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Itinérance : les organismes communautaires se disent sous-financés

Le café de rue L'Orignal tatoué, de Joliette, accueille les jeunes de 16-30 ans.
Le café de rue L'Orignal tatoué, de Joliette, accueille les jeunes de 16-30 ans. Photo: L'Orignal tatoué, Joliette
Radio-Canada

Il existe trois types d'itinérance : chronique, cyclique et situationnelle. Sur la Rive-Nord comme dans plusieurs autres régions du Québec, ces trois types d'itinérance sont en augmentation, et les organismes communautaires sont à bout de souffle.

Un texte de Francis LabbéTwitterCourriel

Le principal problème, selon les dirigeants de ces organismes, c'est le financement. « Insuffisant et irrégulier », disent-ils, tout en admettant que dans un contexte de resserrement budgétaire, demander plus d'argent devient ardu. Mais pour eux, c'est une question de survie, à un moment où la demande est grandissante.

« C'est toujours le nerf de la guerre, la question financière », ajoute Bianca Bourbeau, coordonnatrice régionale en itinérance pour Lanaudière. C'est ce qui nous permet d'avoir les ressources humaines nécessaires pour avoir les services adaptés, et compte tenu de la complexité du problème, il faut de multiples réponses. »

Stéphanie Godin, coordonnatrice, L'Orignal tatoué, café de rue à Joliette.Stéphanie Godin, coordonnatrice, L'Orignal tatoué, café de rue à Joliette. Photo : Francis Labbé

« Il faut toujours courir après notre queue pour savoir si l'an prochain on va survivre », lance Stéphanie Godin, coordonnatrice du café de rue L'Orignal tatoué, de Joliette. Dans Lanaudière, en 2103, on estimait à 7 000 le nombre de personnes itinérantes.

L'Orignal tatoué accueille les personnes de 16 à 30 ans qui veulent « prendre une pause de la rue ». Les jeunes qui s'y présentent, souvent des itinérants, y trouvent des personnes ressources qui peuvent les aider à s'en sortir.

« On a vraiment l'impression d'être des services essentiels. On ressent une pression incroyable, il y a une augmentation fulgurante de la fréquentation, les besoins sont de plus en plus grands et on est sous-financés », affirme Stéphanie Godin.

« Parfois, je dois demander à mes intervenants de faire du travail de bureau pour nous aider avec la recherche de subventions », ajoute Émilie Rouleau, directrice générale de L'Écluse des Laurentides, un organisme qui embauche une vingtaine de travailleurs de rue. 

« Pendant qu'ils nous aident à ce chapitre, ils ne sont pas sur le terrain en train d'aider les personnes dans le besoin. Mais il arrive un moment où nous n'avons plus le choix », ajoute Mme Rouleau.

Malheureusement, on aurait besoin de plus d'argent, mais dans la situation actuelle, ce que l'on espère, c'est de ne pas être coupés.

Sandrine Gaudelet, directrice générale de L'Aviron à Laval

L'argent « de Monopoly »

Les organismes communautaires qui viennent en aide aux itinérants ont poussé un soupir de soulagement l'hiver dernier, lorsque le Parti québécois, alors au gouvernement, leur a promis 120 millions de dollars. Mais l'arrivée au pouvoir du Parti libéral a entraîné l'annulation de cette promesse.

« Vous savez, c'était 120 millions d'argent de Monopoly », affirme Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique. « Rien n'avait été provisionné alors que nous, on a injecté 5 millions tout de suite pour les organismes communautaires. »

Sandrine Gaudelet, directrice générale, L'Aviron, Hébergement communautaire, Laval.Sandrine Gaudelet, directrice générale, L'Aviron, Hébergement communautaire, Laval Photo : Francis Labbé

« Nous allons déposer cet automne un plan d'action en itinérance. Il faut trouver des moyens de faire en sorte que les organismes consacrent moins de temps à la recherche de subventions et plus de temps à aider celles et ceux qui en ont besoin », poursuit la ministre. 

Inutile de dire que les organismes communautaires espèrent un financement amélioré et plus stable.

« Notre personnel est la clé de la réussite », ajoute Sandrine Gaudelet, de l'hébergement communautaire L'Aviron, à Laval.

« C'est un travail stressant, beaucoup d'heures, les remplacements sont difficiles et ils ne touchent pas un énorme salaire. Nous ne sommes pas des employeurs très attirants parce que nous demandons beaucoup pour peu d'argent. Il ne faudrait pas que ça s'aggrave », souhaite Mme Gaudelet.


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