•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Sables bitumineux et pipelines : un moratoire, implorent des universitaires

L'industrie des sables bitumineux
L'industrie des sables bitumineux Photo: La Presse canadienne / JASON FRANSON

Le Canada devrait imposer un moratoire sur tout nouveau projet d'exploitation de sables bitumineux et de construction de pipelines et évaluer l'impact global des projets proposés, selon un groupe d'universitaires canadiens et américains.

Dans un commentaire publié dans la revue scientifique Nature (Nouvelle fenêtre), ceux-ci soutiennent que les politiciens doivent cesser d'évaluer le développement de l'industrie du pétrole un projet à la fois et adopter plutôt une approche globale.

« Les gouvernements permettent aux entreprises de profiter de décisions politiques ponctuelles, écrivent-ils. Le résultat de ces décisions est un coût social et environnemental plus élevé que nécessaire. »

Un des huit coauteurs, l'économiste Mark Jaccard de l'Université Simon Fraser, compare les gouvernements à un fumeur qui croit que puisque la prochaine cigarette ne va pas le tuer, il est acceptable de continuer de fumer. « Je m'y prends mal si je ne pense qu'à l'impact de cette cigarette, explique Mark Jaccard. Ce que je dois faire, c'est de prendre en compte l'effet cumulatif de toutes les cigarettes que j'ai fumées et là, ma décision serait peut-être tout autre. »

Les gouvernements doivent assembler les pièces du casse-tête, soutient un autre des coauteurs, Thomas Homer-Dixon de l'École des affaires internationales Balsillie de l'Université de Waterloo. « Même les gens qui ne sont pas d'accord avec nous sur plusieurs points sont probablement d'accord que le monde est en évolution et qu'au cours des prochaines décennies, l'énergie non renouvelable tirée des combustibles à base de carbone sera délaissée, note-t-il. Il s'agit d'un grand changement de cap pour l'Amérique du Nord et il ne devrait pas être envisagé par des décisions faites de façon isolée. »

Les modèles économiques et climatiques de partout dans le monde suggèrent qu'il ne faut pas augmenter notre dépendance aux combustibles à haute teneur de carbone tels que ceux tirés des sables bitumineux si nous voulons contrôler le changement climatique, a expliqué Mark Jaccard.

Il mentionne qu'un groupe du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a déjà déclaré que le créneau sur le marché pour l'industrie des sables bitumineux est très mince et est lié à l'espoir que la politique sur le climat sera une faillite.

Conséquences économiques acceptables

Mark Jaccard suggère qu'il n'est pas essentiel de faire cesser toutes les exploitations de sables bitumineux, mais simplement de mettre fin à leur développement rapide. « Il n'est pas nécessaire que des emplois soient perdus en Alberta, dit-il. Il n'y aura peut-être plus lieu de faire venir des travailleurs étrangers au rythme actuel, il n'y aura peut-être pas autant d'inflation qu'en ce moment, et l'économie sera un peu moins en montagnes russes, mais cela n'entraînera pas une panne de l'économie », ajoute Mark Jaccard.

Le commentaire appelle à un rajustement du prix du carbone qui limiterait les projets entraînant des émissions importantes ainsi qu'à une politique commune sur le carbone pour le Canada et les États-Unis.

Les coauteurs soulignent également que les gouvernements doivent se doter de meilleurs instruments réglementaires pour assurer un équilibre entre le développement, l'environnement, la justice sociale et la santé.

Les autres auteurs du rapport sont : Wenday Palen, Anne Salomon, Ken Lertzman et Maureen Ryan de l'Université Simon Fraser, Thomas Sisk de l'Université du nord de l'Arizona, et Joseph Arvai de l'Université de Calgary.

Or noir à vendre. Consultez notre dossier.

Économie