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Radio-Canada : moins de télé, moins d'employés, plus de numérique

Le reportage de Jean-Sébastien Cloutier
Radio-Canada

CBC/Radio-Canada souhaite doubler sa portée sur ses plateformes numériques et diminuer sa production d'émissions générales de télévision au cours des cinq prochaines années, selon son nouveau plan stratégique. Du même souffle, la société d'État annonce l'abolition de 1000 à 1500 emplois.

« On ne parle pas de sacrifice, on parle de renouveler la grille de la télévision de Radio-Canada, dit le président de CBC/Radio-Canada Hubert T. Lacroix. Ça fait plusieurs années que certaines émissions sont à notre grille, il faut les renouveler. Il faut suivre les habitudes de consommation des Canadiens. De plus en plus, ils consomment les médias sur la mobilité, le numérique, sur l'appareil de leur choix, dans leur poche »

Hubert T. Lacroix espère que cette transformation mettra un terme à l'hémorragie qui frappe la société d'État. Le 10 avril dernier, Radio-Canada avait annoncé des compressions de 130 millions de dollars  et la suppression de l'équivalent de 657 postes à plein temps au cours des deux prochaines années.

Ces dernières années nous avons dû ajuster trop souvent la taille du diffuseur public. Cela ne peut plus continuer.

Hubert Lacroix, président de CBC/Radio-Canada, 

Des centaines d'emplois disparaîtront

Cependant, M. Lacroix reconnaît que Radio-Canada comptera de 1000 à 1500 employés de moins d'ici 5 ans, parce que les personnes qui partent à la retraite ne seront pas remplacées. Cette diminution s'ajoute aux compressions déjà annoncées en avril. Ça signifie que Radio-Canada perdra 25 % de sa main-d'oeuvre actuelle d'ici 2020.

« On va réduire nos infrastructures, on réduit le nombre de personnes qui travaillent à CBC/SRC. Ça signifie environ une centaine de millions de dollars de coûts qui sont sortis de Radio-Canada pour nous permettre d'éliminer tout déficit structurel, de se créer une marge de crédit et de réinvestir dans nos émissions de télévision chez les Anglais et les Français. »

Lors d'une rencontre avec les employés dont plusieurs ont exprimé des inquiétudes sur l'avenir de leur emploi, de la société d'État et du service auxquels les citoyens des régions du pays ont droit, Hubert Lacroix a assuré qu'aucune fermeture de station régionale n'était prévue et que son plan, qui s'appuie sur les nouvelles technologies et une organisation plus flexible, allait permettre aux citoyens de toutes les régions du pays de continuer d'avoir accès à leur diffuseur public.

La dernière fois que Radio-Canada a reçu une augmentation de son budget, c'était en 1973.

Hubert Lacroix, président de CBC/Radio-Canada

Aux critiques qui ont été formulées envers la direction qui n'a pas, selon certains, déployé assez d'efforts devant le Parlement pour sensibiliser les élus à l'importance d'un financement viable pour CBC/Radio-Canada, Hubert Lacroix a répondu que son administration s'est présentée chaque fois qu'elle a pu pour plaider en faveur d'un meilleur financement.

Louis Lalande, vice-président principal des Services français, soutient lui aussi que la haute direction n'a manqué aucun rendez-vous pour défendre le diffuseur public. C'est au tour des Canadiens de se manifester, dit-il.

Si les Canadiens jugent approprié de défendre Radio-Canada, c'est à eux aussi à faire leur part, parce que Radio-Canada appartient à tous les Canadiens.

Louis Lalande, vice-président principal des Services français de CBC/Radio-Canada

Le président de la société d'État a rappelé au passage que les problèmes de financement à Radio-Canada ne sont pas d'hier. La dernière fois que le budget de Radio-Canada a été augmenté par le gouvernement fédéral remonte à 1973, a précisé M. Lacroix.

Entrevue avec Hubert T. Lacroix à 24/60

Réduire de moitié les espaces de bureaux

M. Lacroix ajoute que Radio-Canada veut réduire de moitié les espaces de bureaux de la société partout au Canada. « Radio-Canada ne fait pas dans l'immobilier, on fait dans le contenu. »

« Toutes nos ressources, il faut les investir en contenu. On ne peut plus supporter les infrastructures de production, nos édifices. Il faut réduire de moitié le nombre de pieds carrés qu'on a au Canada. Comme on a fait à Halifax, Rimouski, Matane et Saskatoon, où on a regroupé les gens dans des espaces plus petits, efficaces et modernes. »

Faits saillants

  • L'offre télévisuelle de base de début de soirée sera réduite et assortie d'ajouts régionaux, de manchettes plus fréquentes et de nouvelles de dernière heure pour créer une expérience de type « mobile »;
  • La production d'émissions à l'interne sera réduite de manière significative dans toute l'organisation, à l'exclusion de l'information, des affaires publiques et de la radio;
  • Le journalisme sportif sera offert davantage sur le web et les plateformes mobiles;
  • Une réserve de 25 à 30 millions de dollars sera créée, soit 5 % des revenus commerciaux, pour aider à gérer le risque financier et investir dans la transition vers le mobile et le numérique.

Avec des informations de Christian Noël

Avec les informations de La Presse canadienne

Société