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Feu de forêt à Baie-Johan-Beetz : 1 an après, la cicatrice se referme lentement

Le brasier arrivait aux portes de Baie-Johan-Beetz.

Le brasier arrivait aux portes de Baie-Johan-Beetz.

Photo : Marc-Antoine Mageau

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il y a près d'un an, le village de Baie-Johan-Beetz, en Minganie, a failli partir en fumée.

En juillet dernier, un important brasier a dévasté plus de 500 kilomètres carrés de forêt et s'est approché à moins d'un kilomètre et demi du village. Baie-Johan-Beetz a été épargné par les flammes, mais le club de pêche de la rivière de Watshishou a été ravagé.

Le feu de forêt avait entraîné l'évacuation en pleine nuit de la centaine de résidents, qui se remémorent aujourd'hui les événements.

« On a été chanceux que ce soit juste l'est qui a brûlé, parce que ça s'en venait pour brûler tout le village », se rappelle Jean-Marie Tanguay, gérant du club de pêche de la rivière Watshishou. 

« Quand on a quitté ici, j'ai dit adieu à tout ce que j'avais. »

— Une citation de  Jean-Marie Tanguay

Louis Tanguay, gardien du club de pêche de la rivière Watshishou, près de Baie-Johan-Beetz, a vu son coin de paradis s'envoler en fumée l'an dernier.

Son chalet a été reconstruit, mais la forêt qui bordait la rivière prendra des années à repousser.

« Ça a tout été détruit jusqu'à la mer [...] Ça a été l'enfer. Nous autres, on a été obligés de déménager à Havre-Saint-Pierre quatre jours », explique-t-il.

Intervention tardive de la SOPFEU

La Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) est intervenue le lendemain de l'évacuation du village, soit une semaine après que le feu se fut déclaré à 30 kilomètres au nord de la municipalité.

L'organisme n'avait pas le mandat de protéger ce secteur sans l'autorisation du ministère des Ressources naturelles ou de la Sécurité publique.

La lenteur de l'intervention a fait l'objet de nombreuses critiques.

L'an dernier, le gouvernement Marois a commandé un rapport pour dresser le bilan des interventions de la SOPFEU et de la Sécurité publique.

Le rapport Morneau se fait toujours attendre en Minganie.

Un sentiment d'abandon

Le maire Frédérick GagnonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire Frédérick Gagnon

Photo : Marc-Antoine Mageau

Le maire Frédérick Gagnon estime que sa municipalité a été laissée à elle-même.

« Beaucoup de gens ont un sentiment d'abandon, dit-il. Comme si une population de moins de 100 habitants, on ne valait pas grand-chose. »

« Notre mode de vie n'était pas considéré », mentionne le maire, soulignant que l'amertume demeure.

La vie continue

Un an plus tard, Baie-Johan-Beetz apprend à vivre avec cette cicatrice de 500 kilomètres carrés laissée sur son territoire.

« Les gens se relèvent. On passe à autre chose », affirme le maire Gagnon, malgré la « trace » qu'a laissée l'incendie sur le « décor dévasté » de la région.

En forêt, un mince couvert végétal émerge sous l'épaisse couche d'épines calcinées.

D'après le reportage de William Phénix.

Le mandat de la SOPFEU

La SOPFEU est un organisme privé, financé aux deux tiers par le gouvernement du Québec.

Elle a pour vocation « la protection des forêts contre les incendies en vue d'assurer la pérennité du milieu forestier au bénéfice de toute la collectivité, et cela au meilleur coût possible ». 

Dans sa zone de protection dite « intensive », la SOPFEU intervient systématiquement lorsqu'un incendie est déclaré.

En dehors de cette zone, comme c'est le cas pour la région de Baie-Johan-Beetz, la SOPFEU laisse brûler la forêt, car elle n'a pas de valeur commerciale. L'organisme a tout de même le mandat de protéger vies humaines et infrastructures stratégiques.

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