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Panne sèche dans les banques de sperme du Canada

Le sperme serait en déclin en France, selon une étude

Le sperme serait en déclin en France, selon une étude

Radio-Canada

La pénurie de donneurs force les banques de sperme canadiennes à importer des semences, qui proviennent en grande partie des États-Unis. Les banques pressent maintenant Ottawa de tenir ses promesses et de réformer le système.

Un texte de David SavoieTwitterCourriel

L'origine du problème remonte à 2004, quand Ottawa a changé la loi sur la procréation assistée, et a rendu illégale toute rémunération des donneurs.

Pour répondre à la demande croissante, les banques se sont alors tournées vers d'autres pays, surtout les États-Unis et l'Europe. Dans le bassin des donneurs disponibles aujourd'hui, il n'y a que 5 % à 10 % de Canadiens, ce qui ne donne pas un grand choix aux femmes qui peuvent rechercher un donneur selon certains critères, comme l'appartenance ethnique.

Trouver des donneurs n'est pas chose facile. Seul 1 % des donneurs possibles sont retenus, et après de longues procédures, ils doivent passer des tests mensuels pour continuer à faire leurs dons. À l'heure actuelle, les donneurs n'ont qu'une petite compensation, pour leurs déplacements par exemple.

Paradoxalement, pour le sperme qui est importé des États-Unis et d'Europe, les donneurs sont rémunérés, ce que le gouvernement cherchait vraisemblablement à éviter ici. Plusieurs intervenants soulignent que ce sont des milliers de dollars qui sont ainsi perdus au profit de donneurs américains ou européens.

« Les gens s'attendent à ce que les donneurs soient Canadiens », explique Véronique Robert, représentante au Québec de Can-AM Cryoservices, une des grandes banques de sperme et d'ovules au pays. « On doit leur expliquer que ce n'est pas possible, donc ils choisissent parmi des donneurs qui ne sont pas du Canada, en général ce sont des donneurs américains, il y a quelques donneurs européens aussi. »

Le directeur du service d'endocrinologie de la reproduction et infertilité du département d'obstétrique-gynécologie de l'Université de Montréal, et également président de la Société québécoise de fertilité et d'andrologie, Dr François Bissonnette, parle d'hypocrisie. « Ces banques qui s'approvisionnent de sperme américain ont des capacités de donner des rétributions qui ne sont pas permises ici, au Québec. On souhaitait justement que le gouvernement intervienne, pour permettre une rétribution acceptable, et qui nous permettrait aussi de recruter ces donneurs-là. Actuellement, pour être un donneur de sperme québécois, il faut une vraie vocation. Ce n'est pas pour rien qu'il y a une pénurie. »

Les banques de sperme estiment qu'un changement dans la réglementation des remboursements pourrait fournir un petit incitatif aux donneurs altruistes. Santé Canada n'a pour le moment pas l'intention de revoir la réglementation.

Le Canada n'est pas le seul à faire face à une pénurie. La Belgique a lancé une campagne publicitaire il y a quelques jours pour inciter les hommes à donner leur sperme, et il y a eu un appel à des dons provenant d'autres pays européens. En Angleterre, il y a quelques années, la rémunération des donneurs avait été abolie, mais le gouvernement l'avait rétablie peu après, quand une pénurie importante avait été constatée.

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