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  • Exclusif
  • Coteau-du-Lac : des problèmes de sécurité décelés avant l'explosion mortelle

    Radio-Canada

    Un rapport fédéral d'inspection, dont les conclusions étaient jusqu'ici gardées confidentielles, révèle que des correctifs à la sécurité avaient été demandés huit mois avant l'explosion mortelle de l'usine de feux d'artifice de Coteau-du-Lac, en Montérégie, le 20 juin 2013. Deux travailleuses avaient perdu la vie.

    Un rapport fédéral d'inspection, dont les conclusions étaient jusqu'ici gardées confidentielles, révèle que des correctifs à la sécurité avaient été demandés huit mois avant l'explosion mortelle de l'usine de feux d'artifice de Coteau-du-Lac, en Montérégie, le 20 juin 2013. Deux travailleuses avaient perdu la vie.

    Un texte de Thomas GerbetTwitterCourriel

    Deux unités de chauffage « non conformes » et des étagères « surchargées » de pièces pyrotechniques avaient été signalées par un inspecteur de la Division de la réglementation des explosifs de Ressources naturelles Canada dans le dépôt M5 où est survenue l'explosion.

    Les appareils de chauffage ne présentaient pas de dispositif anti-étincelle et les employés avaient pris l'habitude de grimper directement dans les casiers de bois.

    « Il a été demandé de vérifier et s'assurer que toutes les pièces entreposées dans le M5 soient sécuritaires contre toute chute au sol qui serait hasardeuse », écrit l'inspecteur dans son rapport du 7 novembre 2012.

    Les dispositifs de mise à feu des pièces pyrotechniques professionnelles, appelées « bombes » dans le jargon, sont sensibles aux impacts, aux frottements, aux courants vagabonds et à la chaleur.

    L'inspecteur fédéral avait maintenu la licence de la compagnie BEM, mais lui avait donné 30 jours pour se conformer. Ni l'entreprise ni le ministère n'ont voulu répondre à nos questions sur le suivi qui a été fait de ces recommandations.

    « On ne s'était pas objectés », s'est contenté de répondre par téléphone le propriétaire, Bernard Masson, avant de refuser notre demande d'entrevue. Quant à la porte-parole de Ressources naturelles Canada, Jacinthe Perras, elle s'est limitée à écrire dans un courriel que « des mesures sont exigées pour remédier à toute forme de non-conformité » et qu' « un suivi est effectué avant de renouveler la licence ». Elle n'a pas souhaité parler du cas précis de l'usine Coteau-du-Lac.

    Les deux seuls témoins de l'accident sont malheureusement décédés dans l'accident. Deuxièmement, les éléments de preuve ont été détruits ou vraiment trop endommagés par l'explosion et le feu qui a suivi.

    Claude Beauchamp, directeur régional de la CSST, bureau de Valleyfield

    La Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec (CSST), qui a mené l'enquête à la suite de l'explosion, a dû se contenter d'hypothèses pour expliquer l'accident. L'utilisation d'appareils électriques non conformes en fait partie, tout comme le fait que des pièces pyrotechniques mal entreposées auraient pu être amorcées par accident en tombant au sol.

    Lors du dévoilement du rapport de la CSST le 10 avril 2014, un représentant de la Division de la réglementation des explosifs de Ressources naturelles Canada avait refusé de donner des détails sur l'inspection survenue huit mois avant le drame.

    Casiers de bois de la compagnie BEM pour remiser les pièces pyrotechniquesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

    Casiers de bois de la compagnie BEM pour remiser les pièces pyrotechniques

    Photo : DRE publié dans rapport CSST

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