•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une catastrophe de trop pour la Malaisie

Les nièces du capitaine du vol MH17, Wan Amran, arrivent à l’aéroport international de Kuala Lumpur.

Les nièces du capitaine du vol MH17, Wan Amran, arrivent à l’aéroport international de Kuala Lumpur.

Photo : Reuters Photographer / Reuter

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pendant que les recherches pour retrouver le vol MH370 se poursuivent, la Malaysia Airlines doit gérer une nouvelle crise avec l'écrasement d'un autre avion. En plus de raviver des blessures au sein de la population malaisienne et des familles des victimes, l'écrasement du vol MH17 risque de sonner le glas du transporteur national malaisien.

La population malaisienne est bouleversée par la nouvelle tragédie qui frappe son transporteur national. « Je viens juste d'entendre cette terrible nouvelle », a écrit la championne de badminton et sportive la plus célèbre de Malaisie, Lee Chong Wei, sur son compte Twitter. « Je ne pense pas que nous soyons prêts à accepter une telle chose si peu de temps après la tragédie du MH370. »

Les deux catastrophes successives sèment le doute dans l'esprit des Malaisiens, qui considèrent leur pays comme un bastion de stabilité dans une région souvent perturbée, a notamment déclaré un dirigeant du principal institut de sondage du pays, Ibrahim Suffian. « Les Malaisiens ont toujours échappé aux calamités et aux tragédies, soutient-il. Les typhons, les séismes, les guerres, ça n'était pas pour nous, mais pour l'Indonésie, la Birmanie ou les Philippines. Mais maintenant, ce sentiment de sécurité est fragilisé. »

Les secouristes préparent la récupération des restes des 298 passagers qui se trouvaient à bord du Boeing 777 du vol MH17 de la Malaysia Airlines. Parmi eux figurent 43 Malaisiens.

L'avion, qui s'est disloqué en vol selon des témoins, aurait été abattu par un missile sol-air, selon l'hypothèse privilégiée par les spécialistes de l'aviation. Les débris de l'avion sont éparpillés sur des kilomètres carrés dans une campagne ukrainienne.

Le drame n'est toutefois pas uniquement malaisien, puisque plus de la moitié des passagers – 189 des 298 passagers – sont d'origine néerlandaise. Plusieurs membres des familles des passagers néerlandais sont réunis dans un hôtel d'Amsterdam. La Malaysia Airlines assume l'hébergement des proches des victimes en plus de leur verser 5000 $ pour leur permettre de couvrir leurs dépenses initiales. 

Incertitude pour la Malaysia Airlines

Malaysia Airlines pourra-t-elle continuer à opérer?

Avec la perte d'un deuxième appareil en moins de six mois, la Malaysia Airlines se retrouve à l'origine d'une triste première dans l'histoire de l'aviation. Une situation dont elle pourrait avoir du mal à se relever, puisque la société avait des difficultés financières avant même les deux catastrophes.

Elle avait essuyé des pertes de 300 millions de dollars au cours des trois dernières années.

Pour ajouter à ces difficultés financières, la disparition du vol MH370 a fait perdre des clients, dont nombre de Chinois, à la Malaysia Airlines. Et, bien qu'elle soit l'un des transporteurs les plus sécuritaires en Asie, de nombreux autres clients pourraient faire de même à la suite de cette nouvelle tragédie.

Les effets de l'écrasement se font déjà sentir en bourse, où le titre du transporteur malaisien a perdu 10 % de sa valeur depuis l'écrasement.

La compagnie critiquée pour ses choix de corridor

Des avions de la Malaysia Airlines à l'aéroport international de Kuala Lumpur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des avions de la Malaysia Airlines à l'aéroport international de Kuala Lumpur.

Photo : Reuters Photographer / Reuter

Accusée de désorganisation et d'amateurisme lors de la disparition du vol MH370, la Malaysia Airlines prête une nouvelle fois le flanc à la critique. Cette fois, c'est le corridor de vol emprunté par la société qui suscite les questions. Pourquoi la Malaysia Airlines continuait-elle de survoler cette zone de conflit alors que d'autres sociétés avaient, par mesure de sécurité, modifié leur trajectoire depuis plusieurs semaines ?

Le premier ministre malaisien Najib Razak a défendu la compagnie nationale en soulignant que la route avait été déclarée « sûre » par l'Organisation internationale de l'aviation civile (OACI). « Et l'association internationale du transport aérien a indiqué que l'espace traversé par l'appareil n'était sujet à aucune restriction », a-t-il ajouté.

Éviter l'espace aérien ukrainien, qui se trouve sur la route entre l'Europe et l'Asie, prolonge la durée des vols et augmente la facture en carburant. Les deux facteurs font grimper les coûts d'exploitation des transporteurs aériens, une situation difficile à absorber pour un transporteur qui éprouve déjà des difficultés financières.

Avec les informations de Agence France-Presse

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !