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L'industrie pornographique en déclin à Los Angeles?

Jan Merritt, de l'organisation AIDS Healthcare Foundation.
Jan Merritt, de l'organisation AIDS Healthcare Foundation. Photo: Phil McCarten
Radio-Canada

Le nombre de permis délivrés pour le tournage de films pornographiques à Los Angeles est en baisse vertigineuse depuis deux ans, date d'entrée en vigueur d'une loi rendant obligatoire le port du condom sur les tournages. Les raisons en sont diverses et qu'en est-il au Québec?

L'organisme à but non lucratif qui octroie ces permis dans le comté de Los Angeles, Film LA Inc., parle d'une baisse de 90 %. Coup dur pour une industrie employant 10 000 personnes et générant près de 6 milliards de dollars de revenus dans la vallée de San Fernando? 

Pour Michael Weinstein, président de l'association AIDS Healthcare Foundation, les tournages se poursuivent, mais de façon illégale. 

Stephen Hirsch, dirigeant de la société de production de films X Vivid, a affirmé à l'AFP que les tournages se déplaçaient vers d'autres États ou à l'étranger. Lui-même, selon ses dires, n'a pas produit un seul film depuis la loi, qu'il dénonce. Car selon lui, le système en place, qui consiste à faire passer un test de dépistage du VIH, fonctionne.

Mais M. Weinstein précise qu'on ne parle pas que du VIH et du sida : les cas d'infections sexuellement transmissibles sont légion dans l'industrie depuis les 10 dernières années. D'où la nécessité, selon lui, de maintenir et d'appliquer le port obligatoire du condom.

La loi californienne, qui fait actuellement l'objet d'une procédure d'appel, pourrait d'ailleurs se répandre dans d'autres États, notamment en Floride. 

Au Québec, Nicolas Lafleur, président des productions Pégas, a décidé quant à lui volontairement de « préconiser » le port du condom lors des tournages. De plus, pour pouvoir tourner, les candidats doivent se soumettre régulièrement à des tests de dépistage des ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang).

Selon lui, si l'usage du condom suscite un certain mécontentement parmi ses clients, le fait qu'il offre un produit en français, tourné au Québec, est plutôt un argument de vente pour un marché local.

Déclin ou faux débat?

Pour Richard Poulin, professeur émérite au Département de sociologie et d'anthropologie de l'Université d'Ottawa et professeur associé à l'Institut de recherches et d'études féministes (IREF) de l'Université du Québec à Montréal, il s'agit là d'un faux débat.

L'industrie pornographique est un milieu capitaliste par excellence.

Richard Poulin

C'est donc plutôt la concurrence internationale qui cause le déclin de l'industrie du X aux É.-U. Il explique que l'arrivée de nouveaux joueurs sur le marché, les Russes et les Japonais, qui tournent plus vite pour moins cher, a bouleversé le paysage. Les Européens se sont quant à eux emparés du marché de la pornographie sur mobile. Et quand les Américains ont voulu réagir, il était trop tard. Condom ou pas.

D'ailleurs, pour lui, si l'on souhaite réellement promouvoir des pratiques de travail sécuritaires dans le milieu, le port du condom n'est pas suffisant. Car, selon lui, certaines pratiques, comme l'éjaculation faciale, où les fluides corporels entrent en contact avec l'oeil, sont plus risquées pour la transmission d'infection que la pénétration.

Avec les informations de Agence France-Presse

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