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Obama autorise des frappes en Irak pour protéger les ressortissants américains

Les combattants de l'EI poursuivent leur progression en Irak.

Les combattants de l'EI poursuivent leur progression en Irak.

Photo : Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président des États-Unis, Barack Obama, a annoncé qu'il autorisait des frappes aériennes en Irak pour protéger le personnel américain. Il a également confirmé lors d'une conférence de presse, tard en soirée jeudi, que l'armée américaine avait déjà parachuté de l'aide humanitaire à des milliers de membres des minorités religieuses irakiennes assiégées par les extrémistes de l'État islamique.

Le président a indiqué que son pays procéderait à des frappes si les extrémistes continuent de progresser vers Erbil, la capitale kurde, dans le nord de l'Irak. Il a toutefois réaffirmé que l'opération serait limitée et ne comprendrait pas de troupes au sol.

Les États-Unis doivent agir pour « éviter un éventuel acte de génocide », a déclaré Barack Obama.

« Aujourd'hui, les États-Unis viennent pour aider », a dit M. Obama devant les médias à la Maison-Blanche.

Cette annonce représente le plus important engagement militaire américain en Irak depuis le retrait complet des troupes américaines du pays, en 2011, après près d'une décennie de guerre.

M. Obama, dont la présidence a été marquée par la fin de l'engagement militaire américain en Irak, a reconnu que la perspective d'une nouvelle opération dans ce pays serait une source d'inquiétude pour de nombreux Américains. Il a promis de nouveau qu'il ne déploierait pas de soldats au sol et a réaffirmé qu'il n'y avait pas de solution militaire américaine à la crise irakienne.

En tant que commandant en chef, je ne permettrai pas que les États-Unis soient entraînés dans une autre guerre en Irak.

Une citation de :Barack Obama, président des États-Unis

Dans le cas de la mission humanitaire, un haut responsable du Pentagone a confirmé que les forces armées américaines avaient « quitté l'espace aérien en toute sécurité » après que de l'eau et de la nourriture eurent été acheminées aux personnes coincées sur le sommet d'une montagne après avoir été forcées de fuir l'avancée des extrémistes.

Malgré les demandes d'aide du gouvernement irakien, le président Obama avait résisté à intervenir, affirmant que l'Irak devait d'abord réformer son système politique pour apaiser les tensions intercommunautaires. M. Obama a indiqué que si les États-Unis devaient de nouveau s'engager militairement en Irak, il s'agirait d'une opération limitée sans troupes au sol.

Les États-Unis condamnent fermement l'offensive djihadiste de l'État islamique (EI) dans le nord de l'Irak et qualifient la situation de « proche de la catastrophe humanitaire ».

Progression des djihadistes

Les combattants de l'EI ont poursuivi leur progression jeudi en Irak, prenant le plus grand barrage du pays et au moins trois nouvelles municipalités dans le nord du pays, dont celle de Tel Kaif à majorité chrétienne.

En s'emparant du barrage, l'EI - un groupe sunnite qui a proclamé un califat sur le territoire sous son emprise - contrôle désormais le fleuve Tigre qui traverse le cœur de la capitale irakienne, Bagdad. Le contrôle du barrage permet également aux djihadistes de mettre la main sur de vastes ressources hydriques et hydroélectriques.

Les combattants de l'EI ont également pris les villes de Makhmour et Al-Kouair à la suite de leur victoire du week-end contre les forces kurdes.

L'avancée des djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL)

L'Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires soutient avoir secouru plusieurs milliers de personnes encerclées à Sindjar, à l'ouest de Mossoul. « On nous a annoncé que des personnes avaient pu être évacuées au cours des dernières 24 heures et l'ONU mobilise ses ressources pour s'assurer que ces personnes bénéficient d'une assistance à leur arrivée », a annoncé le porte-parole de l'organisation, David Swanson.

Quelque 200 000 personnes ont fui les combats dans cette région au cours des derniers jours.

« Nous travaillons de manière intensive avec le gouvernement irakien pour l'aider à faire face à la situation humanitaire », a déclaré jeudi le porte-parole de la Maison-Blanche, Josh Earnest.

Notre dossier

Les chrétiens en fuite

Les chrétiens de la ville de Qaraqosh, principale ville chrétienne d'Irak située au sud-est de Mossoul, ont notamment fui avant l'arrivée des djihadistes. Quelque 100 000 chrétiens ont été déplacés depuis le début de l'offensive de l'EI et les églises sont occupées par les djihadistes qui retirent les croix de ces lieux de culte.

« Il y a 100 000 déplacés chrétiens qui ont fui [...] pour se rendre dans la région du Kurdistan, a expliqué le patriarche chaldéen Louis Sako. Les églises [des villes prises] sont occupées, leurs croix ont été enlevées. »

Le pape François a d'ailleurs lancé un appel à la communauté internationale, jeudi, pour qu'elle protège les populations en fuite dans le nord de l'Irak. Dans un message lancé par son porte-parole, le père Federico Lombardi, le pape « s'associe aux appels urgents des évêques » de la région pour la paix.

La France se tourne vers le Conseil de sécurité

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a également réclamé l'intervention de la communauté internationale pour protéger les populations menacées en Irak. « La France est très vivement préoccupée par les dernières avancées de l'EIIL [ancien nom de l'EI] dans le nord de l'Irak et par la prise de Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne d'Irak, et par les exactions intolérables qui sont commises », a déclaré M. Fabius dans un communiqué.

« Face à la gravité de cette situation dont la population civile et les minorités religieuses sont les premières victimes, la France demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité, afin que la communauté internationale se mobilise pour contrer la menace terroriste en Irak et pour apporter aide et protection aux populations menacées », ajoute-t-il.

Attentat dans la capitale

Pendant que les djihadistes progressent au nord du pays, un attentat à la voiture piégée a fait 14 morts dans un quartier chiite de Bagdad. Cet attentat n'a pas été revendiqué, mais l'EI a récemment revendiqué plusieurs explosions dans la capitale irakienne.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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