêter », a raconté Farah Baker en entrevue à Reuters.

Depuis quelques jours, les réseaux sociaux sont aussi le théâtre d'un mouvement pacifiste dans le cadre du conflit israélo-palestinien. Le phénomène a commencé sur Twitter et s'articule autour du mot-clé #JewsAndArabsRefuseToBeEnemies (les Juifs et les Arabes refusent d'être ennemis). Ce mouvement est aussi présent sur Facebook. 

Lire notre article : Quand Juifs et Arabes refusent d'être ennemis

Comprendre la crise à Gaza en 5 questions

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