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Québec jette aux oubliettes l'idée du prix unique du livre

Une vue de la Librairie Poirier, à Trois-Rivières.

Une vue de la Librairie Poirier, à Trois-Rivières.

Photo : Librairie Poirier

Radio-Canada

Le gouvernement de Philippe Couillard ne réglementera pas le prix des livres, contrairement à ce que souhaitait l'ancien gouvernement de Pauline Marois. Les libéraux mèneront plutôt une réflexion sur les moyens de consolider les librairies indépendantes.

La ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, a indiqué par voie de communiqué qu'un mandat de réflexion était donné à son adjoint parlementaire et député de Sherbrooke, Luc Fortin.

« Plutôt que d'opter pour une solution partielle comme la fixation du prix des nouveautés, dont les effets sur les pratiques de consommation et sur le lectorat sont incertains et qui n'agit pas sur l'ensemble des facteurs de fragilisation des librairies, le député Fortin devra recommander des actions ciblées dont les résultats concrets pourront être rapidement appréciés », peut-on lire.

Déception à l'UNEQ

L'Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) s'interroge sur les raisons qui ont poussé la ministre à lancer une nouvelle « réflexion » déjà faite en commission parlementaire. Il y a « des solutions qui ont été proposées », soutient le directeur général de l'UNEQ, Francis Farley-Chevrier.

De son côté, la directrice de l'association des libraires du Québec Katerine Fafard maintient la position du milieu du livre sur l'importance de réglementer le prix du livre. « On considère que c'est la solution et il est dommage d'y renoncer en disant que ça ne serait pas une mesure concrète. Mais en même temps, on est conscient que ce n'est pas l'idée du Parti libéral d'aller dans cette voie. Donc on est quand même heureux que le gouvernement s'intéresse à trouver des solutions pour les libraires indépendants et on va contribuer à trouver ces solutions ».

Le gouvernement du Parti québécois avait mené des consultations sur la réglementation du prix de vente des livres neufs en août et en septembre 2013.

Une soixantaine de libraires québécois avaient interpellé le gouvernement l'automne dernier pour exiger une réglementation du prix du livre papier et numérique. Ces libraires indépendants avaient, pour l'occasion, recouvert les tables et les vitrines de leur commerce d'un linceul blanc, prévenant le gouvernement que le statu quo signifierait la fin des librairies indépendantes dans la province.

Cependant, en campagne électorale, Philippe Couillard avait déclaré qu'un gouvernement libéral ne réglementerait pas le prix des livres, se disant néanmoins prêt à aider les libraires et à soutenir le milieu.

Cette déclaration avait inquiété le milieu du livre et le regroupement « Sauvons les livres » qui rassemble des écrivains, des éditeurs, des diffuseurs et des libraires qui dénoncent la concurrence déloyale que pratiquent, selon eux, les grandes surfaces en vendant au rabais les livres bons vendeurs, utilisés comme produit d'appel.

Un projet de loi mort-né

En décembre dernier, le ministre péquiste de la Culture et des Communications, Maka Kotto, avait annoncé qu'un projet de loi serait élaboré pour limiter à 10 % le rabais sur les nouveautés autant imprimées que numériques pendant neuf mois. Le projet de loi, qui devait être déposé en février dernier, prévoyait un contrôle des prix durant trois ans. Après cette période, le gouvernement aurait évalué les effets de la mesure, afin de décider de la maintenir ou non.

Finalement, le projet de loi n'a jamais été déposé avant les élections du 7 avril. Québec solidaire était en faveur d'une telle réglementation. La Coalition avenir Québec et le Parti libéral du Québec s'y opposaient.

Un texte de Cécile Gladel

Avec les informations de La Presse canadienne

Politique