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Grassy Narrows : l'Ontario assure ne pas cacher la vérité

Le chef régional Stan Beardy (centre-g.) et le chef Roger Fobister Sr. de Grassy Narrows (centre-droite) ce matin à Toronto

Photo : Ève Caron

Radio-Canada

Le gouvernement ontarien rejette les allégations de camouflage des problèmes de santé liés à la contamination au mercure d'une réserve du nord-ouest de la province.

Le ministère des Affaires autochtones souligne que les conclusions d'une étude citée aujourd'hui par la communauté Grassy Narrows avaient été partagées avec la population locale en 2010.

La province ajoute qu'un groupe de travail a été formé avec des représentants de la réserve pour s'attaquer au problème de contamination qui remonte aux années 1960 (Nouvelle fenêtre), notamment en développant un programme pour surveiller le taux de mercure dans le poisson et en établissant des priorités locales en matière de développement économique.

Le gouvernement ne promet aucune aide supplémentaire pour l'instant.

Empoisonnement au mercure

Le drame éclate dans les communautés de Grassy Narrows et de White Dog en juillet 1970, lorsque l'on découvre que la papetière Dryden Chemical a déversé 9 tonnes de mercure dans la rivière Wabigoon-English, contaminant les poissons pêchés par les Autochtones. Dans les années 1970, un chercheur japonais se rend dans la communauté et confirme les effets du mercure sur la santé de la population.

Selon le rapport du Conseil d'aide aux personnes souffrant d'incapacité due à la pollution au mercure, une organisation fédérale-provinciale, le taux de troubles neurologiques au sein de la population de la réserve est « très élevé » et nombre de résidents souffrent de haute tension artérielle et de problèmes cardiaques et de thyroïde notamment.

Ces données remontent à 2009, mais une équipe de chercheurs japonais a par la suite observé des symptômes de la maladie de Minamata chez plusieurs dizaines de résidents, notamment de la difficulté à marcher droit, de l'insomnie et de l'engourdissement dans les membres.

Judy Da Silva, qui est mère de cinq enfants et qui travaille à la garderie de Grassy Narrows, affirme que les effets toxiques du métal lourd se font aussi sentir sur les enfants, nés des années après le déversement.

Elle cite des problèmes de pression artérielle, de foie, de rein et d'ouïe.

Demandes

Les Autochtones de Grassy Narrows ont reçu 16,7 M$ en 1985 en indemnités financières des gouvernements fédéral et provincial.

Mais, selon Jean Broughton du groupe Free Grassy Narrows, « il y a beaucoup de personnes qui ont des difficultés, qui ont des problèmes liés au mercure, qui sont empoisonnées en fait, qui n'ont jamais eu de compensation ni de soins médicaux appropriés ».

L'environnementaliste David Sone du groupe Earthroots, qui soutient la communauté, ajoute que le Conseil d'aide aux personnes souffrant d'incapacité due à la pollution au mercure utilise une « vieille approche scientifique » pour déterminer qui est admissible à une compensation financière qui exclut de nombreuses victimes, selon lui.

La communauté demande également des excuses publiques de la province.

Les dirigeants de la réserve dénoncent également la reprise prévue de la coupe d'arbres dans la région, qui risque d'accentuer, selon eux, le problème de mercure dans l'eau, à la suite de la décomposition de résidus d'arbres.

Ontario

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