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Une « chasse » scientifique pour mieux comprendre les baleines à bosse

Le reportage de Philippe Grenier
Radio-Canada

Les baleines à bosse qui nagent au large des côtes de Terre-Neuve-et-Labrador subissent un traitement particulier par un chercheur de Pêches et Océans. Jack Lawson les tire à l'arbalète non pas pour les tuer, mais pour les étiqueter.

Par ce procédé, il réussit à extraire un échantillon de peau et de lard du mammifère marin afin de procéder à différentes analyses de son ADN, ce qui permet notamment de déterminer son sexe et de recenser l'espèce. 

Les analyses permettent également de donner des informations sur l'alimentation de la baleine. Le scientifique peut ainsi savoir si l'espèce s'est nourrie majoritairement de capelans, ou des déchets qui pullulent dans l'océan. 

Selon Jack Lawson, le procédé n'est pas douloureux. « L'équivalent d'une piqûre de moustique », selon lui.

Lorsqu'elles apparaissent à la surface, les queues des baleines sont aussi photographiées. Jack Lawson explique que le motif de la queue est unique, et qu'une bonne photographie peut fournir plusieurs informations.

« Où vont-elles chaque année? Est-ce qu'elles reviennent aux mêmes endroits? Ce sont toutes des questions auxquelles on peut répondre par la photographie d'un individu [...] Il suffit de regarder dans nos archives et voir si la baleine s'y trouve, ou si c'est la première fois qu'on l'aperçoit. »

Une tâche complexe

Jack Lawson doit faire preuve de patience, parce qu'il peut parcourir l'océan pendant des heures sans voir de baleines. Il explique qu'elles sont souvent apeurées par les bateaux de touristes. 

Une baleine à bosseUne baleine à bosse Photo : iStockphoto

Si ceux-ci permettent de vivre un contact spécial avec ces mammifères marins, ils peuvent également nuire à l'espèce. 

« Quand vous avez des bateaux qui tournent autour des baleines comme ici, vous pouvez voir la baleine changer de direction rapidement. Elle doit interrompre son repas, c'est très stressant pour elle » explique-t-il.

De plus, l'étiquetage est plutôt ardu. Il doit bien viser et la flèche doit pénétrer suffisamment dans la peau pour obtenir un bon échantillon. Une fois obtenu, celui-ci est placé dans une éprouvette. 

Il s'agit toutefois d'une bonne année pour trouver ces mammifères. Selon Jack Lawson, la population de capelans est si importante que les baleines à bosse sont restées beaucoup plus longtemps dans la région qu'en temps normal. 

Acadie

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