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Protection de l'eau : l'industrie pétrolière et gazière satisfaite

Forage
Forage Photo: iStockPhoto

Le règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection présenté mercredi par le ministre de l'Environnement David Heurtel est accueilli favorablement par l'industrie pétrolière et gazière.

Il s'agit d'un premier pas dans la bonne direction, selon Mario Lévesque, président de l'Association québécoise des fournisseurs de services pétroliers et gaziers. Ça fait longtemps, rappelle M. Lévesque, qu'on attend des règles claires qui permettront à l'industrie de se développer.

Les normes seront parmi les plus sévères en Amérique du Nord, selon Mario Lévesque, mais on est une industrie qui s'adapte. Il ajoute que cela rassure aussi les entreprises : « Tous les investisseurs au niveau mondial vont savoir ce qu'il va se passer ici. »

Le président et directeur général de Gastem, Raymond Savoie, est du même avis. « On est capable de vivre avec et on est capable de se structurer autour. C'est lorsqu'il n'y a pas de réglementation qu'il y a un flou que c'est problématique », indique le PDG de la pétrolière.

Son entreprise a d'ailleurs entrepris des poursuites de 1,5 million de dollars en dommages et intérêts contre la Municipalité de Ristigouche-sud-Est, en Gaspésie, à la suite d'une réglementation municipale sur la protection de l'eau potable. Gastem avait alors dû cesser ses travaux préparatoires à un forage.

Au lendemain de la présentation de la réglementation de Québec, Raymond Savoie admet que si ces normes avaient été en place, il n'y aurait pas eu de différend avec la municipalité.

Le règlement, estime Mario Lévesque de l'Association québécoise des fournisseurs de services pétroliers et gaziers, apporte un cadre législatif stable et permet à l'industrie de mieux planifier ses projets. « Cinq cents mètres, dit-il, on sait qu'on ne peut pas aller à cette distance. Aucune fracturation à moins de 600 mètres d'une nappe phréatique en dessous. Tu peux faire des calculs économiques en fonction de ça et voir si un projet peut se faire ou non. »

Le coût des études hydrogéologiques, qui sera défrayé par l'industrie, n'est pas un irritant. « On le fait déjà partout, explique Mario Lévesque, quand on travaille en Alberta, en Colombie-Britannique dans les Territoires du Nord-Ouest, on fait ces caractérisations. »

Raymond Savoie estime les coûts de l'étude, payé par les pétrolières, à environ 70 000 $ pour un forage qui requiert un investissement de plusieurs millions.

Vent favorable

Une tour de forage pour le gaz de schiste en PennsylvanieUne tour de forage pour le gaz de schiste en Pennsylvanie Photo : Nicolas Steinbach

La mise en place du règlement rend Mario Lévesque plus optimiste quant à l'avenir de son industrie au Québec.

Il croit que le développement de la filière gazière pourrait reprendre d'ici deux ou trois ans, après les études environnementales. « L'industrie, dit-il, est mature et beaucoup plus sécuritaire. Les techniques de fracturation se sont beaucoup améliorées. »

Gastem qui avait décidé de se tourner vers d'autres régions que le Québec pourrait aussi réexaminer ses projets. « Il y a, souligne le PDG, définitivement un mouvement favorable vers le développement. On continue nos projets à l'extérieur, mais ça nous donne un peu d'espoir pour le Québec et pour les procédés d'exploration. »

Mario Lévesque estime qu'en vertu du nouveau règlement, le prochain développement de l'industrie gazière sera sans doute plus respectueux des milieux habités.

« Dans les basses terres, les puits vont se faire à la fin des champs, on parle de 1,5 km des points d'eau. Peut-être un développement plus lent mieux ordonné sur le long terme », fait valoir le porte-parole de l'Association québécoise des fournisseurs de services pétroliers et gaziers.

Économie