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Malversations à Hydro-Québec : Thierry Vandal évoque des cas isolés

Le reportage de Davide Gentile
Radio-Canada

Le PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a évoqué la possibilité que certains individus de son organisation aient pu agir de façon « inappropriée » lors de transactions impliquant la société d'État. Toutefois, il n'y a pas de collusion à Hydro-Québec dans l'octroi de contrats, assure-t-il.

Il a insisté pour dire qu'il s’agit de cas « isolés » et que les gens concernés auraient été congédiés ou auraient subi des mesures disciplinaires.

M. Vandal était invité lundi matin à participer à Québec à l’étude des crédits budgétaires du ministère des Ressources naturelles et de l’Énergie.

Le PDG d'Hydro-Québec a précisé que les « gestes inappropriés » dont il a fait mention ne concernaient pas des cas de collusion. Il faisait plutôt référence, par exemple, à des employés qui auraient utilisé une carte de crédit de manière frauduleuse, a-t-il laissé savoir en point de presse après la commission parlementaire.

Il a souligné que, personnellement, il n’avait pas de souvenirs de malversations depuis son arrivée en 2005. Questionné par le porte-parole du Parti québécois en matière de ressources naturelles, Bernard Drainville, à savoir s’il allait rendre publiques des enquêtes sur ces cas isolés, M. Vandal s’est engagé à demander d’abord l’approbation du comité de vérification.

Il n’a pas voulu répondre au député, qui lui a demandé ce qu’il allait faire si le comité de vérification refusait de dévoiler les enquêtes au public.

« Les pratiques d’attribution de contrats à Hydro-Québec sont très rigoureuses », avait-il dit, d’entrée de jeu.

La semaine dernière, un témoin de la commission Charbonneau avait avancé que la société d’État était impliquée dans un système de retours d’ascenseurs.

Des vérifications internes en cours

En commission parlementaire, M. Vandal n’a pas voulu promettre de rendre publics les rapports de vérification interne d'Hydro-Québec, qui étudient l’attribution de contrats de la société d’État. Il a simplement affirmé qu’il allait transmettre la demande du député au comité de vérification, qui déterminera si ces documents peuvent être dévoilés. Il n'a pas voulu préciser quand les députés auraient des nouvelles, malgré l'insistance du député Bernard Drainville, qui évoquait la fin du mois d'août. « Je ne peux pas prendre d'engagement d'une date fixe avec vous ce matin », a-t-il tranché.

Il a ajouté que ces vérifications étaient effectuées « en continu ». « On ne les a pas commencées, comme ça, parce que quelque chose a été allégué au mois de juin », a-t-il expliqué.

D'ailleurs, le ministre Pierre Arcand n'a pas fermé la porte à contraindre les sociétés d'État à rendre publics, au fur et à mesure, les rapports de vérification interne « dans la mesure où ça ne transgresse pas des règles de gouvernance au sein d'Hydro-Québec ». 

Manque de transparence?

M. Vandal s’est aussi fait talonner par les députés de l’opposition sur la question de la transparence. Le vérificateur général avait sévèrement blâmé Hydro-Québec pour son manque de collaboration lors de ses vérifications. L’organisation de M. Vandal aurait refusé de livrer certains documents, contrairement à ce que prescrit la loi.

« Vos pratiques de transparences sont médiocres. […] Vous avez beaucoup de croûtes à manger », a lancé le porte-parole de la Coalition avenir Québec Gérard Deltell.

Le député de la Coalition avenir Québec, Gérard Deltell.Le député de la Coalition avenir Québec, Gérard Deltell. Photo : Radio-Canada

M. Vandal a répondu qu’il avait voulu d’abord offrir au Bureau du vérificateur général (VG) de la formation pour qu’il comprenne bien le fonctionnement de l’organisation. Ensuite, il a voulu s’assurer qu’il y avait une coordination entre le VG et le comité de vérification interne, pour « éviter les chevauchements ». Le VG aurait perçu ces gestes comme une atteinte à son indépendance.

Il affirme avoir donné toutes les informations nécessaires au VG. Toutefois, Hydro-Québec a jugé pertinent de se concentrer exclusivement sur les dernières années. « De remonter à 1998, […] ça ne changera pas beaucoup la façon dont on va gérer nos ressources en 2014 ou en 2015 » a-t-il souligné. Il a ajouté qu’Hydro-Québec était encore en période d’adaptation par rapport à la nouvelle loi, promulguée l’année dernière, qui donne plus de pouvoirs d’enquête au VG auprès des sociétés d’État.

Ça a bien été ailleurs, mais ça n'a pas bien été chez vous.

Gérard Deltell, député de la Coalition avenir Québec

M. Vandal s’est défendu en disant qu’Hydro-Québec était une grande organisation et que cela nécessitait une longue période d’adaptation.

Par ailleurs, M. Vandal a assuré qu’il avait offert toute sa collaboration à l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et à la commission Charbonneau. 

Avec les informations de La Presse canadienne

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