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Affaire Bolduc : le ministre Barrette tire dans tous les sens

Gaétan Barrette lors du point de presse, le 9 juillet 2014

Gaétan Barrette lors du point de presse

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette, a dénoncé mercredi les critiques formulées à l'encontre de son collègue Yves Bolduc, relativement à la controverse entourant ce dernier qui, cumulant les fonctions de médecin et de député alors qu'il était dans l'opposition, a reçu une prime de 215 000 $ pour avoir pris en charge quelque 1500 patients.

« Quand François Legault et Éric Caire disent que c'est impossible, c'est de la foutaise », a-t-il martelé à l'égard de ses opposants de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui ont laissé entendre que la charge de travail liée aux fonctions de député et à la profession de médecin n'était pas réaliste.

« Qualifiez-le de workaholic, Yves Bolduc. Je vais vous le dire, c'est vrai. Mais ne lui reprochez pas d'avoir travaillé au-dessus de la norme. »

— Une citation de  Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette

M. Barrette a dit observer un phénomène générationnel, les médecins de sa génération étant plus portés que les jeunes médecins (Nouvelle fenêtre), selon lui, à travailler de longues heures.

Temps partiel

Gaétan Barrette trouve « ridicule » qu'on cloue au pilori « des gens qui sont capables d'organiser leur vie d'une certaine manière », de façon à pouvoir, par exemple, prendre en charge 1500 patients et exercer les fonctions de député de l'opposition. Pour Gaétan Barrette, Yves Bolduc n'a pas « mis en péril sa fonction de député » en agissant de la sorte.

Sur la question des primes payées aux médecins pour les nouveaux patients, le ministre Barrette rappelle qu'il est déterminé à revoir « la problématique des primes », pour laquelle il a de la « sensibilité », dit-il.

Mais il réitère que le Dr Bolduc a bien agi et qu'une charge de 1500 patients n'est pas excessive. « Pour un médecin comme Yves Bolduc et comme moi à l'époque, c'est du temps partiel », rétorque l'actuel ministre de la Santé, qui explique qu'il n'est pas rare que des médecins ayant 3000 patients à leur charge décident de partir à la retraite.

À lire aussiLe veston de ministre ou le sarrau de médecin? (Nouvelle fenêtre) - Le blogue politique de Sébastien Bovet

Une charge contre Claude Castonguay

Lors d'un point de presse, Gaétan Barrette s'est aussi livré à une charge contre l'ex-ministre de la Santé et père de l'assurance maladie, Claude Castonguay, qui réclame la démission d'Yves Bolduc. Rappelons que M. Castonguay estime qu'Yves Bolduc a profité du système et qu'il n'est donc plus digne d'occuper ses fonctions de ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur. M. Castonguay a envoyé une lettre à ce sujet au premier ministre Philippe Couillard.

M. Barrette dénonce le parallèle qu'aurait établi M. Castonguay entre le comportement de M. Bolduc et la commission Charbonneau. « Un dérapage total », clame Gaétan Barrette.

Dans toute cette affaire, le ministre de l'Éducation Yves Bolduc, qui assiste en ce moment à une conférence en Côte d'Ivoire, affirme avoir agi dans les règles et se défend d'avoir voulu profiter du système en acceptant une prime de 215 000 $ à titre de médecin pour prendre de nouveaux patients, pendant qu'il était député.

Un « grossier personnage », selon l'ex-ministre Castonguay

En guise de réplique, Claude Castonguay affirme que le ministre Barrette a déformé ses propos : « J'ai dit que les gens en avaient assez avec [sic] la commission Charbonneau, je n'ai pas fait de parallèle ». M. Castonguay déclare, de plus, que M. Barrette est « un grossier personnage avec qui il est impossible de discuter ».

De son côté, le député caquiste Éric Caire ne croit pas qu'Yves Bolduc ait fait preuve de collusion ou de corruption. Mais, d'ajouter le député caquiste, « il a profité du système pour s'en mettre plein les poches ». Éric Caire estime que l'affaire prend des proportions inacceptables et il demande au premier ministre Philippe Couillard d'intervenir.

C'est également ce que demande Stéphane Bédard, chef de l'opposition officielle et député de Chicoutimi, qui estime que le premier ministre Couillard doit sortir de son mutisme et rappeler à l'ordre ses ministres Bolduc et Barrette.

Stéphane Bédard demande en outre à Philippe Couillard d'exiger des excuses de son ministre de la Santé.

« M. Barrette a manqué de respect envers ses collègues députés, envers Claude Castonguay et même envers les jeunes Québécois, qui sont tout aussi travaillants que le trio médico-libéral qui dirige actuellement le Québec. »

— Une citation de  Stéphane Bédard, chef de l'opposition officielle
Avec les informations de La Presse canadienne

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