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Le nouveau plan de compressions de Radio-Canada inquiète des francophones minoritaires

Hubert T. Lacroix, président de la Société Radio-Canada

Hubert T. Lacroix, président de la Société Radio-Canada

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les nouvelles compressions et le plan de réorientation annoncés par Radio-Canada suscitent déception et appréhension chez des organismes porte-parole des francophones de l'Ouest.

Le président du diffuseur public canadien, Hubert Lacroix, a dévoilé une stratégie axée sur le numérique, ayant comme objectif de doubler la portée de CBC/Radio-Canada sur ses plateformes numériques tout en réduisant les effectifs. L'initiative s'accompagnera d'une diminution de la production d'émissions générales de télévision, dont une réduction possible à 30 minutes de certains téléjournaux locaux de début de soirée.

Hubert Lacroix a également déclaré que la société d'État comptera de 1000 à 1500 employés de moins d'ici cinq ans.

Le dévoilement de cette stratégie cause de l'inquiétude dans les communautés francophones hors Québec. « Je suis consternée encore une fois », affirme Françoise Sigur-Cloutier, présidente de l'Assemblée communautaire fransaskoise. « On est encore en train de se remettre des autres coupures. Nous devions envoyer une lettre à la ministre disant que Radio-Canada n'avait pas assez de ressources pour remplir son mandat », dit-elle. En avril, CBC/Radio-Canada a annoncé des compressions de 130 millions de dollars.

On vient d'ajouter des coupures qui n'en finissent plus, qui font une asphyxie, qui font une disparition de notre diffuseur public.

Une citation de :Françoise Sigur-Cloutier, présidente de l'Assemblée communautaire fransaskoise

Mme Sigur-Cloutier est en désaccord avec la stratégie du diffuseur basée sur le numérique : « Ça fait des mois qu'on nous dit que les gens regardent plus la télé. Je crois qu'il y a encore une grande partie des gens qui regardent la télé et je crois qu'il y a encore une partie du mandat de Radio-Canada qui est de nous offrir de la programmation télé. »

Dans le dévoilement de sa stratégie, CBC/Radio-Canada dit qu'elle ne fermera pas de stations, mais qu'elle cherche à produire des émissions de télévision à moindre coût. Cela signifie que certaines émissions d'information en français diffusées en début de soirée pourraient voir leur durée réduite à 30 minutes, a précisé le diffuseur public.

Pour Daniel Boucher de la Société franco-manitobaine, Radio-Canada est essentielle au développement de la communauté francophone du Manitoba : « Si on continue à diminuer, à perdre des effectifs, à ne pas avoir une voix, se voir et s'entendre, je pense qu'on a un gros problème; ça fait partie de l'essor d'une communauté. »

Suzanne Campagne, du Conseil culturel fransaskois, va plus loin : « On vaut même plus la peine de se voir sur un écran, nous, les Fransaskois en Saskatchewan. Ça veut dire qu'on va avoir encore plus de programmation de Montréal, qui ne connaît absolument pas notre réalité. »

Les détails des compressions seront annoncés d'ici l'automne

La directrice générale des services régionaux, Patricia Pleszczynska, a déclaré que CBC/Radio-Canada annoncera d'ici novembre quelles émissions d'information seront réduites à 30 minutes. Certaines d'entre elles garderont assurément leur durée actuelle, soit celles de Montréal, de Québec, d'Ottawa-Gatineau et de l'Acadie.

Mme Pleszczynska dit qu'il y aura quatre critères pour décider quelles émissions seront réduites à 30 minutes :

  • le nombre d'heures de production locale imposé par le CRTC, présentement de cinq heures par semaine;
  • le service aux communautés linguistiques en situation minoritaire;
  • le succès actuel des émissions auprès des auditoires;
  • leur potentiel de revenus.

On peut pas demander aux gens de faire constamment plus avec moins; il faut faire des choix. Il y aura un virage vers le numérique.

Une citation de :Patricia Pleszczynska, directrice générale des services régionaux de Radio-Canada

Elle précise que les compressions pourraient être « asymétriques » entre CBC et Radio-Canada, et varier d'une région à l'autre. Il n'y aura pas de fermeture de stations, précise-t-elle.

La ministre du Patrimoine approuve du plan

Pour sa part, la ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, Shelly Glover, approuve les mesures annoncées par CBC/Radio-Canada, en affirmant qu'elles visent à moderniser et à mieux préserver la raison d'être de la société d'État.

Dans une déclaration faite jeudi, Mme Glover a dit qu'à l'instar des autres sociétés d'État et des organismes gouvernementaux, CBC/Radio-Canada « doit tirer parti de moyens nouveaux et plus efficients pour mener ses activités [...] Les radiodiffuseurs tant publics que privés font face à des défis semblables à l'échelle de l'industrie, et CBC/Radio-Canada a élaboré son plan pour que ces défis puissent être mieux relevés ».

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