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La Colombie craint les excès

Les Colombiens n'ont pas hésité à sortir dans la rue, notamment à Bogota, pour fêter la victoire de leur équipe contre l'Uruguay en huitièmes de finale.

Les Colombiens n'ont pas hésité à sortir dans la rue, notamment à Bogota, pour fêter la victoire de leur équipe contre l'Uruguay en huitièmes de finale.

Photo : Getty Images / GUILLERMO LEGARIA

Agence France-Presse

Sobriété de rigueur, renforts policiers et même vente de mousse à raser interdite : la Colombie espère vivre vendredi sans trop d'excès un moment historique avec le premier quart de finale de Coupe du monde de son histoire contre le Brésil.

L'euphorie est immense dans le pays, galvanisé par la victoire contre l'Uruguay (2-0) samedi dernier. De match en match, de plus en plus de partisans sortent dans les rues, vêtus du maillot jaune de l'équipe.

Le président Juan Manuel Santos, attendu à Fortaleza pour assister à la rencontre, a offert à tous les fonctionnaires un demi-jour férié pour regarder la rencontre. Des milliers de salariés du privé sont aussi autorisés par leur entreprise à délaisser le bureau pour applaudir les exploits de la sélection sur les nombreux écrans géants disposés à Bogota et dans d'autres villes.

« Nous pouvons battre le Brésil. Pour la première fois, nous pouvons aller très loin dans un Mondial. Il ne faut pas laisser passer cette chance », lance à l'AFP Camilo Prieto, un étudiant de 21 ans de Bogota, qui a acheté un maillot pour sa fiancée.

En raison de l'interdiction de consommer de l'alcool, le jeune homme précise qu'il va suivre le match chez des amis et non dans un bar.

La capitale colombienne, comme d'autres municipalités, a reconduit ce qu'on appelle « la loi sèche », afin d'éviter des débordements de joie ou de tristesse des amateurs. Une règle en vigueur depuis le premier match de la Colombie.

Après la victoire dans les huitièmes, la police a enregistré plus de 3200 batailles et 34 personnes blessées dans le pays, dont 5 à Bogota, où la sécurité a été renforcée avec près de 1600 policiers.

D'autres interdictions ont été décrétées, comme celle de vendre dans la rue de la farine ou de la mousse à raser, utilisées pour des manifestations de joie qui se terminent parfois par des altercations avec les passants.

Si à Medellin (nord-ouest), la deuxième ville du pays, l'alcool est autorisé, d'autres villes ont adopté un dispositif encore plus sévère. Certaines ont interdit la circulation à moto ou les caravanes de véhicules, d'autres ont imposé un couvre-feu pour les mineurs après la rencontre.

Les tenanciers de bars ou de restaurants sont les seuls à faire un peu grise mine, car la « loi sèche » n'est pas bonne pour les affaires.

« Le Mondial n'est pas pour nous, mais pour les vendeurs ambulants. Nous affichons des pertes de 80 %, car nous avions remodelé l'établissement, acheté de la nourriture, des boissons, engagé du personnel supplémentaire qui va venir s'occuper de peu de monde », déplore Gustavo Diaz, propriétaire d'un bar dans un quartier branché du nord de Bogota.

« Le Colombien ne veut pas célébrer sans alcool. Et comme on peut seulement proposer des jus et des sodas pendant les matchs de la Colombie, ils préfèrent rester chez eux ou sortir de la ville », souligne ce gérant qui a installé pas moins de 16 caméras dans son commerce et observe avec dépit les vendeurs de rue écouler les maillots ou autres vuvuzelas.

Avec malice, la Fédération des producteurs de cacao a invité la population à célébrer le match autour d'une bonne tasse de chocolat chaud.

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