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Barrette veut évaluer l'impact de l'incitatif dont a bénéficié Bolduc

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, croit qu'il faut évaluer l'impact d'un incitatif qui a permis à son collègue ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, d'empocher 215 000 $ pour prendre en charge 1500 patients, privés de ses services de médecin de famille lorsque les libéraux ont été reportés au pouvoir au printemps.

M. Barrette a affirmé que les effets à long terme de cet incitatif devront être examinés dans le cadre de la refonte de la gestion des groupes de médecins de famille.

Durant son séjour dans l'opposition, après la défaite de septembre 2012 qui a porté le Parti québécois au pouvoir, M. Bolduc a repris du service comme médecin dans une clinique privée de Québec, où il a bénéficié d'un incitatif totalisant 215 000 $ pour prendre en charge des patients qui étaient sur une liste d'attente parce qu'ils n'avaient pas de médecin de famille, a révélé Le Soleil jeudi.

Jeudi, M. Bolduc a affirmé qu'il avait respecté les règles et qu'il ne pouvait pas présumer que les libéraux seraient portés au pouvoir aussi rapidement, après l'échec des péquistes, qui étaient minoritaires au gouvernement, à la dernière élection.

Le ministre de l'Éducation, qui était titulaire de la Santé au moment de la mise en place de l'incitatif dont il a bénéficié par la suite, a expliqué qu'il lui était impossible de concilier ses tâches de médecin de famille à celles qui lui ont été confiées par le premier ministre Philippe Couillard.

Lors d'un point de presse, M. Barrette a affirmé que les contribuables en ont eu pour leur argent même si l'engagement de M. Bolduc n'a été que de 19 mois. Selon le ministre de la Santé, son collègue n'a pas à rembourser la somme de 215 000 $ qu'il a reçue, puisque les règles de la Régie de l'assurance maladie du Québec fixent à 12 mois la durée minimale de prise en charge pour bénéficier de l'incitatif.

M. Barrette a cependant reconnu que ce « cas particulier » soulève des questions qui seront examinées pour évaluer la nécessité de prolonger l'exigence de prise en charge au-delà des 12 mois prévus actuellement.

« Ça fait partie des éléments qui devront être revus, a-t-il dit aux journalistes. Cette mécanique a été prévue pour augmenter l'accès. Elle a eu l'effet d'avoir plus de patients inscrits chez les médecins de famille. Il y a une problématique évidemment qui est de voir un médecin de famille. Dans le cas présent, toutes les règles ont été respectées. Vous faites des commentaires à l'effet que l'effet à long terme n'est pas là. Il y a ce genre de choses là auxquelles on va s'adresser, ça, c'est certain. »

Couillard prudent

Dans un échange avec la presse parlementaire, M. Couillard a quant à lui estimé qu'une modification des conditions entourant l'incitatif versé à M. Bolduc pourrait avoir des effets pervers.

« Il faut être prudent avec ça, a-t-il dit. Parce que si on va sur cette voie-là, à ce moment-là on dirait: si un médecin pense prendre sa retraite au cours de l'année ou des deux années qui suivent, il faudrait peut-être qu'il arrête de voir de nouveaux patients, ça n'a pas de sens. Ou alors le docteur Bolduc, qui a fait ses activités médicales dans le secteur public, on devrait lui dire: la prochaine fois reste dans le secteur privé, désengage-toi de la Régie d'assurance maladie. »

L'opposition interpelle Bolduc

Le Parti québécois exige que le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, rembourse l'incitatif de 215 000 $ qu'il a reçu.

La députée Agnès Maltais a estimé que M. Bolduc, qui est médecin, aurait dû s'engager plus longtemps que les 19 mois au cours desquels il a été responsable d'un groupe de 1500 patients pour lesquels il a reçu un avantage, alors qu'il était député dans l'opposition.

« C'était un incitatif pour prendre des patients sur une liste d'attente, a-t-elle dit en Chambre, jeudi. Les gens sont encore sur la liste d'attente, l'argent est encore dans les poches du ministre. Est-ce qu'il va rembourser les contribuables? »

La Coalition avenir Québec a plutôt exigé que M. Bolduc respecte l'engagement par lequel il a accepté de prendre en charge ces patients sans médecin de famille, en échange de l'incitatif, qui a depuis été plafonné à 150 patients par le précédent gouvernement péquiste.

« Il s'est engagé à prendre en charge 1500 patients, alors il a l'obligation de respecter sa parole puis de respecter ses engagements, a dit le député Éric Caire. (...) S'il a une job qui est de trop, à mon avis, ce n'est pas celle de médecin. »

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