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Vol MH17 : le Conseil de sécurité réclame une enquête immédiate

Un séparatiste prorusse regarde les débris de l'appareil.

Un séparatiste prorusse regarde les débris de l'appareil.

Photo : MAXIM ZMEYEV / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, faisant écho aux nombreuses demandes de la communauté internationale, réclame une enquête indépendante et un accès immédiat des enquêteurs au site de l'écrasement du vol MH17 de la Malaysia Airlines.

En réunion d'urgence vendredi matin, les membres du Conseil de sécurité ont adopté à l'unanimité une résolution réclamant une « enquête internationale exhaustive, minutieuse et indépendante » sur l'écrasement de l'appareil.

Le Conseil a également demandé aux forces ukrainiennes et prorusses un libre accès immédiat et sécuritaire pour tous les enquêteurs au site de l'écrasement afin que les responsabilités soient établies dans cette affaire. Le court texte rédigé par la Grande-Bretagne est non contraignant.

Des hommes armés ont empêché vendredi une vingtaine d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) de travailler sur le site. 

Michael Bociurkiw, un porte-parole canadien de l'OSCE, a dénoncé « l'impolitesse » et « le manque de professionnalisme » de ces hommes armés, dont certains semblaient « légèrement ivres ». L'un de ces hommes armés a même tiré en l'air, apparemment pour écarter des civils, a-t-il dit.

Les observateurs n'ont pas pu établir un corridor de sécurité pour accéder au site. « Ils n'ont pas eu les possibilités d'accès qu'ils attendaient. Ils n'ont pas la liberté de mouvement nécessaire pour faire leur travail. Le site n'est pas bouclé », a déclaré Thomas Greminger, représentant permanent de la Suisse auprès de l'OSCE.

M. Greminger a précisé qu'une équipe de 17 observateurs de l'OSCE était restée sur place 75 minutes vendredi et avait finalement décidé de retourner à Donetsk. Elle
tentera samedi de revenir sur le site.

L'Agence européenne de sécurité aérienne a pour sa part « recommandé fortement » vendredi d'éviter le survol de l'est de l'Ukraine et celui de la Crimée. Plusieurs compagnies aériennes ont décidé d'éviter la région dès jeudi.

Sur les lieux du drame, les recherches de victimes se poursuivent. Jusqu'ici, les corps de 182 des 298 passagers ont été retrouvés. Les drapeaux sont en berne aux Pays-Bas, d'où venait plus de la moitié des victimes.

La communauté internationale réclame un cessez-le-feu

Le président américain Barack Obama exhorte Moscou, les séparatistes et Kiev à décréter rapidement un cessez-le-feu pour permettre la récupération des corps et faciliter la tenue d'une enquête. En Europe, plusieurs nations ont joint leur voix à celle des États-Unis.

« Nous devons entamer une enquête indépendante le plus vite possible. Pour cela, un cessez-le-feu est indispensable et il est important que les responsables soient traduits en justice. »

— Une citation de  Angela Merkel, chancelière de l'Allemagne

Le président russe Vladimir Poutine a aussi invité les insurgés prorusses et le gouvernement ukrainien à décréter une trêve et à ouvrir le plus tôt possible des négociations de paix.

Le chef de la « république autoproclamée » de Donetsk, Alexandre Borodaï rejette l'idée. « Il n'est pas question d'un cessez-le-feu, mais nous laisserons les experts accéder au lieu de la catastrophe », a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse.

La deuxième boîte noire retrouvée

Les secouristes ont retrouvé vendredi la seconde boîte noire de l'avion de la Malaysia Airlines. Les séparatistes prorusses avaient déclaré jeudi qu'ils avaient récupéré le premier enregistreur du Boeing.

Le gouvernement russe a par ailleurs démenti avoir l'intention de s'approprier les boîtes noires de l'appareil, comme l'avait laissé entendre Kiev plus tôt.

« Malgré ce qu'en dit Kiev, nous n'avons pas de plans pour nous accaparer les boîtes noires. Nous ne prévoyons pas violer les normes internationales dans ce genre de situation », a assuré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Kiev et Moscou continuent de s'accuser

Depuis l'écrasement du vol MH17, le gouvernement ukrainien et les séparatistes prorusses se rejettent à tour de rôle la responsabilité du tir de missile qui aurait atteint l'avion à 30 000 pieds d'altitude.

Vendredi matin, un porte-parole du Conseil de sécurité ukrainien a assuré que toutes les batteries de missiles capables d'atteindre un avion à cette altitude sont dans les armureries et qu'aucun d'eux ne manque dans les arsenaux.

Kiev ajoute n'avoir déployé aucune de ces batteries dans ses opérations de lutte « antiterroriste » dans l'est du pays, car les insurgés ne disposent d'aucune couverture aérienne, ce qui rend l'utilisation de ces missiles sol-air inutile.

Les forces séparatistes prorusses accusent de leur côté l'armée ukrainienne d'avoir procéder au tir dans le but de les discréditer. La publication, jeudi après-midi, par des officiers des forces prorusses sur leur page Facebook d'un message affirmant qu'ils venaient d'abattre un avion, sème toutefois des doutes.

Accusé d'équiper et de soutenir les forces prorusses, Moscou nie toute implication dans la tragédie.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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