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Une hausse des droits de scolarité supérieure à l'inflation n'est pas exclue

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, à l'Assemblée nationale

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, à l'Assemblée nationale

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement de Philippe Couillard a fait savoir qu'il n'écarte pas l'idée de hausser les droits de scolarité, au cours de son mandat, à un niveau supérieur à celui de l'inflation.

Pressé de questions par l'opposition mercredi matin, le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Yves Bolduc, a refusé de s'engager à limiter une éventuelle hausse des droits de scolarité au niveau de l'inflation. « On n'a pas l'intention de jouer dans le même film [qu'en 2012, lors du printemps érable, notamment marqué par une crise étudiante qui a ébranlé le gouvernement de Jean Charest]. À moyen terme, on ne voit pas d'augmentation très marquée », a indiqué M. Bolduc en commission parlementaire sur l'étude des crédits de son ministère.

Le ministre Bolduc a déclaré que le gouvernement ne prévoyait pas augmenter les droits de scolarité au-delà de la hausse du coût de la vie, mais il s'est ménagé une porte de sortie en précisant que personne ne pouvait prédire l'avenir. « C'est là-dessus que je veux quand même être prudent, a-t-il précisé. Il faut se garder une marge de manœuvre. [...] Ce serait irresponsable de la part d'un gouvernement de commencer à donner ses orientations pour quatre, cinq ou six ans. »

M. Bolduc a ajouté qu'il ne pouvait prédire les conditions budgétaires qui allaient prévaloir dans trois ou quatre ans. Le ministre a même discuté de cette éventualité avec les associations étudiantes qui étaient montées aux barricades en 2012 pour contester les hausses des droits de scolarité décrétées par le gouvernement Charest. « Advenant le cas où il y aurait des changements de position gouvernementale, on va les informer », a-t-il dit.

Les associations étudiantes sous le choc

La secrétaire aux relations externes de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), Emmanuelle Arcand, a confirmé que l'association avait eu un entretien téléphonique avec le ministre Bolduc. Elle a toutefois indiqué qu'il n'avait « pas été question du tout de hausse des frais de scolarité », ajoutant que « ce n'est vraiment pas un sujet qui a été abordé ».

Pour Mme Arcand, il s'agit donc d'une mauvaise surprise, voire d'une « provocation » de la part du gouvernement libéral.

La vice-présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Émilie Joly, a également laissé entendre que le ministre venait de sortir tout un lapin de son chapeau, affirmant que M. Bolduc n'a jamais évoqué dans leurs discussions le scénario auquel il a fait allusion mercredi matin.

Selon Mme Joly, « le ministre se met un peu les pieds dans les plats en ressassant la question des droits de scolarité ».

Incrédulité dans l'opposition

Stupéfaite, la porte-parole péquiste en matière d'Éducation, Véronique Hivon, a souligné le refus du ministre de s'engager à arrimer les hausses des droits de scolarité sur l'indice des prix à la consommation. « Je suis très étonnée, voire inquiète de la réponse du ministre », a déclaré Mme Hivon en précisant que le gouvernement renonçait ainsi à la politique du précédent gouvernement péquiste qui promettait de limiter les hausses des droits de scolarité au niveau de l'inflation.

La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, déplore pour sa part l'intention du gouvernement de faire payer davantage la population pour l'éducation. « Après tout le chemin parcouru par les étudiantes et étudiants en 2012, ça n'a pas de bon sens », a déploré Mme David, qui estime que le gouvernement reprend la recette de 2012 en empruntant de nouvelles méthodes. « Le gouvernement Couillard invente deux commissions qui devront entériner et convaincre que la recette libérale est la bonne », déplore Mme David.

« De la poudre aux yeux, car au sujet des frais de scolarité, la question n'est pas de savoir si leur indexation suffit ou pas, poursuit-elle. La véritable question devrait être à la place : devrait-on les réduire, voire même les abolir, jusqu'à la gratuité scolaire? »

Québec solidaire croit que le gouvernement devrait « oser et envisager » d'abolir les droits de scolarité. Le parti estime qu'une hausse des revenus de l'État permettrait de réaliser cette politique.

Avec les informations de La Presse canadienne

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