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Ottawa : les pluies diluviennes entraînent le pire déversement d'eaux usées en 4 ans

Une sortie d'égout sur le bord de la rivière des Outaouais.

Une sortie d'égout sur le bord de la rivière des Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les fortes pluies de la semaine dernière ont eu des conséquences à Gatineau, mais aussi à Ottawa où la Ville a dû déverser des millions de litres d'eaux usées et d'eau de pluie dans la rivière des Outaouais.

Lorsqu'une forte quantité de pluie tombe dans un court laps de temps ou que de la neige fond rapidement, la Ville doit rejeter le trop-plein du système dans la rivière.

Dans ce cas, les systèmes d'évacuation des eaux usées et des eaux de pluie se mélangent et finissent dans le cours d'eau.

C'est ce qui s'est produit le 24 juin dernier où la Ville d'Ottawa indique que 324 millions de litres d'eaux usées et d'eau de pluie ont été rejetés dans la rivière des Outaouais.

Ce volume déversé en une journée, qui équivaut à une centaine de piscines olympiques, est deux fois plus important que la moyenne de ces trois dernières années.

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Une solution coûteuse

Selon le maire d'Ottawa, cette situation montre à quel point la construction de bassins de rétention dans le cadre du Plan d'action pour la rivière des Outaouais, est nécessaire.

« C'est nécessaire de continuer pour nous avec la troisième et la dernière phase du nettoyage de la rivière des Outaouais », soutient Jim Watson.

La Ville d'Ottawa attend toujours des engagements égaux de 65 millions de dollars de la province et du fédéral pour terminer ce projet évalué à 195 millions de dollars.

La réalisation des premières phases a permis la diminution de 80 % des surverses d'égouts unitaires entre 2006 et 2013, mais les problèmes de ces derniers jours démontrent que des efforts restent encore à accomplir.

Une plage sur le bord de la rivière des Outaouais.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le nettoyage de la rivière des Outaouais est une priorité pour le Nouveau Parti démocratique.

Ces incidents se sont produits à 15 reprises depuis le début de l'année 2014. Entre 2006 et 2013, une moyenne de 252 évènements de ce type a eu lieu, avec un pic de 384 déversements en 2009.

À Gatineau, les épisodes de surverses sont encore plus importants même si leur nombre est passé de 1475 à 982 entre 2006 et 2012, soit une diminution de plus de 60 %.

« À Ottawa, quoique moins nombreux, les débordements surviennent à l'usine même et ce sont de grandes quantités d'eaux usées qui aboutissent dans la rivière des Outaouais. De notre côté, les points de surverses inclus dans notre réseau d'égout permettent de délester les surplus en petite quantité, en amont des usines », a indiqué la Ville dans un communiqué.

Sur les 110 points de surverse qui existait à Gatineau en 2009, il en reste aujourd'hui 92. À long terme, la Ville souhaite en supprimer encore une vingtaine. La stratégie actuelle consiste en outre à éliminer progressivement les réseaux combinant eaux pluviales et usées. Par ailleurs un projet-pilote est actuellement en cours afin de déterminer le meilleur système de mesure et de suivi des surverses. Un rapport final sur la question sera publié prochainement.

La qualité de l'eau de baignade compromise

Résoudre le problème de déversement d'eau usée permettrait notamment de diminuer le nombre de fermetures de plages aux abords de la rivière des Outaouais, selon certains organismes de protection de l'environnement.

« Ce qui cause la fermeture des plages, c'est les déversements d'égout non traités dans la rivière. Oui les matières fécales d'oiseaux vont polluer l'eau, mais ce n'est pas comparable », affirme la directrice des opérations au sein de Sentinelle Outaouais, Adèle Michon.

À chaque fois qu'il y a des déversements d'égout non traités, on veut que les citoyens soient au courant pour qu'ils puissent prendre la décision de ne pas se baigner.

Une citation de :Adèle Michon, directrice des opérations au sein de Sentinelle Outaouais
Adèle Michon, directrice des opérations au sein de Sentinelle Outaouais.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Adèle Michon, directrice des opérations au sein de Sentinelle Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Cette dernière déplore que la qualité de l'eau des plages soit seulement testée toutes les deux semaines à Gatineau, conformément à la législation provinciale, alors qu'Ottawa en effectue chaque jour ce qui va plus loin que les exigences ontariennes.

« Cela pose des problèmes parce qu'à l'intérieur d'une semaine, la qualité de l'eau peut changer considérablement selon la quantité de pluie qui aura été reçue », estime Mme Michon.

Elle souhaite que la Ville de Gatineau investisse comme Ottawa afin d'éliminer les épisodes de surverse, mais aussi que la Municipalité fasse preuve de plus de transparence quant à la récurrence de ces évènements.

Sur la rive ontarienne, les bénéfices du Plan d'action pour la rivière des Outaouais se font déjà sentir dans la mesure où les plages d'Ottawa sont demeurées ouvertes 90 % du temps lors de l'été 2013 comparativement à seulement 60 % du temps à l'été 2011. Cependant, dans les trois jours qui ont suivi les fortes pluies du 24 juin 2014, des Avis d'interdiction de baignade ont dû être émis pour toutes les plages d'Ottawa.

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