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Accommodements à Pearson : ce ne serait pas la première fois 

Les passagers ont dû faire preuve de patience à l'aéroport Pearson (archives).

Photo : Mike Cassese / Reuters

Radio-Canada

L'Agence canadienne des services frontaliers a autorisé plus d'une fois des demandes d'accommodements raisonnables dans le passé.

La CBC révélait hier que l'Agence avait remplacé, le 28 juillet dernier, des douanières à l'aéroport Pearson de Toronto pour accommoder un groupe de prêtres hindous qui ne voulaient pas interagir avec des femmes.

Une autre agente des douanes à la retraite a décidé de parler. Elle affirme, sous le couvert de l'anonymat, que son employeur l'a relevée de son poste, il y a cinq ans, pour éviter qu'un groupe de passagers n'entre en contact avec elle.

« Deux douaniers sont venus nous remplacer, une collègue et moi, dit-elle. Je me suis sentie trahie. On nous a considérées comme des employées de seconde classe, j'étais en colère. »

Son syndicat affirme que les droits et la dignité du personnel féminin ont une nouvelle fois été bafoués lors du dernier incident, le 28 juillet.

Un simple malentendu?

Sondatt Padarath, un prêtre hindou du temple de Scarborough, dans l'est de Toronto, croit qu'un cadre de l'Agence canadienne des services frontaliers a agi par excès de zèle ce jour-là. « Ce groupe d'hindous n'aurait eu aucune objection à se présenter devant des douanières, si sa requête lui avait été refusée », dit-il.

Sondatt Padarath explique que l'incident du 28 juillet à Pearson résultait sans doute d'un simple malentendu. Selon lui, le groupe pensait peut-être qu'il serait soumis à des fouilles corporelles, mais ignorait qu'au Canada, celles-ci sont pratiquées par un agent du même sexe que le passager.

Il ajoute que certains prêtres observent certains jours de silence, de chasteté ou de pénitence qui les empêchent alors de s'adresser à des femmes. Mais, selon lui, en aucun cas sa religion ne tolère la ségrégation des sexes.

Il ajoute enfin que le Canada devrait être plus proactif dans ses ambassades pour expliquer aux étrangers les façons de faire au pays. À l'inverse, il croit que ceux qui ont l'intention de voyager au Canada devraient se renseigner sur les lois et les coutumes canadiennes pour éviter d'être surpris en arrivant à l'aéroport.

L'opposition officielle à Ottawa furieuse

L'Agence canadienne des services frontaliers a refusé d'expliquer la façon dont les décisions sont prises au sujet des accommodements religieux, ce qui irrite l'opposition officielle à Ottawa.

Le député Jack Harris du NPD estime que « si l'Agence décide d'accommoder certaines personnes, elle devrait au moins le dire et en donner les raisons ». Jack Harris accuse le gouvernement d'entretenir une culture de la peur au sein des agences fédérales.

Le ministère responsable a ouvert une enquête interne, mais on ignore s'il en dévoilera les conclusions au public.

Le bureau du premier ministre, Stephen Harper, affirme dans un courriel que les personnes qui viennent au Canada devraient se conformer aux valeurs canadiennes et non pas l'inverse.

« Si c'est vrai, c'est inacceptable. C'est pour ça que le ministre a demandé à l'Agence canadienne des services frontaliers d'enquêter et de ne nous donner une réponse plus complète sur ce qui a pu se passer », écrit le secrétaire parlementaire du premier ministre, Paul Calandra. 

Avec le reportage de Jean-Philippe Nadeau.

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