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L'ONU lance une enquête sur l'offensive israélienne à Gaza

Navi Pillay (archives)

Photo : AFP

Radio-Canada

L'ONU a lancé une commission internationale d'urgence mercredi pour enquêter sur l'offensive israélienne. Plus tôt, la haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, a exprimé ses craintes quant à la possibilité qu'Israël commette des crimes de guerre dans la bande de Gaza.

La résolution, déposée par la Palestine au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, a été adoptée par 29 voix pour, 17 abstentions et 1 voix contre (les États-Unis) et réclame une enquête sur « toutes les violations » qui auraient été commises depuis le début de l'opération Bordure protectrice.

Tous les pays européens, dont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, se sont abstenus.

Le vote a eu lieu après sept heures de débats lors d'une session extraordinaire du Conseil demandée par les pays arabes pour exiger le respect du droit international dans les territoires palestiniens occupés.

Le représentant américain auprès du Conseil, Keith Harper, a souligné que « cette résolution ne va pas nous aider. »

La résolution condamne « les violations généralisées, systématiques et flagrantes des droits de l'Homme et des libertés fondamentales » et estime que la dernière offensive israélienne « a impliqué des attaques sans discrimination et disproportionnées (...) qui peuvent constituer des crimes internationaux. »

Depuis le début de la crise, 670 Palestiniens et 34 Israéliens ont été tués. Le nombre de déplacés palestiniens a franchi le cap des 100 000 personnes.

Une enquête indépendante réclamée

Le Conseil demande ainsi d'envoyer d'urgence une commission d'enquête indépendante pour dresser une liste des « crimes perpétrés » et « identifier ceux qui en sont responsables » afin de « mettre fin à cette impunité. »

Le texte réclame par ailleurs de placer les Palestiniens sous « protection internationale immédiate » et plaide pour l'arrêt immédiat des attaques militaires israéliennes.

La résolution demande également à la Suisse d'organiser une conférence d'urgence sur la crise.

Le Canada déçu

Réagissant à la résolution onusienne, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, s'est dit déçu que « le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies ait décidé d'ignorer totalement les actes terroristes odieux du Hamas ».

Le chef de la diplomatie canadienne estime que « l'absence de condamnation des actes répréhensibles du Hamas n'a fait qu'accroître leur violence et qu'encourager ces terroristes à poursuivre leurs actions inadmissibles. »

Israël pourrait avoir commis des « crimes de guerre »

Mme Pillay, la haute-commissaire aux droits de l'homme, a évoqué, en ouverture de la réunion du Conseil des droits de l'homme, une « forte possibilité » qu'Israël viole le droit international.

Navi Pillay estime qu'il est possible qu'Israël commette en ce moment des « crimes de guerre » dans la bande de Gaza et se dit préoccupée par la destruction de maisons et de la mort d'enfants dans l'enclave palestinienne. Elle a également condamné les tirs de roquettes du Hamas en direction du territoire israélien, qu'elle qualifie d'attaques indiscriminées.

Également présent à cette réunion extraordinaire, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riad Malki, a accusé Israël de commettre des crimes contre l'humanité et a réclamé, lui aussi, une enquête. 

La haute-commissaire estime que les principes de distinction et de précaution ne sont, une fois de plus, pas clairement respectés lors des attaques du Hamas et d'autres groupes palestiniens armés contre des zones civiles.

Israël a réagi, par la voix de son ambassadeur auprès du Conseil des droits de l'homme, Eviatar Manor, en affirmant que son droit à se défendre était garanti par le droit international.

Les grandes dates du conflit israélo-palestinien

Kerry et Ban Ki-moon constatent quelques avancées

Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, est arrivé à Tel-Aviv mercredi, où il poursuit les efforts diplomatiques visant à mettre un terme aux hostilités entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza.

« Quelques pas vers un cessez-le-feu ont été faits entre Israël et le Hamas, mais il reste du travail », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, avant une rencontre avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à Jérusalem. Le secrétaire général de l'ONU a quant à lui souligné l'urgence de mettre un terme à cette crise. « Nous unissons nos forces pour obtenir un cessez-le-feu le plus vite possible. Nous n'avons plus de temps à perdre, ni pour attendre », a déclaré M. Ban.

Quant à John Kerry, il doit encore rencontrer le président palestinien, Mahmoud Abbas, à Ramallah, en Cisjordanie, puis le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, au ministère de la Défense, à Tel-Aviv.

Israël-Palestiniens, les racines d'un conflit. Consultez notre dossier.
Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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