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Îlots de chaleur et espaces verts : la Ville de Québec montrée du doigt

Le quartier Saint-Sauveur est un quartier propice aux îlots de chaleur.

Radio-Canada

La Ville de Québec est loin d'être à l'avant-garde en ce qui concerne la gestion des îlots de chaleur. C'est l'avis de Pierre Gosselin, médecin responsable du dossier des changements climatiques à l'Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ), qui accuse la Ville de faire preuve de laxisme dans le dossier.

Pierre Gosselin estime que l'administration municipale se traîne les pieds en matière de plantations d'arbres ainsi que dans l'aménagement d'espaces de verdure dans les secteurs les plus chauds. Il reproche à la Ville de Québec de ne pas aller dans la même direction que les autres villes dans le monde.

« On semble avoir peur des grands arbres à Québec maintenant. Contrairement à toutes les villes d'Amérique du Nord qui sont de façon massive en train de planter des arbres, curieusement à Québec, on n'a pas embarqué dans ce bateau-là, qui est mondial à l'heure actuelle », fait remarquer le spécialiste de l'INSPQ.

Un îlot de chaleur, qu'est-ce que c'est?

Il s'agit d'une zone de chaleur extrême. L'étalement urbain, la perte de couvert végétal, la multiplication de centres commerciaux et la bétonisation des villes engendrent des îlots de chaleur.

D'ici 2015, la Ville de Québec veut planter 12 500 arbustes et 4000 arbres. Malgré les efforts que la Ville dit déployer pour aménager des coins de verdure dans certains secteurs centraux, comme dans la Basse-Ville, Pierre Gosselin les juge insuffisants.

Pierre Gosselin, médecin responsable du dossier des changements climatiques à l'INSPQ.

Pierre Gosselin, médecin responsable du dossier des changements climatiques à l'INSPQ.

« Dans la Basse-Ville, je n'ai pas vu grand mouvement. Je n'ai pas vu de création de parcs, je n'ai pas vu de plantation d'arbres, un peu sur le boulevard Charest, mais c'est un peu marginal. La Ville, non, je ne pense pas qu'elle en fait assez, en ce sens qu'on voit encore beaucoup d'arbres se faire couper tous les jours un peu partout en ville », dit-il.

Pierre Gosselin ajoute que la Ville de Québec manque de vision. Il fait remarquer que la Ville de Montréal entend planter 300 000 arbres d'ici 10 ans.

Vous voulez savoir si vous habitez dans un secteur où il y a un îlot de chaleur? Cliquez ici (Nouvelle fenêtre) sur cette carte.

Saint-Sauveur, un quartier propice à la formation d'îlots de chaleur

Avec 16 000 résidents, le quartier Saint-Sauveur est le plus populeux de la ville et les espaces verts n'occupent que 3 % de son territoire. Dans ce secteur, toutes les conditions sont réunies pour créer un îlot de chaleur.

Quand on lui demande pourquoi aucun projet de verdissement n'y est prévu à court terme, la porte-parole de la Ville en matière d'environnement, Marjorie Potvin, répond que Saint-Sauveur est un quartier où il manque d'espace pour « faire de la plantation ».

« C'est en fonction de l'espace souterrain et aérien, donc c'est difficile de faire des plantations dans les quartiers centraux », soutient-elle.

Selon Marjorie Potvin, il est difficile d'en faire davantage en matière de verdissement dans les quartiers centraux, notamment dans le quartier Saint-Sauveur.

Notre journaliste Sarah Dion-Marquis utilise le détecteur de chaleur dans le quartier Saint-Sauveur.

Notre journaliste Sarah Dion-Marquis utilise le détecteur de chaleur dans le quartier Saint-Sauveur.

Deux quartiers, deux chaleurs

Notre journaliste Sarah Dion-Marquis a parcouru deux secteurs de Québec munie d'un détecteur de chaleur afin de comparer la chaleur enregistrée aux deux endroits.

Le 4 août, à 13 h, dans le quartier Saint-Sauveur, la température ambiante était de 28 degrés Celsius. Au sol, il faisait 45 degrés. Sur la surface d'un bâtiment, le détecteur indiquait 43 degrés.

À 13 h 15, notre journaliste s'est rendue à Sillery, sur le chemin Saint-Louis, un secteur où la végétation est plus présente et où la température ambiante enregistrée était 25 degrés Celcius. Au sol, il faisait 37 degrés. Sur la surface d'un bâtiment, le mercure indiquait 34 degrés.

Pierre Gosselin tient à souligner que la différence d'altitude entre le quartier Saint-Sauveur et Sillery ne joue aucun rôle majeur dans la différence de températures enregistrée.

« L'altitude, ça contribue un petit peu, mais c'est moins d'un demi-degré chaque 100 mètres d'élévation [...] Ça ne change pas des tonnes. »

Les îlots de chaleur urbains.

Les îlots de chaleur urbains.

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