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Moscou envisage des frappes ciblées en Ukraine

Un soldat ukrainien, dans la région de Donetsk, à la recherche de mines.
Un soldat ukrainien, dans la région de Donetsk, à la recherche de mines. Photo: GENYA SAVILOV
Radio-Canada

L’Ukraine et la Russie s'accusent mutuellement de raviver les tensions après qu'un avion militaire ukrainien ait été abattu lundi, tandis que le Kremlin évalue la possibilité d'exécuter des frappes ciblées en Ukraine.

Un avion de transport militaire ukrainien a été abattu par une roquette lundi, selon le ministre de la Défense du pays. Les huit personnes à bord ont réussi à s'en sortir indemnes, a-t-il confirmé. Des rebelles prorusses dans l'est de l'Ukraine se sont immédiatement attribué la responsabilité de l'élimination de l'Antonov-26, mais le ministre ukrainien de la Défense, Valeriy Heletey, a soutenu que la roquette pourrait avoir été tirée à partir de la Russie.

L'armée ukrainienne a ajouté qu'elle avait effectué cinq tirs aériens ciblés dans la ville de Louhansk afin de contrer le blocage d'un aéroport stratégique par les insurgés prorusses.

Pour sa part, le président ukrainien Petro Porochenko a accusé la Russie d’aider les séparatistes prorusses, tandis que le Kremlin évalue la possibilité d’exécuter des frappes ciblées en Ukraine.

La Russie évoque ce scénario après le tir d’un obus qui a fait une victime en territoire russe, dimanche, dans la région de Rostov. Moscou affirme que l’armée ukrainienne est responsable de ce tir. « Notre patience a ses limites », a déclaré une source proche du gouvernement.

Dimanche, le vice-président de la chambre haute du Parlement russe, Evgueni Bouchmine, avait déjà plaidé en faveur de tirs ciblés : « Il faut utiliser des armes de précision [...]  pour détruire ceux qui ont lancé cet obus », avait-il déclaré.

L'Ukraine a nié être responsable de l'incident. Elle accuse les séparatistes prorusses d'avoir tiré eux-mêmes sur la Russie pour pouvoir, par la suite, accuser les militaires ukrainiens.

De son côté, la Russie a de nouveau augmenté ses effectifs à la frontière; il y aurait désormais 10 000 à 15 000 militaires déployés sur le terrain, selon un responsable de l'OTAN.

Moscou tend la main aux observateurs de l'OSCE

Le ministère des Affaires étrangères russes a également invité l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à envoyer des observateurs à la frontière ukrainienne.

Cette demande, formulée lundi, est « liée à l'aggravation considérable de la situation dans la région du sud-est de l'Ukraine, où Kiev mène une opération armée », a fait savoir le ministère, par voie de communiqué.

Des observateurs de l'OSCE, dépêchés à Louhansk, avaient été kidnappés en mai dernier par les rebelles prorusses, avant d'être libérés à la fin du mois de juin. L'OSCE n'a pas encore répondu à l'invitation de la Russie.

Le Canada envoie des renforts dans la région

Le gouvernement Harper, qui a rapidement et fermement manifesté son soutien envers Kiev dans le conflit qui l'oppose à Moscou, a déployé 120 soldats en Europe centrale et orientale, lundi, afin d'appuyer la mission de l'OTAN en Ukraine.

L'armée n'a pas voulu préciser la destination exacte des militaires canadiens.

Ces soldats font partie du 3e Bataillon du Royal Canadian Regiment; ils prendront la relève d'un contingent du 3e Bataillon du Princess Patricia's Canadian Light Infantry, qui avait été déployé en Pologne plus tôt au printemps.

L'Ukraine, déchirée entre l'Est et l'Ouest. Notre dossier
Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, BBC, et La Presse canadienne

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