•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La cure de désintoxication a « changé ma vie » - Rob Ford

Rob Ford a dû retenir de montrer ses émotions à plusieurs au cours de sa première conférence de presse depuis sa sortie de désintoxication, le 30 juin 2014

Rob Ford a dû retenir de montrer ses émotions à plusieurs au cours de sa première conférence de presse depuis sa sortie de désintoxication

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese / PC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« J'étais devenu mon pire ennemi », a déclaré le maire de Toronto, Rob Ford, lors de sa première prise de parole publique depuis sa sortie de cure de désintoxication.

Repentant, amaigri et ponctuant son discours de longues pauses, le maire a admis pour la première fois qu'il souffre de dépendance à l'alcool et aux drogues.

Rob Ford se dit conscient qu'il devra gérer ses problèmes de dépendance jusqu'à la fin de ses jours, mais affirme qu'il continuera à être suivi par des professionnels pour traiter sa maladie. Sa décision de suivre une cure professionnelle aura changé sa vie à tout jamais et les professionnels de la clinique GreeneStone ont « sauvé [sa] vie », ajoute-t-il.

« Pendant longtemps, j'ai résisté à l'idée d'aller chercher de l'aide. Comme beaucoup de gens aux prises avec des problèmes de toxicomanie, j'étais en déni complet. Il est devenu évident que ma consommation d'alcool et de drogues avait un impact sérieux sur ma famille, sur ma santé et sur mon travail de maire. »

« Mon engagement à une vie propre est maintenant inébranlable. »

— Une citation de  Rob Ford

Il a également assuré avoir mis fin aux relations néfastes qu'il entretenait, sans donner de détails. « J'étais aveugle devant le danger que posaient les gens avec lesquels je me tenais. » Il a toutefois déclaré qu'il n'avait d'autre personne à blâmer que lui-même.

Le maire a présenté ses excuses à la population de Toronto et à tous ceux qui ont été blessés par ses paroles ou ses gestes, et plus précisément à la conseillère Karen Stintz, envers qui il a tenu des propos déplacés cet automne. « Je ne pourrai changer les erreurs commises dans le passé », s'est-il désolé.

Son discours a finalement pris une tournure politique. « Nous avons réduit la taille du gouvernement et le coût imposé aux contribuables. Nous avons fait économiser des centaines de milliers de dollars [...] » Il a également rappelé ses ententes « historiques » et « équitables » avec les syndicats. « Nous avons une ville belle, propre et sécuritaire », a-t-il conclu.

Rob Ford s'achète de nouveaux vêtements dans une boutique au nord de Toronto samedi dernier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rob Ford s'achète de nouveaux vêtements dans une boutique au nord de Toronto samedi dernier.

Photo : calamatta_7/Instagram

Il n'a répondu à aucune question.

Doug Ford, son frère et directeur de campagne, avait déjà affirmé auparavant que le maire était un homme nouveau depuis son traitement. « Son tour de taille est passé de 52 pouces à 44 », avait-il laissé savoir.

Rob Ford avait quitté la ville le 30 avril, après avoir reconnu avoir un « problème d'alcool » et fumé du crack. Il reprendra maintenant son poste et sa campagne à la réélection, en prévision du scrutin d'octobre prochain.

Tory persiste

Pour John Tory, l'un de ses rivaux dans la course à la mairie de Toronto, Rob Ford doit malgré tout démissionner. « Ce maire est incapable de retravailler avec les conseillers municipaux et les autres paliers de gouvernement », a-t-il déclaré dans un point de presse suivant celui de M. Ford.

Au-delà de la vie personnelle du maire, de nombreuses questions demeurent sans réponse, notamment concernant ses fréquentations, le fait qu'il ait menti au public et les conflits d'intérêts dans lesquels il serait impliqué, a souligné M. Tory.

« Son refus de répondre aux questions aujourd'hui continue d'indiquer qu'il ne comprend pas son rôle. »

— Une citation de  John Tory

« Il a massivement humilié notre ville », a-t-il martelé.

Olivia Chow, son autre adversaire dans la course à la mairie, croit pour sa part qu'avec les élections qui approchent, c'est à la population de Toronto de sortir Rob Ford de l'hôtel de ville. « Il a accepté sa responsabilité, nous devrions accepter ses excuses », a-t-elle dit en point de presse. « Mais il ne s'est pas excusé pour ses remarques homophobes et racistes », a-t-elle soulevé.

Se disant soulagée de savoir qu'il est épaulé par des professionnels, Mme Chow considère que ce sont les politiques de Rob Ford qui posent problème, plutôt que ses enjeux personnels. « Sous sa gouverne, plus d'un jeune sur cinq ne peut pas se trouver un emploi, et ce chiffre a augmenté au cours des dernières années. »

« L'enjeu n'est pas de savoir s'il va rester propre et sobre. L'enjeu, c'est que ses politiques ont déçu les gens de cette ville. »

— Une citation de  Olivia Chow

Avant son retour, Olivia Chow avait diffusé une campagne de publicité négative à la radio pendant une semaine. Dans une nouvelle vidéo dévoilée lundi matin, Mme Chow accuse le maire de « mentir » aux Torontois en prétendant qu'il leur a fait épargner 1 milliard de dollars.

Une absence appréciée

Le maire adjoint, Norm Kelly, tout comme le conseiller municipal John Parker, affirme que l'Hôtel de Ville fonctionne mieux depuis que Rob Ford est parti.

Pour John Fillion, qui avait déposé une motion afin de retirer à M. Ford ses pouvoirs l'hiver dernier, « son retour est un cirque et je ne veux pas y participer ». « Cela dit, je veux aussi lui souhaiter bon courage. Et lui demander de ne plus interférer avec un Hôtel de Ville qui fonctionne bien en son absence. »

La conseillère municipale Pam McConnell, que Rob Ford avait renversée par accident lors d'une réunion du conseil en novembre dernier, n'en revenait pas que le maire soit de retour si rapidement. « Je suis encore en physio pour guérir ma hanche depuis qu'il m'a bousculée et lui, en 60 jours, il a vaincu son problème de dépendance? » a-t-elle ironisé.

Liberté de presse bafouée?

Avant le début de la conférence de presse, le président de la tribune de la presse à l'hôtel de ville a dénoncé le fait que le maire Ford avait limité les invitations à son point presse de l'après-midi aux grands médias de Toronto, dont CBC, mais pas Radio-Canada.

L'événement a eu lieu dans une petite salle, alors qu'une plus grande était disponible. Les journalistes ont exigé un changement d'endroit, mais sans succès.

Le président de la tribune dénonce le geste comme étant une tentative indue de contrôler la presse, une mesure antidémocratique, qui va à l'encontre de l'intérêt des Torontois.

Rob Ford dans la tourmente

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Ontario