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La Ligue de défense juive tâte le terrain à Montréal

Des policiers de Toronto séparent des manifestants de la Ligue de défense juive de manifestants pro-palestiniens (archives).

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

Radio-Canada

La Ligue de défense juive, un groupe ultranationaliste, qui a déjà des bureaux à Toronto, espère maintenant recruter de nouveaux membres sur le territoire montréalais.

Une réunion s'est tenue dimanche soir dans une synagogue de la métropole, afin de mettre sur pied une nouvelle section du groupe controversé. Le directeur de la section canadienne, Meir Weinstein, et une vingtaine d'autres membres ont fait la route à partir de Toronto pour y assister. Selon les organisateurs, entre 70 et 80 sympathisants étaient présents. Le lieu exact de la réunion a été gardé secret.

Le directeur assure que ce sont des Montréalais qui l'ont d'abord approché, inquiets des agressions perpétrées contre la communauté juive. Lui-même est arrivé accompagné de ses gardes du corps.

Nous sommes inquiets et nous faisons de la recherche sur certains groupes. Si nous pouvons aider le gouvernement et les policiers en les renseignant, nous espérons pouvoir détruire ces organisations.

Meir Weinstein 

L'idée de voir une section de la Ligue s'établir au Québec est pourtant vue d'un mauvais oeil par le consul d'Israël à Montréal, de même que par le Centre consultatif des relations juives et israéliennes.

« La Ligue de défense juive est un groupe qui n'est pas du tout représentatif des sympathies et des inclinaisons de l'écrasante majorité des juifs canadiens et québécois », estime le directeur du Centre, David Ouellette.

Un groupe controversé

Arrivé à Montréal, le directeur de la Ligue de défense juive, Meir Weinstein, discute avec ses gardes du corpsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Arrivé à Montréal, le directeur de la Ligue de défense juive, Meir Weinstein, discute avec ses gardes du corps

Photo : ICI Radio-Canada

Présente au Canada, en Israël et en France, la Ligue de défense juive est loin de faire l'unanimité. En France, le ministère de l'Intérieur étudie la possibilité de le dissoudre.

Aux États-Unis, le groupe a été qualifié d'organisation « terroriste, violente et d'extrême droite » par le FBI en 2001. Des accusations qui suivaient la mise au jour d'un complot mené par la Ligue en vue d'attaquer une mosquée en Californie.

Au Canada, le groupe se contente, pour l'instant, surtout d'organiser des contre-manifestations aux côtés de celles qui se déroulent en soutien aux Palestiniens. Des sections pourraient aussi voir le jour à Vancouver et à Ottawa.

Quelques accrochages ont déjà été signalés, notamment à Calgary, où la Ligue espère aussi ouvrir une antenne. À Toronto, la Ligue avait fait parler d'elle l'an passé pour avoir invité une militante israélienne, Pamela Geller, réputée pour tenir des propos controversés sur l'islam. 

Au Canada, ce groupe n'est pas classé comme une organisation terroriste, et Meir Weinstein assure qu'il respecte toutes les lois du pays.

Historique de la Ligue

Sur son site Internet, la Ligue indique avoir été fondée par le rabbin Meir Kahane pour combattre l'antisémitisme. « Le rabbin Meir Kahane a donné aux juifs un sentiment de fierté et leur a fait réaliser qu'ils avaient le droit de se défendre eux-mêmes chaque fois que c'était nécessaire », peut-on lire.

Le rabbin Meir Kahane a fondé en Israël un parti nationaliste d'extrême droite, le Kach, qui a été interdit par l'État hébreu. En 1994, un des membres du parti a tué 29 Palestiniens dans le massacre du tombeau des patriarches. La formation figure encore dans la liste des organisations terroristes du gouvernement canadien.

Une pétition contre le groupe

Le vice-président du Centre consultatif des relations juives et israéliennes, Luciano Del Negro, estime qu'il s'agit d'un groupuscule qui n'a pas d'influence. « Il y a très peu d'appétit dans la communauté; leurs idées sont grandement rejetées par l'ensemble de la communauté juive de Montréal à part quelques individus. »

Mais d'autres souhaitent que le mouvement soit carrément interdit. Une pétition contre « l'établissement à Montréal de la Ligue de défense juive » circule actuellement sur le site du Collectif québécois contre l'Islamophobie (CQCI). Le professeur Michel Seymour en est l'un des signataires : « Partout où elle est, il s'agit d'un groupe violent d'extrême droite qui est violent, agressif... à l'égard de ceux qui critiquent Israël. »

Le SVPM s'est déclaré être au courant de la présence du groupe.

Avec les informations d'Annie Poulin et de Julie Marceau

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