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L'avion d'Air Algérie est tombé en spirale à forte vitesse

Des débris sur le site de l’écrasement du vol AH5017.

Des débris sur le site de l’écrasement du vol AH5017.

Photo : Handout / Reuters

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le vol AH5017 d'Air Algérie qui s'est écrasé au Mali il y a deux semaines est tombé en spirale à forte vitesse, mais les enquêteurs ignorent pourquoi, d'autant plus que les conversations entre les pilotes sont pour l'heure inintelligibles. L'accident a fait 116 morts.

Le président malien de la commission d'enquête et le directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français ont néanmoins pu détailler jeudi devant la presse les données de navigation du vol récoltées depuis la catastrophe.

La dernière information enregistrée à une seconde de l'impact révèle que l'appareil « volait à 380 noeuds (740 km/h), à une vitesse verticale descendante extrêmement importante », a précisé Rémi Jouty, le directeur du BEA.

Il a souligné que les enquêteurs n'excluaient à ce stade aucune hypothèse sur les raisons de l’écrasement de l'avion qui reliait Ouadagoudou à Alger, y compris celle d'une « action délibérée ».

Un rapport d'étape sera présenté à la mi-septembre, a précisé N'Faly Cissé, le président malien de la commission. 

Rémi Jouty a confirmé que l'une des deux boîtes noires, celle qui enregistre les échanges entre les pilotes et avec les contrôleurs, était pour le moment « inexploitable ».

Le signal sonore est inintelligible [...] Il est acquis que ce dysfonctionnement n'est pas le résultat de l’écrasement.

Rémi Jouty

Les experts tentent néanmoins de continuer à exploiter les bandes magnétiques.

Pour pallier ce problème, les enquêteurs vont collecter des informations auprès des organismes au sol ayant été en communication avec l'avion et avec d'autres appareils présents dans la zone.

Des écarts de route pour éviter un orage?

Les enquêteurs ont pu en revanche décrypter la seconde boîte noire contenant les paramètres de vol (vitesse, altitude) et déterminer une première trajectoire. 

L'avion, loué auprès de la société espagnole SwiftAir, s'est désintégré en s'écrasant. Des débris se sont dispersés sur plusieurs centaines de mètres.

L'étude des paramètres de vol n'a pas confirmé, à ce stade, l'hypothèse d'un lien direct entre les mauvaises conditions météorologiques et l'accident, malgré « de fortes variations en assiette longitudinale et en inclinaisons ».

Les écarts de route modérés ressemblent à un équipage qui cherche à cheminer au mieux pour éviter un système orageux.

Rémi Jouty

Après avoir atteint une altitude de croisière de 9500 mètres à une vitesse de croisière de 280 noeuds (518 km/h), l'appareil diminue progressivement sa vitesse à 160 noeuds (296 km/h). « Au bout d'un certain temps, l'altitude diminue aussi légèrement », a dit le directeur du BEA.

Sur la partie finale, au nord du Mali, l'avion part en virage à gauche et se met à perdre rapidement de l'altitude, puis continue à descendre tout en continuant à tourner jusqu'au point d'impact.

Rémi Jouty a infirmé la thèse d'une désintégration en vol, car les débris sont relativement rassemblés autour du point d'impact. Il a précisé ne pas savoir si les pilotes ont fait une demande pour que l'avion soit dérouté, comme l'avait indiqué le ministre des Affaires, Laurent Fabius.

Ce dernier avait ajouté que l'appareil avait rebroussé chemin, ce que démentent les cartes montrées jeudi.

Parallèlement, les gendarmes français envoyés dans la zone de l'accident sont revenus mercredi en France avec les restes humains prélevés aux fins d'identification des victimes. Ils espèrent pouvoir identifier la quasi-totalité d'entre elles.  

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