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Dépenses de l'ex-PM Redford : « l'aura du pouvoir » a permis des dérives

Alison Redford lors de l'annonce de sa démission comme première ministre de l'Alberta, mercredi, 19 mars.

Alison Redford lors de l'annonce de sa démission comme première ministre de l'Alberta, mercredi, 19 mars.

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

Ralph-Bonet Sanon

« L'aura du pouvoir » de l'ex-première ministre albertaine et de son bureau explique en partie comment Alison Redford a pu faire autant de dépenses inappropriées, y compris pour des voyages non justifiés, conclut le rapport du vérificateur provincial, dévoilé aujourd'hui.

Un texte de Ralph-Bonet Sanon TwitterCourriel

« La première ministre Redford a utilisé des actifs publics (avions) à des fins personnelles et partisanes », tranche le vérificateur Merwan Saher, qui s'intéressait aussi aux frais de déplacement de même qu'aux vols en avions gouvernementaux de l'ex-chef de gouvernement conservatrice.

M. Saher évoque toutes les révélations faites par Radio-Canada au cours des derniers mois : le penthouse personnel qu'Alison Redford voulait se faire construire dans un édifice provincial, les vols en avions gouvernementaux à des fins personnelles, les dizaines de vols gouvernementaux pris avec sa fille ainsi que les « faux passagers » qui empêchaient d'autres personnes de prendre les mêmes vols que la dirigeante et son entourage.

Mme Redford et celui qui était son chef de cabinet, Farouk Adatia, ont nié avoir été au courant du blocage de vols.

Nous avons observé une tendance à contourner ou ignorer les règles pour accéder aux demandes venant du bureau de la première ministre, ce qui a évité à celle-ci de prendre des décisions personnellement.

Rapport final du vérificateur général de l'Alberta

L'affaire entre les mains de la GRC

Le document, dont Radio-Canada a obtenu la version préliminaire la semaine dernière, est publié au lendemain de la renonciation d'Alison Redford à son poste de députée. Elle avait déjà démissionné comme première ministre et chef du Parti progressiste-conservateur en mars, à la suite de controverses concernant ses dépenses et son style de gestion.

Le ministre de la Justice, Jonathan Denis, a transmis le rapport à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) aujourd'hui pour qu'elle le révise et enquête, si elle juge cela approprié. « Si la GRC devait demander un avis juridique pour son enquête, j'ai prévu que des avocats du bureau du Procureur général de l'Ontario travaillent exclusivement à cette affaire », ajoute le ministre albertain, qui veut ainsi éviter « toute impression de conflit d'intérêts ».

La GRC indique qu'elle a reçu la demande du ministre et que la tenue ou non d'une enquête dépendra de son évaluation du rapport.

« Ces types doivent partir »

L'opposition Wildrose et le NPD provincial exigent déjà le départ du ministre des Finances, Doug Horner, qui supervise l'utilisation des avions du gouvernement.

Ils l'accusent d'avoir induit l'Assemblée législative en erreur en 2012 au sujet de l'utilisation d'un avion gouvernemental pour se rendre à une soirée-bénéfice pour le Parti progressiste-conservateur à Grande Prairie, dans le nord de la province. Le vérificateur général a conclu qu'il n'existait aucune affaire gouvernementale à régler pour justifier ce vol.

« M. Horner a complètement et lamentablement échoué à faire son travail et le vérificateur général l'a confirmé », clame le député Wildrose Kerry Towle.

Les Albertains ne devraient pas avoir à endurer la révoltante incompétence de M. Horner une seule journée de plus.

Kerry Towle, député du Wildrose

Le NPD veut aussi la démission du premier ministre intérimaire, Dave Hancock, de même que celles du ministre Denis et du ministre de la Santé, Fred Horne, qu'il accuse tous d'avoir induit les députés en erreur. « Ces types doivent partir », estime la députée provinciale néo-démocrate Rachel Notley.

Recommandation : superviser le bureau du PM

Pour contrer ce qu'il a observé, le vérificateur général fait six recommandations. Il conseille d'abord au Conseil du Trésor de surveiller les dépenses du bureau du premier ministre et son usage des avions gouvernementaux.

Il recommande aussi que la politique relative aux remboursements des dépenses soit révisée régulièrement et que toutes les dépenses de fonds publics soient mieux documentées avant d'être remboursées. Il suggère que les membres du gouvernement et les fonctionnaires voyagent en classe économique sauf pour des raisons spéciales. Le gouvernement devrait également revoir sa politique sur les allocations de repas, estime M. Saher.

Toutefois, il souligne que son mandat ne lui permettait pas de dire si l'Alberta devrait se défaire de sa flotte d'avions gouvernementaux. Le Conseil du Trésor et le ministère des Finances doivent peut-être se demander si les 9,3 millions de dollars nécessaires à ce service sont un usage utile des fonds publics, mentionne-t-il toutefois.

Le premier ministre Hancock déclare que son gouvernement accepte toutes les recommandations et qu'il s'appliquera immédiatement à les mettre en œuvre. Le Parti progressiste-conservateur de l'Alberta a proposé de rembourser les 6500 $ dépensés pour les vols gouvernementaux qui, selon le vérificateur, ont servi à des fins partisanes. « Il serait faux d'extrapoler ses conclusions à l'ensemble de la fonction publique de l'Alberta », fait-il valoir.

Le ministre Horner n'a pas commenté publiquement les révélations du rapport préliminaire depuis que Radio-Canada en a fait état, le 29 juillet.

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