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Une étudiante de l’Université Laurentienne porte plainte auprès du commissaire aux services en français

« Je m'étais tout préparée en français, puis j'ai commencé ma présentation, ils m'ont arrêté. Ils m'ont demandé de continuer en anglais, puisque la majorité du comité ne pouvait comprendre le français », explique, encore en colère, Danika Dégagné.

« Je m'étais tout préparée en français, puis j'ai commencé ma présentation, ils m'ont arrêté. Ils m'ont demandé de continuer en anglais, puisque la majorité du comité ne pouvait comprendre le français », explique, encore en colère, Danika Dégagné.

Photo : Radio-Canada Hugo Duchaine

Radio-Canada

Une étudiante de l'Université Laurentienne, à Sudbury, porte plainte auprès du commissaire aux services en français pour avoir été poussée à s'exprimer en anglais devant un comité universitaire.

En mai dernier, Danika Dégagné devait expliquer son projet de recherche en sociologie au comité d'éthique de l'Université Laurentienne. L'étudiante poursuit une maîtrise en français et les membres du comité responsable d'évaluer son projet de recherche ont exigé qu'elle traduise sa présentation en anglais.

Je m'étais préparée en français, puis j'ai commencé ma présentation, ils m'ont arrêtée. Ils m'ont demandé de continuer en anglais, puisque la majorité du comité ne pouvait comprendre le français.

Danika Dégagné, étudiante à l'Université Laurentienne

Elle avait pourtant fait sa demande au comité en français, deux semaines plus tôt.

Danika Dégagné a reçu, en anglais, le compte-rendu de sa présentation devant le comité d'éthique. Elle a même dû demander une traduction, ce qui a retardé le début de ses recherches.

Danika Dégagné a reçu, en anglais, le compte-rendu de sa présentation devant le comité d'éthique. Elle a même dû demander une traduction, ce qui a retardé le début de ses recherches.

Photo : Radio-Canada Hugo Duchaine

De plus, la politique de bilinguisme de l'Université Laurentienne garantit aux étudiants de pouvoir présenter leurs travaux en français devant n'importe quel comité.

Un malentendu

L'Université Laurentienne parle, quant à elle, d'un malentendu.

Le vice-recteur de l'Université, Denis Hurtubise, qui ne siégeait pas au comité, a une autre version des faits. « On nous a dit qu'il y avait au moins deux personnes bilingues sur place, et qu'on aurait même offert à la personne la possibilité de présenter en français. C'est ça qu'on a comme information », a affirmé le vice-recteur.

Danika Dégagné et sa directrice de thèse, qui était à ses côtés lors de sa présentation, rétorquent que c'est faux : « Non, ils m'ont demandé de tout faire en anglais devant un grand comité universitaire ».

Par ailleurs, Danika Dégagné a reçu, en anglais, le compte-rendu de sa présentation devant le comité d'éthique. Elle a même dû demander une traduction, ce qui a retardé le début de ses recherches.

Les professeurs qui siégeaient au comité d'éthique ce jour-là ne nous ont pas rappelés.

Étudiants franco-ontariens

Le Regroupement des étudiants franco-ontariens estime que la Laurentienne aurait pu mettre en péril le projet de l'étudiante en lui demandant de tout traduire sur le champ. « C'est une injustice vraiment pour les francophones, parce que c'est non seulement une question de langue, mais aussi d'intégrité », explique Samantha Puhala.

L'Université Laurentienne a récemment reçu une désignation partielle, en vertu de la Loi sur les services en français, mais celle-ci n'encadre pas les comités universitaires. Cette responsabilité revient plutôt à sa politique de bilinguisme, mais encore doit-elle être respectée.

Le commissaire aux services en français est en train de déterminer s'il y a matière à faire enquête.

Avec le reportage d'Hugo Duchaine.

Ontario

Société