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Gaza : le Hamas rejette le cessez-le-feu proposé par l’Égypte

Une fusée éclairante au-dessus du nord de la bande de Gaza

Photo : Amir Cohen / Reuters

Radio-Canada

Tandis que le bilan des victimes un sommet de 186 morts dans la bande de Gaza, une offre de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas a été mise sur la table par l'Égypte, mais a vite été rejetée par le Hamas.

Saluée par les États-Unis, la Ligue arabe et le président de l'Autorité palestinienne, la trêve proposée par Le Caire impliquerait un « arrêt total des hostilités aériennes, maritimes ou terrestres » et mènerait à des négociations. Elle entrerait en vigueur mardi à 6 h, ce qui coïnciderait avec la venue du secrétaire d'État américain John Kerry, attendu en sol égyptien dans la journée. 

Le cabinet de sécurité d'Israël se réunira mardi pour « examiner sérieusement » la proposition égyptienne, a indiqué un responsable israélien. Selon un correspondant diplomatique du quotidien Haaretz, le premier ministre Benyamin Nétanyahou serait disposé à accepter un cessez-le-feu.

Mais de son côté, le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a rapidement rejeté l'initiative de cessez-le-feu. Le mouvement islamiste dit exclure toute trêve qui n'irait pas de pair avec un accord complet sur le conflit qui l'oppose à l'État hébreu.

En temps de guerre, on ne cesse pas le feu pour ensuite négocier.

Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas

Plus tôt, l'État hébreu et le Hamas avaient posé leurs conditions préalables à un cessez-le-feu, tous deux se montrant peu enclins à faire les premiers pas vers une trêve.

Le Hamas réclame :

  • l'arrêt des bombardements;
  • la fin du blocus de Gaza qui remonte à 2006;
  • l'ouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Égypte;
  • la libération des prisonniers arrêtés de nouveau après avoir été libérés dans le cadre de l'échange pour la libération du soldat israélien Gilad Shalit, en 2011.

« Rien de moins ne sera accepté », a déclaré Mouchir Al-Masri, porte-parole du Hamas à Gaza.

De son côté, le premier ministre israélien a promis de frapper le Hamas – qu'il accuse d'utiliser la « population comme « bouclier humain » – « avec de plus en plus d'intensité ». Israël réclame la fin des tirs de roquettes avant de parler d'un cessez-le-feu.

Nous allons continuer à frapper le Hamas et les autres organisations terroristes, jusqu'à ce que la sécurité des Israéliens soit assurée.

Moshe Yaalon, ministre israélien de la Défense

Lors du conflit de 2012, l'offensive israélienne dans la bande de Gaza avait pris fin grâce à la médiation de l'Égypte, qui était toutefois dirigée, à cette époque, par les Frères musulmans. Ces derniers ont été chassés du pouvoir depuis et ils sont persona non grata dans leur propre pays.

Comprendre la crise à Gaza en 5 questions

Les morts s'accumulent

En ce septième jour des bombardements sur la bande de Gaza et des tirs de roquettes palestiniens, le nombre de victimes palestiniennes s'élève maintenant à 186 morts et près de 1300 blessés. Ce bilan dépasse celui de l'offensive de novembre 2012.

La majorité des victimes sont des civils et le quart sont des enfants, selon le Centre palestinien pour les droits de l'homme.

Dimanche environ 17 000 Palestiniens ont évacué la bande de Gaza, répondant à l'alerte lancée par Israël, qui annonçait des bombardements massifs dans leur direction.

Du côté israélien, une vingtaine de roquettes palestiniennes ont visé le territoire israélien, lundi, faisant un blessé léger à Ashdod. Plus de 800 roquettes ont atteint le territoire israélien depuis une semaine, faisant 4 blessés graves.

Pour la première fois depuis le début des hostilités mardi, Israël aurait été atteint par une roquette en provenance de la Syrie. L'armée israélienne a immédiatement répliqué par des tirs en direction de cibles syriennes.

Israël affirme aussi que plusieurs roquettes ont été tirées en provenance du Liban, bien que ces tirs n'aient pas été revendiqués. Une de ces roquettes est atterrie lundi sur le nord d'Israël. Il s'agit de la quatrième roquette libanaise tirée depuis mardi­ dernier.

« Certains, en face, cherchent à faire monter la tension à la frontière. Cela ne nous surprend pas, nous nous y étions préparés, nous savions que les combats de Gaza auraient des retombées dans d'autres secteurs », a affirmé le porte-parole de l'armée israélienne à la radio militaire.

Les grandes dates du conflit israélo-palestinien

Une nouveauté : les drones

L'armée israélienne a également abattu un drone palestinien, dont les débris sont tombés près d'Ashdod. Un missile Patriot a intercepté le drone palestinien dans ce qui s'avère être la première utilisation d'un avion sans pilote par les mouvements palestiniens. Ces derniers soutiennent avoir lancé plusieurs drones au-dessus du territoire israélien pour des « missions spéciales ».

« Le Hamas cherche l'exploit à n'importe quel prix », a déclaré le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon.

La diplomatie à l'oeuvre

Sur la scène diplomatique, le secrétaire d'État américain, John Kerry, a de nouveau proposé la médiation américaine dans le but de parvenir à une trêve. La France et l'Allemagne ont fait de même sans toutefois susciter d'intérêt. 

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, s'est proposé pour agir à titre de médiateur entre Israël et le Hamas.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, s'est proposé pour agir à titre de médiateur entre Israël et le Hamas.

Photo : Heinz-Peter Bader / Reuters

Ni Washington ni les Européens ne sont toutefois disposés à négocier avec le Hamas, qu'ils considèrent comme un mouvement terroriste. 

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, redoute qu'une éventuelle opération terrestre n'alourdisse le bilan des victimes du conflit, une crainte partagée par la Maison-Blanche. Washington s'est toutefois refusé à critiquer son allié israélien, réitérant le « droit » et la « responsabilité » de ce dernier à protéger ses citoyens contre les tirs de roquettes du Hamas.

De son côté, la Ligue arabe exhorte la communauté internationale à protéger la population de la bande de Gaza, reprenant la demande du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de « placer officiellement l'État de Palestine sous le régime de protection internationale de l'ONU ».

Réponse canadienne

Le ministre des Affaires étrangères canadiennes, John Baird, a également participé aux efforts internationaux en téléphonant à son homologue égyptien. M. Baird lui a demandé d'intercéder auprès du Hamas pour qu'ils cessent les tirs de roquettes sur Israël. Le ministre a réitéré la position canadienne, qui soutient qu'Israël a le droit de se défendre contre des agressions terroristes.

Ottawa a annoncé que 47 ressortissants canadiens avaient quitté Gaza pour la Jordanie, en raison de la détérioration de la situation sur le terrain.

Le gouvernement annonce également que sa capacité à offrir de l'aide consulaire à Gaza devient « de plus en plus limitée ». Ottawa a recommandé aux citoyens canadiens de quitter Gaza le 9 juillet dernier.

Israël-Palestiniens, les racines d'un conflit. Consultez notre dossier.
Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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