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Suncor ouvre la porte à l'exportation de pétrole par le Saint-Laurent

Le reportage de Denis-Martin Chabot
Radio-Canada

Un premier pétrolier chargé de brut de l'Ouest canadien devrait quitter Sorel-Tracy, au Québec, à la mi-septembre et emprunter le Saint-Laurent pour une destination encore inconnue.

Un texte d'Alexandre TouchetteTwitterCourriel

Suncor a commencé la semaine dernière à transporter du pétrole par train jusqu'au terminal de la compagnie Kildair, qui va le stocker avant de le transborder sur des pétroliers de 250 mètres. La capacité maximale du site est de 60 wagons-citernes par jour, et l'entreprise estime être en mesure de remplir deux navires de 350 000 barils par mois.

Des pétroliers provenant d'outre-mer circulent déjà sur le fleuve pour approvisionner la raffinerie Valero de Lévis, mais le navire qui quittera les installations de Kildair en septembre sera le premier à transporter du pétrole de l'Ouest par le Saint-Laurent.

Les pétrolières canadiennes cherchent par tous les moyens à exporter leur pétrole et les projets de pipeline comme Keystone XL, aux États-Unis, et Northern Gateway, en Colombie-Britannique, se butent à une forte opposition locale.

La ville de South Portland au Maine vient aussi d'interdire le passage du pétrole des sables bitumineux sur son territoire. En attendant l'inversion du pipeline 9B qui va acheminer du brut à Montréal, Suncor a donc trouvé un débouché pour son pétrole en l'expédiant par le Saint-Laurent.

Suncor invoque des motifs commerciaux pour refuser de révéler le type de pétrole et la destination finale des pétroliers qui quitteront Sorel-Tracy.

Selon Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la chaire de gestion du secteur de l'énergie de HEC Montréal, tout indique qu'il est destiné à l'exportation. « De mettre du pétrole qui arrive par train sur des bateaux pour l'envoyer à la raffinerie de Lévis qui est déjà approvisionnée en pétrole de l'extérieur n'aurait pas beaucoup de sens. Il s'agit probablement de pétrole lourd des sables bitumineux destiné à des raffineries du Texas », explique-t-il.

Étant donné que les installations de Kildair sont en service depuis des décennies, le début de l'exportation de brut de l'Ouest par pétrolier est passé sous le radar, contrairement au projet de terminal pétrolier proposé par Transcanada à Gros-Cacouna, qui a soulevé la controverse dans l'Est du Québec.

Steven Guilbeau d'Équiterre dénonce l'absence de débat public sur les activités de Suncor à Sorel-Tracy. « Nous devons faire ces débats-là avant que les compagnies puissent procéder comme elles le veulent. On a l'impression que l'on vit au Far West. Moi, je suis sidéré de voir que Suncor est en train de faire par la porte d'en arrière ce qu'elle ne peut pas faire par la porte d'en avant. »

Le porte-parole d'Équiterre craint que le fleuve Saint-Laurent ne devienne rapidement la principale porte de sortie du pétrole albertain vers les marchés étrangers.

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