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Écrasement en Ukraine : Kiev accuse les rebelles de vouloir détruire des preuves

Un rebelle prorusse surveille les débris de l'avion écrasé en Ukraine, le 19 juillet 2014

Un rebelle prorusse surveille les débris de l'avion écrasé en Ukraine, le 19 juillet 2014

Photo : MAXIM ZMEYEV

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement ukrainien accuse la Russie d'aider les rebelles prorusses de l'est du pays à détruire des éléments de preuve sur le site de l'écrasement du Boeing 777 de la Malaysia Airlines, une accusation rejetée par les rebelles.

« Le gouvernement ukrainien déclare officiellement que les terroristes, avec l'aide de la Russie, cherchent à détruire des preuves de crimes internationaux », peut-on lire dans un communiqué, samedi.

Pour le moment, les employés du ministère ukrainien des Situations d'urgence ont retrouvé 186 corps dans les 18 km2 qu'ils ont ratissés. Une équipe d'Interpol et d'Europol est attendue dimanche à Kiev pour aider à l'identification des victimes.

« Les combattants ont autorisé les employés du ministère à travailler là-bas, mais ils ne leur ont pas permis d'emporter quoi que ce soit. Les combattants emportent tout ce qui est trouvé », a déploré le porte-parole du Conseil de sécurité ukrainien, Andrij Lissenko.

« L'intégrité du site a été compromise, et il y a des indications montrant que des indices vitaux n'ont pas été préservés sur place. »

— Une citation de  Liow Tiong Lai, ministre des Transports de la Malaisie

Des observateurs internationaux se trouvant sur le site de l'écrasement ont affirmé que leur travail était toujours dérangé par des rebelles lourdement armés. « Des sacs mortuaires sont ouverts et les dommages aux corps sont très, très importants. Il est difficile de les regarder », a déclaré le porte-parole Michael Bociurkiw à des journalistes contactés par téléphone.

De son côté, le gouvernement de Kiev soutient que les rebelles ont retiré 38 corps de l'épave et les ont transportés dans la ville rebelle de Donetsk. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Frans Timmermans, en visite en Ukraine, a déclaré que les Pays-Bas étaient « en colère, furieux » d'entendre que des corps avaient été évacués du site de la catastrophe.

Les autorités de la Malaisie s'insurgent aussi. « Des interférences sur la scène de l'écrasement risquent de fausser l'enquête elle-même », a déclaré le ministre des Transports malaisien Liow Tiong Lai, qui doit se rendre en Ukraine samedi.

Pas de trace des boîtes noires

Le chef du gouvernement de la République populaire autoproclamée de Donetsk, Alexandre Borodaï, réplique que les séparatistes ont laissé le site intact mais s'inquiètent de la décomposition des corps en raison de la chaleur. « Nous nous réservons le droit, si les délais se prolongent [...], de commencer à retirer les corps », a-t-il précisé.

Il assure aussi que les boîtes noires du vol MH17 n'ont pas été retrouvées, alors que des rebelles avaient dit jeudi soir en avoir récupéré une (Nouvelle fenêtre).

Les enregistreurs n'ont pas non plus été remis aux autorités de Kiev, a indiqué pour sa part M. Lissenko. Des informations avançant que les secouristes avaient trouvé un des enregistreurs circulaient vendredi, mais les autorités ukrainiennes n’avaient pas confirmé la nouvelle.

Une enquête qui s'annonce difficile

Par ailleurs, alors que les enquêteurs arrivent peu à peu à Kiev, les séparatistes prorusses et les observateurs internationaux ne sont toujours pas tombés d'accord sur la délimitation d'une zone de sécurité.

Le chef du service de sécurité ukrainien (SBU), Valentin Nalivaitchenko, a déclaré à l'agence ukrainienne Unian que des discussions se poursuivaient entre la Russie, l'Ukraine et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour la mise en place d'une zone de 20 km2.

L'un des chefs de la République populaire autoproclamée de Donetsk, Sergueï Kavtaradze, a cependant déclaré à Reuters qu'aucun accord n'avait été conclu. « Il n'y a pas de zone de sécurité. C'est une région proche du front. Il y a des activités militaires par ici ».

De nombreux dirigeants ont exigé un accès illimité à la zone pour permettre une enquête exhaustive sur l'accident de l'avion de ligne apparemment abattu par un missile jeudi, tuant les 298 personnes à bord du vol Amsterdam-Kuala Lumpur.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président russe Vladimir Poutine se sont entendus samedi pour demander une enquête internationale et indépendante sous la direction de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).

Accusations mutuelles

De nombreuses voix réclament la tenue d'une enquête internationale et impartiale pour faire la lumière sur les circonstances de la tragédie, dont le ministre des Affaires étrangères John Baird, en plus de l'Australie, de la Malaisie et des Pays-Bas. Plaidant pour plus de fermeté, le premier ministre britannique David Cameron, invite l'Occident à « changer son approche à l'égard de Moscou ».

L'Ukraine accuse les rebelles prorusses d'avoir abattu l'avion dans un « acte terroriste », les séparatistes de l'Est accusant l'armée ukrainienne d'en être responsable.

Kiev, tout comme Washington, montre aussi du doigt la Russie, en raison de son soutien aux séparatistes prorusses. À ce sujet, le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a dit ne pas exclure que des Russes soient responsables de la chute du Boeing. « Nous avons des preuves irréfutables attestant que cet acte terroriste a été commis avec l'aide de la Fédération de Russie. Nous savons tout à fait que les servants de la batterie de missiles étaient des Russes », a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a quant à lui parlé à son homologue russe, Sergueï Lavrov. Ils se sont mis d'accord pour user de leur influence respective auprès du gouvernement ukrainien et des rebelles pour faire cesser les combats le plus vite possible.

Bilan révisé

Par ailleurs, six experts de la lutte contre le sida étaient à bord de l'avion, et non une centaine comme la presse l'avait indiqué, a dit à l'Agence France-Presse la présidente de la Société internationale sur le sida (IAS).

Ces experts se rendaient à la conférence de Melbourne organisée par l'IAS.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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