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Les séparatistes prorusses auraient pu abattre l'avion malaisien par erreur

Un rebelle russe prend des photos su site de l'écrasement d'un avion malaisien.

Un rebelle russe prend des photos su site de l'écrasement d'un avion malaisien.

Photo : REUTERS/Maxim Zmeyev

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les séparatistes prorusses auraient pu abattre par erreur l'avion malaisien après l'avoir pris pour un appareil militaire ukrainien, d'après des informations publiées sur les sites des insurgés et des conversations interceptées par les autorités ukrainiennes.

Sur sa page Vkontakte (Facebook russe), le ministre de la Défense autoproclamé des séparatistes prorusses, Igor Strelkov, a indiqué que les rebelles avaient abattu un avion de transport militaire ukrainien An-26 à peu près à l'heure et dans la zone de l'écrasement de l'avion de ligne malaisien.

« On vient d'abattre un An-26 près de Snijné, il traîne quelque part derrière la mine Progress », a écrit à 13 h 37 Igor Strelkov. L'homme, qui est également un officier des services de sécurité russe à la retraite, n'a pas précisé comment l'avion avait été abattu.

Snijné est une ville à proximité de l'endroit où l'avion malaisien a été abattu vers 13 h 20 (GMT) dans la région de Donetsk, une zone contrôlée par les séparatistes prorusses. 

Igor Strelkov a aussi publié une vidéo montrant de la fumée noire émanant de l'endroit de l'impact. Ces images ressemblent d'ailleurs aux images de l'écrasement de l'avion malaisien publiées sur YouTube.

De plus, les services de sécurité ukrainiens ont publié jeudi soir l'interception de ce qu'ils disent être une conversation entre deux chefs rebelles, parlant du site de l'écrasement:

- « Ce sont les gars du check-point Tchernoukhine qui ont abattu l'avion. Il s'est désintégré dans l'air », dit l'un d'eux, « Major ».
- « Et alors? » demande l'autre, « Grek. »
- « C'est un avion civil à 100% » [...].
- « Y a-t-il des armes? »
- « Non, rien, seulement des affaires civiles. »
- « Des documents? »
- « Il y en a un d'un étudiant indonésien. »

Dans une autre conversation interceptée, un combattant séparatiste aurait dit :

-« C'était un avion de ligne. Il est tombé dans le secteur de Hrabove. Il y a plein de femmes et d'enfants... Mais qu'est-ce qu'il faisait au-dessus de l'Ukraine? »
-« Ça veut dire qu'ils ont fait appel à des espions, a répondu son interlocuteur, Tant pis pour les avions. C'est la guerre. »

Un missile à l'origine de l'attaque

Des experts du renseignement américain ont confirmé jeudi soir que l'avion a bel et bien été abattu par un missile sol-air, mais ne pouvaient pas préciser si le missile avait été tiré par l'Ukraine ou par des rebelles prorusses. 

Kiev et Moscou se sont mutuellement accusés d'être responsables de cet écrasement.

Le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko a affirmé, quelques heures avant l'écrasement, que les rebelles à Snijné avaient en leur possession des systèmes Buk « destinés à abattre avions et hélicoptères à petite et moyenne altitude ».

Pour leur part, les rebelles ont répliqué, sur le compte Twitter officiel de la République de Donetsk, qu'ils avaient saisi, d'une unité ukrainienne, ce même type de missiles, qui sont capables d'atteindre des cibles à une altitude de 25 kilomètres. Le message a ensuite été effacé. 

Bavure possible, selon un expert

Un missile Buk M2, en Russie, en 2010.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un missile Buk M2, en Russie, en 2010.

Photo : Mikhail Metzel

Selon des experts, abattre un avion commercial à plus de 10 000 mètres d'altitude est techniquement possible avec des missiles Buk (sol-air) de fabrication russe. Ces missiles, surnommés SA11 par l'OTAN, sont propulsés à une vitesse de 3000 km/h et ils contiennent plus de 68 kilogrammes d'explosifs. 

L'Ukraine ainsi que les insurgés prorusses disposent de tels missiles.

Toutefois, ces appareils sont très sophistiqués et ils doivent être maniés délicatement, selon Gaston Côté, brigadier général à la retraite des Forces canadiennes. Bien qu'ils soient assez autonomes, il faut savoir viser précisément la cible.

Donc, l'option d'une bavure demeure réelle, puisqu'on ne sait pas si les troupes prorusses sont suffisamment qualifiées, selon M. Côté. 

Ces missiles sont assez imposants pour qu'ils laissent des traces sur les satellites, affirme M. Côté. C'est d'ailleurs de cette façon que les États-Unis ont pu confirmer que l'appareil avait été abattu. M. Côté estime qu'il sera possible, avec une recherche approfondie, de déterminer l'endroit où a été projeté le missile, ce qui donnera des indices sur les responsables de l'attaque.

Selon un membre de l'administration américaine ayant requis l'anonymat, Washington soupçonne fortement les séparatistes d'être responsables du tir.

Ferry De Kerckhove, ancien diplomate canadien qui a été en poste à Moscou pendant trois ans, croit au scénario de l'erreur. « Il ne fait aucun doute que ce doit être les insurgés, a-t-il déclaré au Téléjournal. Il n'y a aucun intérêt pour le gouvernement ukrainien de provoquer une crise majeure. »

« Il est fort probable que les insurgés aient vu un avion de reconnaissance ou une menace du gouvernement ukrainien et qu'ils se soient rendu compte après qu'ils avaient commis une erreur d'identification », a-t-il expliqué. Selon M. De Kerckhove, le geste n'était probablement pas délibéré. « Il serait étonnant que les insurgés aient commis un geste qui leur met à dos la communauté internationale. »

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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