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Débat sur l'euthanasie : l'arrêt des soins à un Français autorisé

La façade du bâtiment où se trouve le Conseil d’État, à Paris. L’institution a pour mission de conseiller le gouvernement français et la plus haute des juridictions de l'ordre administratif.

La façade du bâtiment où se trouve le Conseil d’État, à Paris. L’institution a pour mission de conseiller le gouvernement français et la plus haute des juridictions de l'ordre administratif.

Photo : Charles Platiau / Reuters

Radio-Canada

En France, l'arrêt des soins prodigués à Vincent Lambert, un patient tétraplégique en état végétatif, a été validé par le Conseil d'État. Le maintien en vie de l'homme de 38 ans, qui divisait sa famille, avait relancé le débat sur l'euthanasie dans le pays.

C'est l'épouse de M. Lambert qui avait réclamé l'arrêt des soins, affirmant que cela correspondait à la volonté de son mari, mais les parents de celui-ci s'y opposaient.

Vincent Lambert, ancien infirmier psychiatrique, est dans en état végétatif depuis six ans à cause d'un accident de la route survenu en 2008. Il est alimenté et hydraté artificiellement et il souffre de « lésions irréversibles ». De plus, « aucune communication même sommaire n'a jamais pu être établie avec lui », disent ses médecins.

Le Conseil d'État a estimé que la décision d'arrêt s'inscrivait dans le cadre de la loi Leonetti de 2005 qui proscrit l'acharnement thérapeutique et autorise l'arrêt de traitements dans certains cas.

La décision suspendue

La Cour européenne des droits de l'homme a, en fin de journée, suspendu la décision du Conseil d'État. « Cette mesure implique que Vincent Lambert ne soit pas déplacé avec le but d'interrompre le maintien de son alimentation et de son hydratation », a expliqué la Cour. Elle étudiera « en priorité » le dossier. 

Ce sont les parents de M. Lambert qui avaient saisi la Cour européenne des droits de l'homme lundi.

Les parents de l'homme, catholiques traditionalistes, jugent que leur fils est toujours « présent » et dénoncent ce qu'ils estiment être une tentative d'assassinat contre un « handicapé ».

Pour Jean Paillot, l'un de leurs avocats, la décision en faveur de l'arrêt des soins créerait dans le droit français une possibilité d'euthanasie. Ce qu'il adviendra de M. Lambert est « extrêmement important, tant pour lui que pour des centaines de personnes qui se trouvent exactement dans la même situation que lui », a déclaré Me Paillot.

Deux autres cas en France

Deux autres cas similaires sont portés à l'attention de la justice actuellement.

Dans le sud-ouest du pays, la Cour d'assises de Pau juge un médecin, Nicolas Bonnemaison, poursuivi pour l'empoisonnement de sept patients en fin de vie. Il encourt une peine d'emprisonnement à perpétuité.

À Montpellier, dans le sud, c'est une ancienne professeure de français qui doit comparaître mercredi pour avoir tenté d'abréger la vie de sa mère, atteinte de la maladie d'Alzheimer.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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