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Stress post-traumatique : le lourd tribut du personnel d'urgence

Le caporal et maître-chien Ken Barker, de la Gendarmerie royale du Canada, pose avec un chien.

Le caporal et maître-chien Ken Barker, qui avait récemment pris sa retraite de de la GRC, s'est enlevé la vie le 11 juillet 2014 après une longue lutte contre le syndrome de stress post-traumatique, selon le groupe «Familles de la GRC pour la sensibilisation au SSPT».

Photo : GRC/Families of the RCMP for PTSD Awareness

Radio-Canada

Des policiers, des ambulanciers et des pompiers veulent une meilleure reconnaissance et un meilleur traitement du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) lié à leur travail.

Le président du syndicat des pompiers de Winnipeg, Alex Forrest, se rappelle ce qui est arrivé à l'un de ses collègues, qui avait été traumatisé par la mort de deux confrères. Les capitaines Harold Lessard et Thomas Nicols avaient perdu la vie dans un incendie à Winnipeg en février 2007.

M. Forrest savait que son collègue avait du mal à vivre son deuil. Deux mois plus tard, « je suis allé voir comment il allait, se remémore le pompier. Il s'était tué dans un garage et tenait encore le dépliant des funérailles. »

« Beaucoup de pompiers souffrent encore des conséquences de cet incendie », ajoute le chef syndical.

Certains cas ont fait les manchettes dernièrement, dont celui de Ken Barker, un caporal à la retraite et maître-chien de la Gendarmerie royale du Canada, qui s'est enlevé la vie. Sa famille a indiqué au quotidien Winnipeg Free Press qu'il avait souffert de SSPT après avoir été témoin de crimes violents, dont la décapitation de Tim McLean dans un autocar Greyhound en 2008.

Vince Savoia, un ancien ambulancier, a créé un fonds en fiducie. Il soutient qu'au moins 15 premiers répondants se sont suicidés au Canada depuis le 28 avril. Ce nombre se fonde sur ce qui a été rapporté dans les médias et sur des renseignements fournis directement à son organisation torontoise. Cette dernière fait maintenant la tournée du pays pour sensibiliser la population au SSPT.

« J'espère que ce n'est qu'une hausse soudaine et temporaire, car cela ne peut pas continuer », souligne M. Savoia.

Le suicide est peut-être le résultat extrême du SSPT, mais M. Forrest et M. Savoia s'accordent pour dire que le syndrome se manifeste de différentes façons, dont la dépression, la dépendance aux drogues ou aux médicaments, le divorce et l'inaptitude au travail.

Il existe un mouvement grandissant au Canada pour tenter de traiter le SSPT chez les premiers répondants. L'Alberta et la Colombie-Britannique ont changé leurs lois sur les accidents de travail afin de faire du SSPT une maladie réputée professionnelle. Cela signifie que les premiers répondants chez qui elle est diagnostiquée sont présumés malades à cause de leur travail, ce qui facilite leur indemnisation.

Le gouvernement de l'Ontario a déposé un projet de loi similaire et le Manitoba semble vouloir faire de même. Sa ministre du Travail, Erna Braun, a discuté avec le syndicat des pompiers, et un rapport de la Commission de santé et sécurité au travail du Manitoba est attendu pour cet automne, selon l'attaché de presse de la ministre, Naline Rampersad.

Avec les informations de La Presse canadienne

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