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Carton rouge à l'intimidation des arbitres au soccer

Le comportement de certains parents lors des parties de soccer est parfois 
inacceptable. Guillaume reçoit Félix Côté-Leclerc, arbitre et chef-arbitre à 
l’Association de soccer de Charlesbourg, et Helder Duarte, entraîneur-cadre, 
Association régionale de soccer de Québec.

Le comportement des parents au soccer

Radio-Canada

Le comportement de certains parents lors des parties de soccer est parfois inacceptable, dénonce le chef arbitre de l'Association de soccer de Charlesbourg. Félix Côté-Leclerc invite les parents à plus de retenues dans leurs commentaires à l'endroit des officiels.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, M. Côté-Leclerc constate que l'intimidation envers les arbitres n'a pas sa place sur les terrains de soccer. Il a publié une lettre d'opinion dans l'espoir de sensibiliser les parents. Bien qu'isolés, certains gestes sont suffisamment graves pour être dénoncés, soutient-il.

« L'an dernier, un parent a même lancé à un jeune arbitre, d'arrêter tout ça et d'aller se suicider », relate Félix Côté-Leclerc. Ces mots prononcés à la fin d'un match sont inadmissibles, ajoute-t-il.

Helder Duarte qui est impliqué au soccer depuis une vingtaine d'années fait le même constat. Entraîneur-cadre à l'Association régionale de soccer de Québec, il dénonce également la violence verbale envers les arbitres.

« Malheureusement, ces parents sont des idiots [...] quand on regarde que ce sont des enfants de 11 ans et moins qui jouent au soccer. Je ne pense pas qu'il y ait de la place à faire des commentaires de la sorte », dit-il.

Depuis quelques années, l'Association régionale de soccer de Québec tente de contrer ce genre de comportements par divers moyens. M. Duarte constate que même si le phénomène de l'intimidation envers les jeunes arbitres n'a pas progressé au fil des ans, plusieurs abandonnent. Entre 50 et 60 % d'entre eux ne reviennent plus sur les terrains de soccer après un an.

Ce phénomène entraîne des problèmes de recrutement chez les différentes associations de soccer de la région qui doivent s'entendre entre elles pour combler les besoins d'arbitrage lors de certains matchs de soccer.

Lettre d'opinion de Félix Côté-Leclerc

Félix Côté-Leclerc arbitre et chef arbitre de l'Association de soccer de Charlesbourg

Depuis plusieurs mois, la cyberintimidation est au cœur du débat social. Tout le monde s'entend pour dire qu'il est inadmissible de se cacher derrière son écran pour dire à quelqu'un d'aller se pendre ou encore de se mettre en groupe pour insulter un individu à répétition. Toutefois, en tant qu'adultes, quel exemple donnons-nous à nos enfants, ceux et celles qui ont grandi avec Facebook, Twitter et autres, en matière d'intimidation ?

Depuis plusieurs années, je me promène sur les terrains de soccer en tant que joueur, autrefois entraîneur, arbitre et évaluateur d'arbitres. Je ne peux que constater une violence verbale qui tend à s'intensifier à l'endroit des entraîneurs et des officiels. Provient-elle des joueurs ? Très peu. Des entraîneurs ? Dans certains cas isolés. Des spectateurs ? Fréquemment.

Pourtant, le rôle des spectateurs – qui sont souvent parents – sur les lignes du terrain est primordial. Épauler un enfant dans l'apprentissage de vie que le sport peut lui fournir est un rôle valorisant et important. Il faut cependant choisir les valeurs qu'on inculque à ces enfants et l'exemple qu'on leur donne.

Plusieurs spectateurs sont des personnes amoureuses du sport. De plus, en cette période de Coupe du monde, il semblerait que la connaissance de tout le monde sur le soccer, ses joueurs, règlements et autres, se soit améliorée de façon exponentielle en quelques jours. J'ai même entendu un chroniqueur très connu de Radio-Canada dire à un collègue qu'il allait l'amener à l'Impact pour voir des arbitres mauvais...

Il est vrai que l'arbitrage est catastrophique à la Coupe du monde. Ces officiels sont des professionnels préparés en conséquence qui ne devraient pas effectuer ce genre d'erreurs. Ils en font tout de même, malgré un système de communication entre eux et le fait qu'ils soient quatre. Tout comme des joueurs, professionnels, qui ratent des filets ouverts. Est-il acceptable de dire qu'ils sont mauvais ? Sûrement. Le sont-ils objectivement, dans le feu de l'action ? Aucunement. Ce sont les meilleurs du monde.

L'IMPORTANCE DU RESPECT

Qu'en est-il du jeune garçon ou de la jeune fille de 15 ans qui fait un petit boulot d'été le soir, que cette personne soit entraîneur ou arbitre ? Les exemples cités au premier paragraphe sont malheureusement des situations qui se sont produites à l'endroit d'enfants de moins de 15 ans sur des terrains. Je ne crois pas qu'il soit ici pertinent de tenir compte du niveau de compétence de l'arbitre ou de l'entraîneur. Les éléments importants sont les commentaires inacceptables de la part de spectateurs majeurs à l'endroit d'enfants qui, même s'ils sont salariés, sont en apprentissage.

Si vous souhaitez que votre marmot se développe au maximum de ses capacités autant comme individu que comme sportif, pourquoi ne pas lui apprendre à faire face à l'adversité et à faire preuve de résilience ? Pourquoi ne pas lui inculquer le respect inconditionnel de l'autre ?

De plus, le taux de retour des jeunes arbitres dans les clubs est autour de 50 %, tandis que le nombre de joueurs continue de croître. Si vous souhaitez que votre enfant se fasse entraîner ou arbitrer par quelqu'un qui ne fait pas trois ou quatre matchs par jour ou qui n'entraîne pas quatre équipes différentes, il serait intéressant de tenter de ne pas dégoûter ces personnes par du harcèlement.

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