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Des Autochtones appuient l'interdit du port de coiffes traditionnelles d'un festival

Le grand chef de l'Assemblée des chefs du Manitoba, Derek Nepinak, en conférence de presse à Ottawa, le 10 janvier 2013.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des Autochtones du Manitoba accueillent favorablement la décision des organisateurs d'un festival de musique de Merritt en Colombie-Britannique qui ont interdit le port des coiffes autochtones, par respect pour la culture des Premières Nations.

Les coiffes sont remises lors d'une cérémonie. Il ne faut pas qu'elles soient portées comme un accessoire par quelqu'un qui va à un party ou à un festival.

Kim Wheeler, écrivaine et militante autochtone

C'est une décision qui ouvre le dialogue à l'éducation et au respect des traditions autochtones, affirme Kim Wheeler, une écrivaine et militante de Winnipeg, d'origine autochtone.

L'écrivaine et militante autochtone, Kim WheelerAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'écrivaine et militante autochtone, Kim Wheeler

Photo : Radio-Canada

Des coiffes qui sont à la mode

Selon les coutumes amérindiennes, les coiffes traditionnelles à plumes sont réservées aux chefs, à des personnes qui sont en position d'autorité ou qui le méritent.

Pourtant, de plus en plus de gens portent ces coiffes lors d'événements culturels, une tendance qu'ont remarqué les organisateurs du festival Bass Coast en Colombie-Britannique. « Nous ne voulions pas que cette tendance déborde et influence notre événement », affirme Paul Brooks, directeur des communications du festival.

« Notre festival se déroule maintenant à Merritt. Il y a cinq Premières Nations près d'ici. Nous voulons être de bons voisins » déclare M. Brooks pour expliquer la décision du festival d'interdire les coiffes autochtones cette année.

M. Brooks ajoute que depuis l'annonce de cette décision, le festival a eu de nombreux messages d'appuis comme du groupe autochtone « A Tribe Called Red » qui était invité au festival.

Un appel au respect

Kim Wheeler explique que les coiffes ne peuvent être utilisées par fantaisie ou pour être à la mode parce que « ce sont des objets sacrés ». Elle déplore la tendance observée depuis quelque temps.

Pharrell Williams a posé portant une coiffe autochtone pour la couverture d'un magazine.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pharrell Williams a posé portant une coiffe autochtone pour la couverture d'un magazine.

Photo : Elle


Le rappeur américain Pharrel Williams a alimenté la controverse plus tôt cette année, lorsqu'il s'est fait photographier pour un magazine alors qu'il portait une coiffe autochtone. Il s'est par la suite excusé.

Par ailleurs, certaines grandes chaînes telles H&M et Urban Outfitters ont été critiquées pour s'être servi de symboles de la culture autochtone pour leurs vêtements.

Mme Wheeler ne veut pas que les coiffes et autres éléments autochtones soient récupérés par l'industrie de la mode. « Lorsqu'il y a des mannequins pendant des défilés de mode en sous-vêtements portant des coiffes autochtones, c'est clair qu'ils ne comprennent pas ce que ça représente pour notre culture ».

Robert-Falcon Ouellette, directeur des programmes autochtones à l'Université du Manitoba, est du même avis. « C'est comme quelqu'un qui décide de porter un signe religieux, mais de faire ça de manière non respectueuse », dit-il.

Il espère que la décision du festival Bass Coast incitera les organisateurs d'autres événements du genre à faire de même.

Colombie-Britannique et Yukon

Autochtones