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5 questions pour comprendre qui a pu abattre le vol MH17

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement ukrainien et les séparatistes prorusses s'accusent mutuellement d'avoir abattu le Boeing 777 de Malaysia Airlines, causant la mort des 298 personnes à bord. Qui dit vrai? Décryptage en cinq questions.

1. Pourrait-il s'agir d'un lance-roquettes?

On a pensé au début qu'il pouvait s'agir d'un missile léger lancé par un système portable de type « manpad ». Impossible, disent les experts, puisque sa portée maximale est de 5 km. Or, l'avion volait à 10 000 mètres (10 km) d'altitude lorsqu'il a été abattu.

Il s'agirait donc plutôt d'un missile de moyenne portée.

2. Quel type de missile?

Selon des analyses satellites américaines, il s'agirait bel et bien d'un tir de missile sol-air. Les États-Unis, tout comme le gouvernement ukrainien, soupçonnent les séparatistes d'en être responsables. Il aurait été effectué, pensent-ils, à l'aide d'un missile sol-air SA-11 (missile Buk), tiré avec l'aide de membres des services de renseignements militaires russes. Le gouvernement ukrainien évoque pour sa part un modèle légèrement différent, le SA-17.

Les rebelles prorusses, pour leur part, rejettent plutôt la responsabilité sur l'armée de l'air ukrainienne. C'est également la version de Moscou, qui affirme avoir perçu une activité radar correspondant à un système de missile ukrainien au sud de Donetsk au moment où l'avion a été abattu.

3. Qui dispose de missiles Buk?

Les armées russes et ukrainiennes disposent toutes deux de missiles SA-11 et SA-17 de fabrication soviétique, qui ont une portée de 25 km.

Quant aux rebelles prorusses en Ukraine, la situation est moins claire. Dans un tweet datant du 29 juin, effacé depuis, les rebelles de la République de Donetsk montraient une photo de missiles Buk en écrivant qu'ils les avaient saisis d'une unité ukrainienne. Plusieurs internautes relaient toutefois une capture d'écran de celui-ci.

Un porte-parole de l'armée ukrainienne a aussi affirmé, quelques heures avant l'écrasement du vol MH17, que les rebelles à Snijné avaient en leur possession des systèmes Buk « destinés à abattre des avions et des hélicoptères à petite et moyenne altitude ». 

Selon des experts, abattre un avion commercial à plus de 10 000 mètres d'altitude est techniquement possible avec des missiles Buk (sol-air).

4. Les missiles Buk, faciles à manier?

Un missile Buk M2, en Russie, en 2010.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un missile Buk M2, en Russie, en 2010.

Photo : Mikhail Metzel

Le système de missiles Buk comporte au moins trois éléments distincts :

  • Un radar « d'acquisition » pour repérer et suivre les cibles;
  • Un poste de commandement;
  • Un lanceur de missiles.

Selon les experts, son maniement est assez complexe. En théorie, elle exige différents opérateurs spécialement formés et toute une chaîne de commandement. Après avoir identifié la cible, qui est en mouvement, à partir du radar, il faut l'accrocher et finalement ordonner le tir.

Cependant, il est possible d'actionner le lancement de façon autonome, avec le radar interne, et sans prendre en compte tout le processus, comme l'explique Doug Richardson, expert en missiles à l'IHS, une entreprise de renseignements économiques, dans un billet repris par de nombreux médias (Nouvelle fenêtre).

« Un lanceur Buk peut aussi opérer seul. Son radar interne, normalement utilisé pour le guider vers sa cible, peut aussi être utilisé en mode détection, afin d'engager de façon autonome une cible présente dans son champ de détection. »

— Une citation de  Doug Richardson, expert en missiles à l'IHS

« Ça prend quelqu'un qui est déjà au courant de comment ça fonctionne [...] Ce n'est pas donné à n'importe qui », assure toutefois Gaston Côté, brigadier général à la retraite des Forces canadiennes interviewé à l'émission 24/60.

5. Une bavure? 

Lorsque le système de missiles Buk est utilisé en configuration normale, les experts radar peuvent déterminer s'il s'agit d'un avion de ligne ou d'un avion militaire, du fait de leur masse et de la trajectoire qu'ils empruntent. « C'est un long processus avant de déclencher l'ordre de tir. Si ce processus a été respecté, ils savaient sur quoi ils tiraient », selon un expert interrogé par Radio-Canada en évoquant la possibilité d'un tir sur l'avion de Malaysia Airlines.

Mais dans le cas d'une utilisation du lanceur de façon autonome, sans le radar d'« acquisition », il serait beaucoup plus difficile d'identifier si la cible est un avion civil.

Même cette configuration demande des soldats entraînés. Toutefois, nombre de rebelles prorusses ont combattu dans les armées russe ou ukrainienne par le passé.

Le Boeing de Malaysia Airlines survolait la région à une altitude de 10 000 mètres, ce qui était à l'intérieur des recommandations des autorités ukrainiennes.

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