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Quand les agriculteurs ont besoin de prendre la clé des champs

Des vaches à la ferme de Donald Roux, 61 ans
Photo: Myriam Fimbry

Photoreportage - Les vaches ne prennent pas de vacances. Alors les agriculteurs oublient souvent d'en prendre eux aussi, quitte à s'épuiser à la tâche. Mais un programme de remplacement pourrait bien leur permettre d'aller voir si le bonheur est ailleurs que dans le pré.

Un reportage de Myriam Fimbry TwitterCourriel à Désautels le dimanche

C'est tout un défi pour un agriculteur d'accepter de quitter sa ferme pour quelques jours. Laisser le plancher des vaches, quand l'épuisement menace ou que le couple et la famille en ont besoin. Il veut aussi pouvoir compter sur un travailleur fiable, capable de le remplacer lorsque survient un malheur, un accident ou une maladie.

C'est pour cette raison que le cégep de Victoriaville et son Centre d'innovation sociale en agriculture (CISA) mènent un projet pilote d'un an pour expérimenter un service de remplacement en agriculture.

Pour regarder le photoreportage sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Des travailleurs compétents

Trente-quatre producteurs laitiers d'Arthabaska et de l'Érable, dans le Centre-du-Québec ont adhéré au service. Les six « agents de remplacements », dont trois à temps plein, vont d'une ferme à l'autre. Il faut qu'ils soient très disponibles et capables de s'adapter partout où ils vont. « Ça prend un niveau de compétence extraordinaire », dit Michel Gendreau, chargé de projet au CISA.

Le remplaçant Guillaume Spénard, 30 ans, aime se sentir utile. « Je viens pour les aider, quand ils en ont besoin ». Il trouve aussi que c'est formateur. « Il n'y a pas deux fermes qui fonctionnent de la même manière. Il faut prendre des notes et s'adapter! »

Le service de remplacement accorde la priorité aux accidents, aux maladies ou aux décès.

Après le projet pilote, l'objectif serait de créer une coopérative de solidarité, gérée par les producteurs et les agents de remplacement.

Le nerf de la guerre, ce sera de trouver de bons employés et de les garder. S'ils sont bons, les producteurs vont être prêts à les payer pour les avoir.

Éric Houle, propriétaire de la ferme Érilis, à Victoriaville

Un service inspiré de l'Europe

De tels remplacements à la ferme existent déjà en Europe de manière très organisée... depuis près de 40 ans. En France, 2000 à 3000 remplaçants en font leur métier et l'État offre une série d'avantages fiscaux aux agriculteurs pour bénéficier de leurs services.

Au Québec, le métier pourrait intéresser des jeunes qui ont grandi en milieu agricole, mais qui ne veulent ou ne peuvent pas prendre la responsabilité d'une ferme.

Michel Gendreau rêve même à la mise en place d'un programme de formation collégial à Victoriaville, pour préparer ce type d'employés hypercompétents et faire de l'« agent de remplacement » une véritable profession.

Société