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Des plantes envahissantes menacent la santé des lacs

Le débarcadère de bateaux du Lac Fortune

Le débarcadère de bateaux du Lac Fortune

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les algues bleu-vert, apparues sur de nombreux plans d'eau du Québec ces dernières années, ont retenu l'attention médiatique en raison de la menace qu'elles font peser sur la santé humaine.

Pendant ce temps, plusieurs autres espèces de plantes aquatiques envahissantes menacent la santé des écosystèmes fragiles que sont les lacs.

Parmi celles-ci, le myriophylle à épi a déjà envahi plusieurs plans d'eau de Rouyn-Noranda, et les citoyens qui prennent l'initiative de protéger leur lac n'ont pas toujours la vie facile.

Journée pluvieuse au Lac Fortune.

Le président de l'Association du Lac Fortune-King-Mud, Cédric Laplante, nous accompagne à la descente de bateaux du lac Fortune, situé dans le quartier Arntfield de Rouyn-Noranda.

Les embarcations qui arrivent ici peuvent transporter le myriophylle à épi depuis un lac contaminé. Et ils sont nombreux dans le secteur, selon le biologiste Roger Larivière.

C'est pourquoi l'Association souhaite installer une pancarte pour prévenir les plaisanciers des risques de contamination.

Des limites aux capacités des associations riveraines

Mais elle se heurte aux limites de l'administration gouvernementale.

« On se sent pas mal délaissés. C'est sûr que la Ville investit beaucoup et on a beaucoup de support de la part de la Ville. Mais du Ministère [de l'Énergie et des Ressources naturelles], de tout ce qui est gouvernemental, on n'a aucun support et on n'a aucun levier pour protéger notre environnement. »

C'est que le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, propriétaire du terrain, refuse que l'association des riverains installe des pancartes de sensibilisation sans s'acquitter de frais administratifs. Il a pourtant installé cette année une pancarte interdisant de jeter des déchets.

Le débarcadère de bateaux du Lac FortuneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le débarcadère de bateaux du Lac Fortune

Photo : Radio-Canada

Le biologiste Roger Larivière dit quant à lui avoir répertorié la plante envahissante dans plusieurs lacs situés à proximité. Il cite par exemple les lacs Beauchastel, Opasatica, Osisko, Dufault, Dufresnoy, Kanasuta et Kiwanis.

« Quand il [le myriophylle à épi] est bien installé dans un plan d'eau, je vous dirais qu'il n'y a plus rien à faire, explique le biologiste à la retraite, qui s'intéresse à la santé des lacs de Rouyn-Noranda depuis le début des années 1980. Un lac qui est envahi par une plante exotique avec autant de force, on appelle ça le vieillissement prématuré du lac. Le lac s'emplit et à un moment donné, ça devient un étang. Là, c'est impropre, même, à la vie des poissons. C'est pour ça qu'un lac qui est garni de myriophylles, si on ne s'en occupe pas, les poissons, qui ont une grande valeur pour les pêcheurs, vont disparaître aussi, » poursuit-il, avant d'ajouter que les myriophylles à épi, au contraire des algues bleu-vert, n'ont pas d'incidence sur la vie humaine, mais bien sur la biodiversité.

Réponses ministérielles

Le ministère de l'Environnement affirme, par courriel, être en train de développer des « réseaux de détection et de suivi des plantes exotiques envahissantes ». Le ministère a également « produit des documents, une capsule d'information et de sensibilisation sur les espèces exotiques envahissantes, ainsi que l'outil de détection Sentinelle », « une application mobile et un outil cartographique Web qui permet aux citoyens, aux partenaires, aux chercheurs et aux employés du Gouvernement de signaler la présence d'espèces exotiques envahissantes préoccupantes et de celles dont la répartition est méconnue ».

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a quant à lui développé une capsule sur le nettoyage des embarcations, disponible sur YouTube. Des pancartes de sensibilisation invitant les plaisanciers à bien nettoyer leur embarcation sont également installées près des descentes de bateaux de plans d'eau déjà contaminés au myriophylle à épi. C'est le cas, notamment, du lac Osisko, à Rouyn-Noranda.

La pancarte installée par Forêts, Faune et ParcsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La pancarte installée par Forêts, Faune et Parcs

Photo : Radio-Canada

Aller plus loin

Pour le biologiste Roger Larivière, il faudrait cependant aller plus loin, voire s'inspirer de ce qui se fait ailleurs. Le spécialiste cite en exemple l'État du Maine, aux États-Unis, où il a séjourné pour un perfectionnement sur les plantes aquatiques il y a quelques années. « J'ai vu comment on travaillait avec cette espèce-là. Je vous dirais qu'il y a des armées de bénévoles qui s'occupent du myriophylle et qui lui font une lutte de tous les instants. Et si il n'y avait pas ces armées de bénévoles-là, je pense que les si beaux lacs qu'il y a là-bas, seraient envahis, croit-il. Je pense qu'on devrait faciliter la tâche des comités de riverains qui veulent s'occuper de leur plan d'eau et qui voudraient les protéger en mettant soit des pancartes, soit instaurer des règles particulières », poursuit-il.

Le président de l'Association du Lac Fortune-Mud-King, n'entend quant à lui pas abandonner la lutte, même si les moyens financiers de son regroupement bénévole sont limités. « On veut toujours sensibiliser [la population], dit Cédric Laplante. On essaie encore d'avoir des supports de la part de beaucoup de monde pour pouvoir arriver à la fin de notre projet [et] mettre une pancarte au débarcadère [du Lac Fortune]. On est rendus vraiment à des démarches qui montent plus haut. Il va falloir sûrement faire des approches vis-à-vis notre député pour pouvoir avoir un droit d'accès, juste pour une pancarte », conclut-il. 

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