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Traite de personnes à Ottawa : les victimes proviennent en majorité de la région

Illustration du commerce du sexe

Illustration du commerce du sexe

Photo : Service de police d'Ottawa

Radio-Canada

À l'occasion de la première Journée mondiale de la dignité des victimes de la traite d'êtres humains (Nouvelle fenêtre), les chercheurs du projet imPACT ont dévoilé, mercredi, les conclusions d'un rapport qui expose le vrai visage de la prostitution dans la capitale nationale.

En mars dernier, ces experts avaient laissé entendre qu'au moins 140 femmes disaient avoir été forcées à travailler comme prostituées, à Ottawa.

La version finale de leur étude, qui a été menée entre juin 2013 et avril 2014, confirme ce chiffre et suggère même qu'il pourrait y avoir beaucoup plus de victimes. Les données compilées ne se basent que sur les personnes qui sont allées voir des ressources d'aide afin d'obtenir du soutien.

« Dans l'idée du public en général, nous avons l'idée que ce sont les gens d'Asie, et les gens d'Europe qui se font piégés par la traite des êtres humains. Ce sont nos femmes et nos filles d'ici qui sont les victimes », rappelle la directrice du projet imPACT, Christina Harrison Baird.

Le portrait de la situation à Ottawa révèle en effet que la majorité des victimes (90 %) rencontrées sont nées au Canada.

Les jeunes plus vulnérables

Le groupe d'experts ottaviens précise que la plupart des victimes sont âgées de 12 à 25 ans, mais que 16 ans est l'âge où elles sont les plus vulnérables. Ces dernières proviendraient en outre de tous les milieux socioéconomiques.

Il faut savoir qu'une victime de trafic d'être humain peut rapporter 1000 $ par soir à la personne qui l'exploite. Selon le Service de police d'Ottawa, le prix moyen pour les services d'une travailleuse du sexe est de 200 $ par heure.

Il est à noter que les jeunes, qui sont le groupe le plus vulnérable, sont dissimulés au sein de l'industrie du sexe à cause de leur âge, et qu'ils font l'objet de transaction dans des domiciles ou des fêtes privées. Encore une fois, ces découvertes vont à l'encontre de la perception du public qui pense que l'exploitation sexuelle a lieu dans les maisons closes gérées par des gangs étrangers qui contrôlent des femmes étrangères.

Extrait du rapport

Parmi les autres constatations, les chercheurs notent que les victimes de cette forme d'exploitation vivent dans une clandestinité presque totale.

Leur asservissement ne s'obtient pas nécessairement par de la violence physique et elles ne sont pas détenues en captivité contre leur volonté.

Ceux qui profitent d'elles utilisent plutôt des mécanismes de contrôle psychologique beaucoup plus subtils, ce qui peut donner l'impression que les victimes sont consentantes ou complices.

Des ressources manquantes

Les chercheurs observent que le financement et les ressources manquent pour venir en aide aux victimes de la traite de personnes. Elles font aussi l'objet d'une stigmatisation, tout comme les autres personnes qui travaillent dans l'industrie du sexe.

La couverture du rapport du projet imPACT, portant sur la prostitution à Ottawa.

La couverture du rapport du projet imPACT, portant sur la prostitution à Ottawa.

Photo : André Dalencour

En outre, l'intervention auprès d'elles pâtit du manque d'information dont disposent les organismes œuvrant en première ligne.

Récemment, le Service de police d'Ottawa a mis sur pied une section composée de cinq agents pour combattre le trafic des jeunes filles mineures dans la capitale nationale.

L'unité, qui regroupe un agent et quatre détectives, viendra en aide à ces jeunes filles exploitées, qui sont âgées de moins de 18 ans. Les policiers ont l'intention de viser les proxénètes ainsi que les contrôleurs, et non les femmes qui participent à l'industrie du commerce du sexe.

Les auteurs de l'étude, qui ont bénéficié d'un financement de 200 000 $ de la part de Condition féminine Canada, croient que leur rapport pourra servir d'outil de référence aux autorités, mais aussi aux structures d'aide et au grand public.

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Ottawa-Gatineau

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