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L'aviation israélienne intensifie ses raids sur Gaza

Une Palestinienne fuit un bombardement avec son enfant dans les bras dans la ville de Gaza.

Une Palestinienne fuit un bombardement avec son enfant dans les bras dans la ville de Gaza.

Photo : Ahmed Zakot / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'épreuve de force entre le Hamas palestinien et Israël a monté d'un cran jeudi. Malgré l'appel de l'ONU à un cessez-le-feu, les bombardements israéliens se sont poursuivis pour une troisième journée, causant un nombre croissant de victimes. On rapportait aussi de nombreux tirs de roquettes à partir de Gaza. 

Plus de 30 Palestiniens ont été tués jeudi à Gaza dans des frappes de l'aviation israélienne, portant à environ 90 le bilan des morts dans les raids en trois jours. L'armée de l'air a pilonné 110 « sites terroristes », portant à 860 le nombre de ses raids depuis le déclenchement de l'opération.

De leur côté, le Hamas et le Djihad islamique allié ont lancé quelque 150 roquettes vers Israël. Il n'y a toutefois pas eu de victime du côté israélien au cours de la journée.

Les sirènes ont de nouveau retenti dans la soirée à Jérusalem, située à 80 km de la bande Gaza, avant une série de puissantes explosions. Deux roquettes sont tombées dans des zones inhabitées, selon des témoins. Des roquettes ont aussi été interceptées par le système antimissile israélien. Tel-Aviv avait essuyé des attaques similaires en début de journée

Au cours de la nuit de mercredi à jeudi, l'aviation israélienne a ciblé la région densément peuplée de Khan Younès, dans le sud de l'enclave palestinienne, faisant plusieurs victimes, dont des femmes et des enfants.

L'armée israélienne a qualifié de « tragédie » ces pertes de vies tout en précisant qu'elle ciblait un cadre d'une organisation armée et qu'elle a donné un ordre d'évacuation avant la frappe. Une justification qui ne convainc pas l'organisme humanitaire Human Rights Watch (HRW). « Lancer un avertissement n'absout pas la partie attaquante de ne cibler que des objectifs militaires ou de s'abstenir de toute attaque si les pertes et les dégâts civils anticipés sont disproportionnés », a déclaré HRW.

Témoignages de Gaza et Tel-Aviv

Écoutez les témoignages livrés depuis Gaza et Tel-Aviv à l'émission Pas de midi sans info (Nouvelle fenêtre) par Ziad Medoukh, auteur et directeur du département de français de l'Université Al-Aqsa, et Nadia Ellis, chercheuse à l'Université de Tel-Aviv et auteure d'un blogue sur le site du Times of Israël.

Ban Ki-moon appelle à un cessez-le-feu immédiat

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, estime qu'il est plus urgent que jamais d'éviter une autre guerre entre Israéliens et Palestiniens et a exhorté les deux parties à observer un cessez-le-feu immédiat.

Lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, Ban Ki-moon a indiqué que la menace d'une offensive terrestre israélienne et une escalade tous azimuts dans la bande de Gaza pouvaient être évitées seulement si le Hamas cesse ses tirs de roquettes et de mortiers.

Le secrétaire général de l'ONU a aussi envoyé un message à Israël, affirmant que « l'usage excessif de la force et la menace sur les civils étaient aussi intolérables ».

Les Palestiniens invoquent la convention de Genève à l'ONU

Les civils doivent être protégés dans les territoires palestiniens, a fait valoir Riad Mansour, ambassadeur de l'Autorité palestinienne devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Cette protection doit être assurée conformément à la convention de Genève, l'un des 14 traités internationaux auxquels l'Autorité palestinienne a adhéré cette année.

Les grandes dates du conflit israélo-palestinien

En dépit des pertes de vie, l'armée israélienne et le Hamas ne semblent pas enclins à cesser les hostilités. Israël soutient que le Hamas doit cesser le tir de roquettes de Gaza avant que l'État ne consente à considérer une trêve. 

« Les résultats de Tsahal [nom donné à l'armée israélienne] sont pour l'instant significatifs et nous allons continuer d'attaquer le Hamas et les autres organisations terroristes », s'est félicité le ministre de la Défense Moshé Yaalon. « Le Hamas subit des dégâts très importants et va continuer d'en subir dans les jours à venir avec toute la force qu'il faudra tant que le calme ne sera pas revenu dans le sud du pays », a martelé M. Yaalon.

Des secouristes s'affairent dans les ruines d'une maison de Khan Younès, dans la bande de Gaza, détruite par un bombardement israélien, selon les services de police.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des secouristes s'affairent dans les ruines d'une maison de Khan Younès, dans la bande de Gaza, détruite par un bombardement israélien, selon les services de police.

Photo : Ibraheem Abu Mustafa / Reuter

Obama se propose comme médiateur

Le président américain, Barack Obama, a proposé jeudi à Benyamin Nétanyahou sa médiation pour l'instauration d'un cessez-le-feu, disant craindre une escalade des affrontements qui aurait un impact dans toute la région.

Le premier ministre israélien a de son côté exclu tout cessez-le-feu. « Nous ne parlons avec personne en ce moment de cessez-le-feu, ce n'est pas à l'ordre du jour », a déclaré M. Nétanyahou lors d'une réunion de la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, selon le quotidien Haaretz.

M. Nétanyahou résiste toutefois à son aile radicale, qui réclame que le gouvernement israélien coupe l'approvisionnement en électricité à la bande de Gaza. « Nous ne pouvons pas nous conduire comme la Russie en Tchétchénie », a-t-il dit, toujours selon le Haaretz.

M. Nétanyahou a d'ailleurs reçu le soutien des dirigeants américains et européens. Le président français François Hollande a notamment exprimé la « solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza ».

Préparatifs pour une intervention au sol

L'armée israélienne a rappelé quelque 20 000 réservistes et n'exclut pas une opération terrestre contre Gaza. Une telle éventualité mènerait toutefois à de lourdes pertes palestiniennes tout en mettant les soldats israéliens en danger. Un porte-parole de l'armée israélienne, le lieutenant-colonel Peter Lerner, soutient que l'armée tente de maximiser l'opération aérienne en ciblant des réseaux de tunnels et les sites de lancement de roquettes. « L'opération terrestre doit demeurer une opération de dernier recours et être déployée seulement en cas d'extrême nécessité », a déclaré M. Lerner. Il s'agit d'un plan d'action minutieusement préparé. »

Ce nouvel embrasement dans le conflit israélo-palestinien survient à la suite du meurtre de trois adolescents juifs en Cisjordanie et celui d'un jeune Palestinien à Jérusalem-Est. Les deux événements ont provoqué une nouvelle escalade de violence dans laquelle les tirs de roquettes palestiniennes et les bombardements israéliens sur la bande de Gaza se sont multipliés au cours des derniers jours.   

Quelque 75 Palestiniens sont morts depuis le début, il y a trois jours, de l'offensive israélienne « Bordure de protection ». L'aviation israélienne a visé quelque 750 cibles depuis le début des frappes. De son côté, les militants palestiniens ont lancé des centaines de roquettes en direction d'Israël, ciblant notamment Tel-Aviv, Jérusalem, Haïfa et le site nucléaire de Dimona. Plus de 220 projectiles ont atteint le territoire israélien, depuis le début des hostilités, alors que le système de défense israélien « Dôme de fer » a intercepté au moins 70 projectiles.

Ce nouvel épisode de violence est le plus grave depuis l'opération « Pilier de Défense » en novembre 2012. 

Des Palestiniens inspectent les décombres d'une maison touchée par un missile israélien lancé sur la bande de Gaza, jeudi.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des Palestiniens inspectent les décombres d'une maison touchée par un missile israélien lancé sur la bande de Gaza, jeudi.

Photo : Hatem Moussa/AP

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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