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Les infirmières s'inquiètent des compressions à venir

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent
La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent
Radio-Canada

Les infirmières du Québec sont inquiètes de la manière dont le gouvernement de Philippe Couillard appliquera les compressions prévues dans le domaine de la santé. Et elles mettent en doute les assurances du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, selon lequel il n'y aura pas d'impact direct sur la population. 

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent, soutient qu'au contraire, les coupes se sont déjà sentir sur le terrain. Et elle dresse ce sombre constat au jour même où le gouvernement amorce l'étude des crédits du ministère de la Santé et des Services sociaux à l'Assemblée nationale.

« Dans les plans qu'élaborent, actuellement, les Centres de la santé et des services sociaux (CSSS) et les agences de la santé et des services sociaux, ce qu'on peut observer c'est qu'il y aura effectivement des coupes dans les services », a affirmé Régine Laurent à l'occasion d'une conférence de presse, mercredi.

Des postes d'ores et déjà abolis

Elle cite en exemple le CSSS Ahuntsic et Montréal-Nord où la direction a déjà annoncé l'abolition de 15 postes directement affectés aux services à la population. Parmi ces postes abolis, il y a ceux de deux infirmières en santé scolaire. « Ici, ce sont les enfants qui sont victimes des coupes », s'insurge la présidente de la FIQ, qui rapporte le même genre de situation au CSSS de la Montagne.

Des professionnelles en soins peuvent avoir 20 patients à suivre en centre hospitalier, jusqu'à 43 en CHSLD, des cas lourds qui exigent beaucoup de soins. Des situations comme celles-ci, on en répertorie de plus en plus.

Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)

Pour le personnel du réseau de la santé, ces situations inconfortables affectent le sentiment de sécurité et de satisfaction face au travail accompli, affirme Mme Laurent. À cet effet, elle cite en exemple le cas de cette infirmière auxiliaire qui, au retour du travail, est incapable de dormir parce qu'elle ne se souvient plus si elle a donné de l'insuline, ou pas, à un patient. Dans les faits, elle l'avait bel et bien donné, mais il lui a fallu téléphoner à ses collègues pour s'en assurer.

Une cure minceur

D'après Régine Laurent, c'est rien de moins que la sécurité des soins prodigués aux patients qui souffrira de la médecine de rigueur du gouvernement de Philippe Couillard, si ce dernier ne tend pas l'oreille aux recommandations et aux appréhensions des membres de la FIQ. Elle rappelle que dans le réseau de la santé, l'augmentation des dépenses prévues ne sera que d'environ 2,7 %. Et ceci, en vertu de la cure minceur que fera subir le ministre des Finances, Carlos Leitao, à tout l'appareil d'État.

Selon les crédits totaux attribués cette année dans son budget de dépenses, Québec ne versera que 640 millions de plus à la Santé, ce qui se traduira par un manque à gagner de 160 à 260 millions en fin de compte.

Il y a des rumeurs selon lesquelles il va y avoir des regroupements importants, des fusions, encore, dans la région de Montréal, particulièrement au niveau des CSSS, et il faut le savoir rapidement. Il faut que le ministre nous le dise, parce qu'il y a des impacts au niveau des soins et des services.

Régine Laurent, présidente de la FIQ

D'éventuels regroupements de CSSS se feraient sentir en CLSC, car les infirmières qui y travaillent devraient faire preuve de plus de mobilité. Selon Régine Laurent, elles se retrouveraient à devoir travailler dans un territoire et avec des clientèles vulnérables qu'elles ne connaissent pas bien. La présidente de la FIQ s'interroge sur le déroulement de la transition.

« Rien n'est prévu dans cette transition-là », dit-elle, invitant du même souffle le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, à s'expliquer. Régine Laurent dit avoir abordé le sujet avec le ministre Barrette le 4 juin dernier, et celui-ci l'aurait assurée qu'il n'y aurait pas de coupes qui se feraient sentir dans les services.

Société