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Les Argentins fiers de leurs héros, même vaincus

Une foule d'amateurs accueille les joueurs argentins à leur retour au pays lundi.

Une foule d'amateurs accueille les joueurs argentins à leur retour au pays lundi.

Photo : Getty Images / MAXI FAILLA

Agence France-Presse

Les Argentins, fiers de leur équipe vice-championne du monde, ont réservé lundi un hommage reconnaissant à leurs héros, avant qu'un quotidien fait d'inflation, de bataille sur la dette et de récession reprenne ses droits.

L'Argentine a certes été battue par l'Allemagne en finale du Mondial, mais elle n'a pas pour autant renoncé à célébrer une honorable 2e place sur le podium.

Il faut dire qu'après trois défaites en quart de finale (1998, 2006, 2010) et deux éliminations précoces en 1994 (huitièmes de finale) et 2002 (premier tour), la finale du 13 juillet 2014 a un parfum de victoire.

Lundi, des dizaines de milliers de personnes se sont pressées pour saluer les 23 joueurs et le sélectionneur Alejandro Sabella.

« Nous sommes venus apporter notre soutien à la sélection, car ils ont tout donné pour nous. Ils méritent notre soutien. Hier, nous avons beaucoup pleuré, mais nous sommes quand même allés faire la fête. Ça a été dur, triste », résume Matias Ruiz, un étudiant de 17 ans, à l'aéroport.

« Olé, olé, olé, chaque jour je t'aime un peu plus/je suis Argentin, c'est un sentiment/je ne peux pas m'en empêcher... », chantaient les partisans, portant pour la plupart un maillot bleu ciel et blanc de la sélection.

À la sortie de l'avion en fin de matinée, les joueurs avaient la mine basse. La défaite de la veille à du mal à passer. Quand ils sont arrivés au centre d'entraînement de la fédération argentine, près de l'aéroport, ils ont commencé à esquisser des sourires en saluant les supporteurs venus les applaudir.

« Nous sommes venus pour les accueillir, car je voulais que mon fils puisse vivre ça, c'est la joie qui nous mobilise. J'ai vécu le Mondial de 1978 pendant la dictature et c'était vraiment différent. On voulait aller au Brésil, mais on n'a pas pu », témoigne Noemi Villafane, une femme de ménage de 48 ans.

« Bienvenue les champions », disait une pancarte confectionnée par la quadragénaire.

À l'aéroport, le long de l'autoroute qui mène à la capitale, et dans le centre de Buenos Aires où une scène avait été dressée avant que le rendez-vous soit annulé, des milliers de personnes se sont rassemblées pour féliciter l'équipe.

Dimanche soir, après la finale perdue, des dizaines de milliers de personnes, souvent en larmes, avaient convergé vers l'obélisque, le point névralgique des célébrations à Buenos Aires.

Après trois heures de fête dans une ambiance familiale et bon enfant, des incidents ont opposé la police à des groupes marginaux de casseurs. La police a procédé à 100 interpellations et 70 blessés ont été dénombrés, dont 15 policiers.

« La fête est finie », plaisante Juan Garcia, un avocat de 44 ans.

Après un mois de Mondial avec un rythme de matchs en plein après-midi synonyme de journées de travail allégées, le pays reprenait progressivement son rythme habituel.
Les parlementaires ont le plus souvent observé une trêve politique, remettant nombre de débats après le Mondial.

« Les questions qui préoccupent la société ne disparaissent pas pendant le Mondial, mais leur valeur relative est inférieure », observe le sociologue argentin Ricardo Rouvier.

« Les gens, dit-il, vont progressivement descendre [sur terre] et se préoccuper davantage de questions comme celle de la négociation très délicate avec les fonds vautours, même si l'intérêt vient plutôt de secteurs économiques, politiques [...], du processus inflationniste et de la chute progressive du pouvoir d'achat. »

L'Argentine ne dispose plus que de deux semaines pour solder, au 30 juillet, son différend avec des fonds « vautours » remontant à la faillite du pays, en 2001, et éviter un défaut de paiement. Une décision judiciaire oblige Buenos Aires à rembourser 1,33 milliard de dollars à ces fonds et l'empêche d'honorer les échéances de dette tant que le litige n'est pas résolu.

Au jour le jour, c'est toutefois l'inflation de plus de 20 % depuis 6 ans et la récession qui inquiètent les Argentins.

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