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Nouvelles frappes d'avions militaires américains en Irak

Photo tirée d'une vidéo d'un bombardement contre des positions djihadistes en Irak.

Photo : La Presse canadienne / AP Photo via AP video

Radio-Canada

Les États-Unis ont procédé à deux autres frappes aériennes en Irak, quelques heures après que deux avions de chasse américains F-18 ont largué des bombes sur une pièce d'artillerie mobile. 

Selon le Pentagone, une frappe menée par un drone a « éliminé des terroristes qui chargeaient un mortier ». Puis, quatre chasseurs ont largué huit bombes qui ont frappé un convoi et un mortier des djihadistes de l'État islamique (EI) près d'Erbil.

Plus tôt, les chasseurs ont largué des bombes de 250 kilogrammes à guidage laser afin de détruire une batterie d'artillerie. « L'artillerie a été utilisée contre des forces kurdes qui défendaient Erbil, près de personnels américains. » 

Les dernières avancées des combattants de l'EI ont provoqué la fuite de dizaines de milliers de personnes, ce qui a conduit le président Obama à autoriser l'intervention américaine.« La décision de frapper a été prise par le centre de commandement américain avec l'autorisation du commandant en chef » Barack Obama, a précisé l'amiral John Kirb.

Sans avancer de limite de temps à l'intervention américaine, Washington a précisé que les frappes visaient à assurer la protection des ressortissants américains travaillant en Irak et à débloquer la situation humanitaire d'urgence dans le djebel Sindjar, dans le nord du pays. Jeudi, Barack Obama a répété qu'il n'enverrait pas de troupes américaines au sol.

Enlèvement de centaines de femmes

Des centaines de femmes du peuple minoritaire yézidi ont été enlevées dans plusieurs villages irakiens par des militants de l'EI dans le but de les vendre ou de les marier de force, a déclaré un Kami Amin, un porte-parole pour le ministre irakien des Droits de la personne.

Il affirme que les combattants ont des « plans malveillants » pour les femmes, qui ont moins de 35 ans. « Nous croyons que ces femmes seront utilisées de façon dégradante par les terroristes pour satisfaire leurs désirs bestiaux », a ajouté Kami Amin.

Un officiel américain a confirmé, sous couvert d'anonymat, ces informations, mais ne pouvait préciser combien d'entre elles avaient été enlevées.

Le peuple yézidi pratique une religion antique que les extrémistes jugent comme hérétique. Ce groupe a été particulièrement ciblé par les djihadistes, qui forcent notamment les yézidis à choisir entre l'Islam ou la mort.

Les djihadistes « mieux armés » que l'armée irakienne

Les États-Unis veulent aussi, avec ces frappes, soutenir les forces irakiennes et les combattants kurdes (peshmerga) dans leurs efforts pour repousser la menace posée par les combattants de l'EI.

Le gouvernement régional kurde et des responsables américains ont également reconnu vendredi que les djihadistes ont en leur possession un imposant arsenal d'armes et de munitions, principalement de fabrication américaine, qu'ils ont pris à l'armée irakienne au cours des derniers mois.

À ce sujet, le gouvernement irakien a acheminé vendredi des munitions aux combattants kurdes à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien. La cargaison, livrée par avion, était composée de munitions pour des armes de petit calibre. Le gouvernement régional du Kurdistan (GRK) réclame aussi des mortiers et des fusils d'assaut AK-47, pour faire face à l'avancée des djihadistes de l'EI.

Cette coopération militaire entre le pouvoir central à Bagdad et les autorités du GRK est sans précédent, souligne Washington.

Les États-Unis et le gouvernement irakien tentent de faciliter de futures livraisons, a déclaré un responsable américain s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Jeudi, les combattants de l'EI ont poursuivi leur avancée en prenant plusieurs villes, dont la plus grande ville chrétienne d'Irak, Qaraqosh, de même que le plus grand barrage du pays, à Mossoul. Les insurgés islamistes contrôlent d'ailleurs cette importante ville d'Irak depuis le 10 juin dernier.

Le dirigeant chiite Moqtada al-Sadr a affirmé vendredi que l'EI était sur le point d'attaquer la capitale, Bagdad.

Corridor humanitaire

L'ONU cherche à aider les dizaines de milliers d'Irakiens, majoritairement des chrétiens et des Yazidis, qui ont fui les djihadistes. Certains ont pu fuir au Kurdistan ou en Turquie, mais des milliers d'autres sont piégés dans les montagnes désertiques environnantes.

« Maintenant que les frappes aériennes ont commencé, l'ONU prépare de toute urgence un corridor humanitaire pour permettre d'évacuer » les civils, a indiqué Nickolay Mladenov, le représentant spécial de l'ONU à Bagdad.

Des Yazidis en Irak fuient l'avancée des djihadistes.

Des Yazidis en Irak fuient l'avancée des djihadistes.

Photo : STRINGER Iraq / Reuters

Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée américaine a parachuté des vivres dans les montagnes de Sinjar. Le Royaume-Uni a annoncé vendredi des parachutages de vivres dans les prochaines 48 heures.

Le président américain craint que l'EI vise « la destruction systématique de la totalité [...] du peuple [yazidi], ce qui constituerait un génocide. »

Appui du Canada

Pour sa part, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a réaffirmé l'appui du Canada à l'intervention américaine en Irak.

Dans un communiqué diffusé vendredi midi, il a indiqué que « le Canada condamne les meurtres répugnants de civils innocents [...] dans le nord de l'Irak par l'EIIL » et que le gouvernement « appuie tous les efforts, incluant les largages de nourriture et les frappes aériennes américaines, visant à protéger les civils. »

Le gouvernement tente toujours de déterminer de quelle façon il peut lui-même venir en aide aux Irakiens, avec l'aide de son ambassadeur basé en Jordanie.

Interdiction de vol

En raison du conflit armé en cours en Irak, la Direction générale de l'aviation civile américaine (FAA) a émis un avis qui interdit aux compagnies aériennes de voler dans l'espace aérien au-dessus du pays. 

Cette mise en garde s'applique notamment aux transporteurs américains et à tous les pilotes qui relèvent de la FAA. L'organisation souligne que les pilotes peuvent cependant désobéir à cette consigne en cas d'urgence. L'avis est en vigueur jusqu'au 31 décembre prochain.

Les compagnies British Airways,Turkish Airlines et Lufthansa ont également décidé d'éviter l'espace aérien irakien.

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Avec les informations de Agence France-Presse

International