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MH17 : les rebelles retirent les boîtes noires et les corps du site de l'écrasement

Des observateurs de l'OSCE inspectent un train où ont été transporté 169 corps des victimes de l'écrasement.

Des observateurs de l'OSCE inspectent un train où ont été transporté 169 corps des victimes de l'écrasement.

Photo : MAXIM ZMEYEV / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les rebelles prorusses ont déplacé les boîtes noires du Boeing 777 de la Malaysia Airlines qui s'est écrasé jeudi dans l'est de l'Ukraine, ainsi que les corps de 169 victimes. Une grande confusion règne sur le site de l'écrasement et plusieurs pays craignent la falsification de preuves. 

En conférence de presse, Alexandre Borodaï, le premier ministre de la République populaire proclamée de Donetsk, a confirmé que les boîtes noires sont sous le contrôle des rebelles. Il a dit ne pas avoir de spécialistes pour les analyser et serait prêt à les remettre à des experts internationaux, tout en ajoutant qu'il ne faisait « pas confiance » aux experts ukrainiens.

Tous les corps auraient été retirés du site, mais les combattants rebelles continuent de limiter l'accès aux autorités ukrainiennes et aux inspecteurs internationaux. Selon le secrétaire d'État américain, John Kerry, les observateurs internationaux de l'OSCE n'ont eu accès au site de l'écrasement que pendant 75 minutes vendredi et 3 heures samedi.

« [Il s'agit de] la plus grande scène de crime au monde, gardée par les principaux suspects. »

— Une citation de  Jean-François Bélanger, correspondant de Radio-Canada à Moscou

Les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont indiqué plus tôt que plus de 150 corps avaient été enlevés du site de l'écrasement et avaient été transférés dans un train réfrigéré. Le porte-parole de l'OSCE, Michael Bociurkiw, n'a pas pu confirmer si le train en question était parti pour Donetsk, comme l'avaient rapporté par des médias russes plus tôt dimanche.

Mais, selon le dirigeant prorusse, Alexandre Borodaï, les dépouilles se trouvent un convoi de cinq wagons dans la ville de Torez, à proximité du site de l'écrasement. « Ils ne vont nulle part, ils restent à Torez en attendant que les experts arrivent », a-t-il dit. 

Un porte-parole ukrainien a confirmé que 38 corps ont été transportés dans un hôpital régional.

Le porte-parole de l'OSCE a dit craindre que certains corps aient été incinérés pour effacer certaines preuves. Le ministre des Transports de la Malaisie, Liow Tiong Lai, croit que l'intégrité du site a été compromise et que des indices vitaux ont été retirés par les insurgés prorusses.

« Nous supposons qu'ils sont en train d'essayer de détruire les preuves de ce qu'ils ont fait », a déclaré au Wall Street Journal un haut responsable américain. La porte-parole du département d'État américain, Jen Psaki, a déclaré que des corps auraient été déplacés et des morceaux de l'avion auraient été emportés par les rebelles. 

Un soldat prorusse surveille le site de l'écrasement de l'avion malaisien.
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Un soldat prorusse surveille le site de l'écrasement de l'avion malaisien.

Photo : MAXIM ZMEYEV / Reuters

La chancelière allemande, Angela Merkel, a dénoncé, pour sa part, le vol de cartes de crédit des victimes, tandis que le secrétaire d'État américain, John Kerry, a cité des cas de « soldats séparatistes en état d'ébriété empilant des corps dans des camions, soustrayant des corps et des indices du site ». M. Kerry a qualifié la situation de « grotesque. »

Le premier ministre australien Tony Abbott a plaidé avec les rebelles prorusses dimanche pour que les corps des victimes soient « traités avec respect. »

Une trêve pour accéder au site

La France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont exigé dimanche du président russe Vladimir Poutine d'obtenir immédiatement des prorusses un accès « libre et total » à la zone de l'écrasement. L'Union européenne songe à imposer d'autres sanctions à la Russie.

Les séparatistes prorusses affirment qu'ils vont garantir la sécurité des inspecteurs internationaux sur le site de l'écrasement du vol 17 de la Malaysia Airlines si Kiev accepte une trêve. « Nous garantirons la sécurité d'experts internationaux sur le site si Kiev conclut un accord de cessez-le-feu », a affirmé Andreï Pourguine, qui affirme être premier ministre adjoint de la république séparatiste de Donetsk (DNR). « Nous invitons Kiev à conclure immédiatement un tel accord avec la DNR, au moins pour la durée de l'enquête sur le site de la catastrophe », a-t-il ajouté.

Le président ukrainien Petro Porochenko n'a toujours pas répondu à cette demande. Il a plutôt réclamé que la République populaire proclamée de Donetsk soit déclarée une organisation terroriste. »

Des enquêteurs ukrainiens au site de l'écrasement de l'avion MH17.
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Des enquêteurs ukrainiens au site de l'écrasement de l'avion MH17.

Photo : MAXIM ZMEYEV / Reuters

Missiles provenant de la Russie : Washington aurait des preuves

Un responsable américain cité sous condition d'anonymat par le Washington Post affirme que Moscou a fourni des batteries de missiles aux séparatistes et les aurait récupérées après que l'avion de la Malaysia Airlines eut été abattu.

Toujours selon le Washington Post, le chef du contre-espionnage ukrainien, Vitali Naïda, dit posséder des photos et des preuves qui confirment cette théorie.

Le président américain Barack Obama et d'autres dirigeants occidentaux estiment que l'avion de la Malaysia Airlines a été abattu par un missile sol-air à partir du territoire contrôlé par les séparatistes. Vladimir Poutine dément avoir fourni de l'aide aux insurgés et accuse les forces ukrainiennes d'être responsables de la catastrophe.

Le Conseil de sécurité se réunira lundi pour voter une résolution condamnant l'acte de destruction de l'avion et exigeant que l'intégrité du site de l'écrasement ne soit pas compromise par les rebelles.

Malaysia Airlines retire le nom de code MH17

Malaysia Airlines a annoncé dimanche le retrait du code MH17 pour ses vols quotidiens Amsterdam-Kuala Lumpur par respect pour les passagers. Le vol Amsterdam-Kuala Lumpur s'appellera désormais MH19. Cette décision a été prise après l'écrasement du vol 17, survenu jeudi, quelques mois à peine après la disparition du vol 370 dans l'océan Indien.

La compagnie Malaysia Airlines a aussi accepté de rembourser sans frais les clients qui voudraient annuler, jusqu'à jeudi prochain, un billet réservé pour un vol d'ici la fin de l'année.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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